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Eric Mezino maître de son destin
Eric Mezino, danseur et chorégraphe franco -malgache, anime un stage d?écriture chorégraphique en danse hip-hop au Centre Charles Baudelaire (CCB) depuis lundi. Il nous parle, entre deux cours, de la place du hip-hop dans la société. Rencontre.
Eric Mezino, danseur chorégraphe de talent, est né en 1973 à Madagascar. Sa famille quitte la Grande île pour la France alors qu?il n?est encore qu?un enfant. L?adaptation a été dure et longue pour le jeune Malgache d?origine italienne.
«On habitait la banlieue de Lyon, dans un appartement surpeuplé, du genre à cinquante dans une pièce,» raconte Eric Mezino. D?autant plus qu?il confie que sa couleur de peau n?a pas joué en sa faveur. «On dit que les métisses sont beaux. Ce n?est pas facile d?être métisse, que ce soit en Afrique ou en Europe. En France j?étais trop basané et en Afrique j?étais trop clair,» raconte-t-il avec humour. Rien à voir avec la chanson de Yannick Noah qui fait des louanges au métissage.
Les années passent et Eric Mezino grandit dans les rues de sa banlieue, il est passionné par le monde artistique et intègre l?Ecole du Cirque de Saint-Priest, France, où il reçoit une formation en gymnastique. A l?âge de 16 ans il quitte l?école du cirque pour se consacrer à son autre passion : le hip-hop. Il fait son apprentissage dans les rues, « l?école du hip-hop».
Quand ils étaient jeunes, Eric Mezino et ses amis ont beaucoup galéré avant d?être reconnus à leur juste valeur. Ils ont même été pompom boys lors des rencontres de basket-ball en France.
«C?était une superbe expérience. On a eu l?occasion de danser devant des milliers de personnes, même si on recevait des coups de bouteilles de coca en guise de récompense,» se remémore Eric Mezino aujourd?hui âgé de 34 ans.
Mais, le temps où Eric et ses amis évitaient les tirs de bouteille est révolu. «On s?est toujours pris au sérieux même si certains se moquaient de nous, ajoute le danseur. Si tu veux réussir tu dois accepter ce genre de choses et travailler dur.»
Après toutes ces années de galère Eric Mezino est maintenant à la tête de sa compagnie E.go et sillonne le monde pour partager sa passion pour la danse et former de jeunes danseurs pour qu?ils apprennent à voler de leurs propres ailes. «Chaque travail mérite une récompense? Il faut bosser pour arriver dans la vie », confie le chorégraphe.
L?aventure d?Eric et de ses amis nous apprend que la vie d?un artiste n?est pas uniforme, tout n?est pas carré, rond?ou même ovale. Beaucoup pensent qu?il faut avoir de la chance pour réussir dans l?univers artistique.
Mais ils se trompent. Les contes de fées n?existent que dans les livres, et la chance n?est qu?un facteur parmi tant d?autres. Dommage? mais c?est comme ça ! Il faut travailler pour goûter au pain de la réussite. Et ce n?est pas Eric Mezino qui dira le contraire. «Je n?ai jamais eu de chance et c?est en travaillant et persévérant que je suis arrivé où je suis.» Pour lui, la bonne étoile n?existe pas et la chance n?est qu?une utopie.
Maurice prend du retard
Eric Mezino organise aussi des spectacles dans de grandes salles européennes. Il est à Maurice pour jauger le niveau des danseurs locaux et aussi pour les initier à l?écriture chorégraphique. «J?ai constaté qu?ils ont une grosse envie d?apprendre et qu?ils ont aussi du talent. Ils ont juste besoin de quelqu?un pour les encadrer,» explique Eric Mezino.
Selon lui la culture hip-hop à Maurice à 20 ans de retard sur la France et c?est pour cette raison qu?il forme les leaders de groupes locaux qui, à leur tour, transmettront la connaissance. «Je reviendrai pour voir s?il y a eu du progrès? une évolution,» confie Eric Mezino.
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