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Et le rêve continue !

23 juillet 2004, 20:00

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Ils ont embrasé la scène du Plaza douze soirs durant. Les artistes de l?Association Les Enfants d?un Rêve ont récolté Rs 400 000 pour le centre Chrysalide et Rs 200 000 qui vont s?ajouter au fond de leur association. En attendant la sortie du CD du spectacle 2004, La Nuit des Enfants d?un Rêve, nous sommes partis à la rencontre de deux hommes généreux qui nous mettent du soleil entre les oreilles.

C?est un bien joli hiver que nous vivons. Un hiver où le gris a cédé le pas aux couleurs chatoyantes d?une musique qui berce l?âme. Depuis 2001, Les Enfants d?un Rêve rencontre un succès qui surprend même ceux qui y sont dévoués. Les clameurs, les reprises en ch?ur rieur et enthousiaste du public au théâtre du Plaza soir après soir, ont profondément touché Eric de Chateauneuf et Yannick Nanette. Ces derniers ne sont pas totalement remis de ces folles soirées.

Fatigué malgré l?ardeur de ses vingt-deux ans, Yannick Nanette n?en revient pas de la chance qu?il a. «J?ai l?impression d?avoir commencé à vivre à vingt ans. Toutes les bonnes choses me sont arrivées en même temps,» déclare-t-il sans ambages. Ce prof de «design» et de français au Collège de la Confiance, est marqué par le besoin de se consacrer aux autres. «Je m?interrogeais sur mon rôle dans la société, sur ce que j?étais appelé à faire. Ma rencontre quelque temps plus tard avec Eric a rendu possible le rêve de faire de la musique pour servir une cause,» raconte-t-il.

Pétri de culture musicale et porté par les enseignements de Paulo Coelho, Yannick Nanette est un jeune homme profond, sensible et attachant. «L?univers conspire pour réaliser tes plus grands désirs,» cette phrase extraite de L?Alchimiste que Yannick Nanette nous cite, les yeux brillants, les mains levées au ciel, prend subitement tout son sens. «Nous sommes devenus tellement mécaniques. C?est le manque d?amour qui fait que nous sommes aujourd?hui tellement frustrés.

La musique rassemble, elle est porteuse de messages et d?espoir,» explique le jeune homme.

Même s?il n?adhère pas à la philosophie rasta, malgré le look qu?il a emprunté, Yannick Nanette n?est pas dépourvu de toute philosophie. Il a une vision d?artisan d?une musique universelle, faite de paix et d?harmonie. Pour lui, comme pour Eric de Chateauneuf, l?art et surtout la musique, est une manière de vivre.

Eric de Chateauneuf est un homme de scène, un showman. Imitant à la perfection, Johnny Hallyday, son idole, sans faux semblant ou désinvolture, il aime donner. Donner de son temps d?abord, puis donner de son art. Il travaille sur son album attendu chez les disquaires en décembre. «Cela fait sept ans que j?y pense. Il sortira cette année, même s?il faut que toutes mes économies y passent !» s?exclame-t-il.

C?est que Eric de Chateauneuf est un adepte du partage musical. Il compose, joue, gratte sur sa guitare, pour s?amuser, mais surtout pour faire ce qu?il aime, par-dessus tout. «Les artistes mauriciens n?ont pas souvent la chance de pouvoir exprimer leur potentiel. A l?association, on s?est dit qu?il fallait pouvoir également lancer des artistes.» C?est ce qu?il a fait avec Cyril Ramdoo et c?est ce qui sera fait, probablement, avec Yannick Nanette. «J?ai été charmé par le potentiel de ce garçon qui a chanté avec Eric Triton sur Blues dan Mwa,» raconte enthousiaste, Eric de Chateauneuf.

En attendant que se concrétisent ces projets d?albums, Eric de Chateauneuf négocie pour qu?une version réunionnaise des Enfants d?un Rêve voie le jour. Pour que dure le rêve, Eric de Chateauneuf, Yannick Nanette et les autres artistes de l?association des Enfants d?un Rêve ont la foi. «La musique nous nourrit, elle nous permet non seulement de donner libre cours à notre passion, mais également d?aider les autres.» Dans cet univers désenchanté, la musique reste la seule chose de vraie.

Chrysalide : Un rêve de vie

Rs 150 000. C?est la somme que l?Association des Enfants d?un Rêve a attribuée à Audrey d?Hotman de Villiers, directrice du Centre de solidarité pour une Nouvelle vie et responsable du centre Chrysalide de Bambous. Ce centre aide à la réhabilitation et la réinsertion des femmes toxicomanes. L?argent récolté servira à l?achat d?un véhicule pour le centre.

Le centre Chrysalide, installé dans des locaux flambant neufs à Bambous, est le premier centre de réhabilitation pour les femmes toxicomanes. Il dispose de dix-huit chambres. Il accueillera dans un premier temps, une quinzaine de femmes toxicomanes et prostituées. Ces femmes seront prises en charge par des professionnelles, sur une base résidentielle, avec leurs enfants. Elles bénéficieront d?une thérapie qui s?échelonnera sur une période de six mois à un an.

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