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Essence : il faut jouer serré

19 janvier 2005, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Le spectre d?une pénurie d?essence donne des sueurs froides aux dirigeants du pays. Celle-ci pourrait apparaître samedi, car Maurice ne dispose que de cinq jours de stock de ce carburant. Elle aurait dû disposer d?un stock de 35 jours. Le retard d?un tanker serait à l?origine de ce problème.

L?île de la Réunion pourrait aider à débloquer en partie la situation. Elle dispose d?un stock d?essence de 100 jours.

La situation est prise très au sérieux par la State Trading Corporation (STC). Elle a organisé des réunions de crise successives hier et avant-hier pour trouver une solution. Mais en vain. Elle se veut pourtant rassurante.

Le bateau affrété par la compagnie pétrolière suisse Addax devait décharger sa cargaison de 5 000 tonnes d?essence à Port-Louis le 14 janvier. Lors d?une correspondance avec la STC, Addax a précisé que le tanker touchera Port-Louis avec deux jours de retard soit le 16 janvier. Mais une fois de plus, en raison de problèmes qui demeurent inconnus, la STC a été informée par cette entreprise suisse que le bateau n?arrivera finalement que le 24 janvier avec sa cargaison d?essence et d?autres produits pétroliers. La STC a ouvert une enquête pour connaître les vraies raisons qui ont provoqué le retard du tanker d?Addax.

Certaines grandes compagnies de la capitale ont d?ailleurs envoyé une circulaire hier à leurs départements de transport pour qu?ils fassent le plein des véhicules. Ce, en prévision de la pénurie.

Devant l?aggravation du pro-blème, les compagnies pétrolières, notamment Shell, Caltex, Esso et Total ont tenté de débloquer la si-tuation auprès de leurs contacts dans ce secteur à l?île de la Réunion. Les négociations ont été très difficiles. Les compagnies pétrolières de la Réunion n?ont pas objecté à vendre une certaine quantité d?essence à la STC. Mais la préfecture de la Réunion doit donner son aval à cette transaction. Selon les normes européennes, tout pays membre de l?Union doit avoir un stock d?essence d?un minimum de 100 jours. L?île de la Réunion est concernée, et c?est pourquoi l?intervention de la préfecture est si importante. Finalement, une cargaison de 3 000 tonnes d?essence est attendue samedi matin de l?île s?ur.

Le directeur de la STC, Ranjitsingh Soomaroah a dédramatisé la situation en déclarant à l?express qu??une réunion a eu lieu avec les compagnies pétrolières à Maurice pour une gestion de leur stock en attendant l?arrivée d?un tanker lundi. Il n?y aura pas de pénurie d?essence?.

Capacité de stockage limitée

Toutefois, plusieurs compagnies pétrolières disposeraient de très peu de stock d?essence. Indian Oil, qui vient de terminer la construction d?un terminal pétrolier, pourrait venir à la rescousse des autres compagnies. Elle leur vendrait une partie du stock dont elle dispose. Mais le stock d?Indian Oil ne peut satisfaire les besoins du pays en essence au-delà de samedi. Sans la présence du terminal d?Indian Oil, qui a augmenté la capacité de stockage de produits pétroliers, Maurice aurait pu frôler la catastrophe, a indiqué un spécialiste de ce secteur.

Outre Addax, l?entreprise sud-africaine Vittol a également décroché le contrat de fourniture des produits pétroliers, notamment l?essence et le diesel, pour 2004-2005. Maurice consomme 90 000 tonnes d?essence par an et 360 000 tonnes de diesel. La STC a précisé que le pays dispose suffisamment de stock de diesel et d?huile lourde et de carburant pour avions.

Le problème de fond réside dans la capacité de stockage des produits pétroliers. En cas de guerre ou d?autres problèmes techniques dans les pays exportateurs tels ceux du Golfe persique, Maurice joue sur la corde raide. Le pays ne peut stocker des produits pétroliers pour un minimum de 100 jours, comme à l?île s?ur, faute d?infrastructure adéquate.

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