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Eric Triton : blues dans toi apaise bleus en moi
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Eric Triton : blues dans toi apaise bleus en moi
Triton, c?est un ton qui a refusé d?être trituré. Un titan qui ne peut être dénaturé. Formater par une Nation indifférente et odieuse. Celle qui dilapide le temps à force de crier Ayo Ayo. Celle qui s?abrutit Dan koin legliz. Triton, c?est un chanteur qui a décidé qu?il fallait Sauver le blues, en faire sa révolution. Et que de toute façon, nous sommes condamnés à Linite.
Triton, c?est un ton sarcastique. Un brin revanchard sans être pleurnichard, car pourquoi pleurer quand on cultive son côté écorché ? Engagé, enragé, condamné à polémiquer. À crier, à swinguer pour trouver un sens aux situations qui ne vont pas dans son sens. Il tombe donc sous le coup du sens que Triton revienne sur scène, pour nous présenter son nouvel album, L?Art vaincra.
Ce sera chose faite pour trois soirs consécutifs, à partir de demain. Si le premier concert est réservé aux adhérents Otayo, mercredi et jeudi seront des rendez-vous tout public. Trois concerts à l?amphithéâtre du centre de conférences Swami Vivekananda à Pailles. Prix des billets : Rs 350 plein tarif et Rs 300 pour les adhérents. Ils sont disponibles via le Rezo Otayo.
Comme Eric Triton était absent toute la semaine de l?île chérie qu?il berce et égratigne tour à tour, c?est à des musiciens qu?est revenue la parole. Pour avoir gratter la guitare à côté du géant, ils en parlent tous avec respect, une pointe d?envie et tellement de sympathie.
Sans doute le plus familier d?entre eux : Steeve Deville, le complice de toujours. Celui de l?enfance à cité Père Laval. Celui de la chorale, ?qu?heureusement on a quitté bien vite?. Celui des soirées au Club Med. Celui de la détente estivale du côté de Tamarin.
Des galères, des fous rires que Steeve Deville, celui qui est resté malgré les opportunités, balance : ?J?ai commencé la guitare à quatre ans. J?avais entendu dire qu?un autre gamin du quartier jouait vraiment bien. Au bout de quelque temps, je n?ai pas pu m?empêcher d?aller le voir et j?ai dû me sauver de la maison pour en avoir le c?ur net?. Éric m?a dit : ? Moi aussi je te cherchais.? Et d?enchaîner sur comment, grâce à la chorale, ils ont pu contourner l?interdiction des parents pour qui les musiciens sont des ?vagabonds?.
<B>?Son art musical explose?</B>
Cela, c?était les débuts. Plus de trois décennies plus tard, l?avis de Steeve Deville n?a pas changé : ?Éric peut faire ce qu?il veut avec une guitare?, la faire gémir, la faire jazzer.
De son côté, Jacques Lagane, chanteur et musicien tourne dans le circuit hôtelier. Il a eu le ?privilège? d?accompagner Eric Triton au Festival de Nosy Bé, à Madagascar en 1998. ?Il a un grand sens du partage et du professionnalisme. Il a le souci du travail bien fait?, explique Jacques Lagane. Il se rappelle qu?Eric Triton est arrivé à Madagascar quelques heures avant le festival et qu?à peine arrivé, il s?est mis à la guitare et a commencé à répéter? ?Eric ne se sépare jamais de sa guitare. Il peut se mesurer à n?importe qui, s?adapter à n?importe quoi. Dès qu?il monte sur scène, il y a une aura qui l?entoure.?
Cyril Michel lui, est saxophoniste. Il a accompagné Eric Triton pendant six mois lorsque le bluesman se produisait au Zanzibar, à Grand-Baie.?C?est une belle voix, une puissance scénique et un contact exceptionnel avec le public?, assure Cyril Michel. Selon lui, c?est l?artiste mauricien qui a ?le mieux évolué?. ?À force de voyager, il a pris conscience de sa valeur et aujourd?hui son art musical explose?, précise le saxophoniste qui avoue espérer qu?il accompagnera Eric Triton pendant ses concerts à Maurice et à Rodrigues, le 24 septembre.
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