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Environnement : Incinérateurs en accusation
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Environnement : Incinérateurs en accusation
Entre le discours rassurant des industriels et celui de certaines associations, les citoyens peuvent se sentir dépassés.
« Le contrôle et l?analyse des rejets gazeux de nos sites nous permettent d?affirmer que les émissions de nos incinérateurs ne sont pas nocives, assure Thierry Gosset, directeur du traitement chez Veolia Propreté, qui exploite 45 usines d?incinération d?ordures ménagères (UIOM) en France.
C?est dans les années 1990 que l?image de l?incinération se dégrade. Une première affaire de pollution aux dioxines éclate à Halluin, dans le Nord, en 1998. Mais surtout, les exploitants ratent le virage de 1996, date à laquelle les usines devaient être mises en conformité avec deux directives européennes de 1989.
Une nouvelle directive européenne, en 2000, a imposé des normes plus strictes, avec notamment une limite de 0,1 nanogramme par m3 pour les rejets de dioxines. L?erreur ne s?est pas reproduite : à la fin 2005, la quasi-totalité du parc français d?incinérateurs (128 en 2007) était aux normes.
Mais une étude de l?Institut national de veille sanitaire (InVS), publiée en novem-bre 2006, a relancé le débat en constatant un excès significatif de risques de cancer chez des personnes ayant vécu sous un « pana-che » d?incinérateurs entre 1972 et 1985. Qu?en conclure, puisque les usines de l?époque étaient incomparablement plus polluantes que celles d?aujourd?hui ?
Toutefois, il est un point sur lequel tous les acteurs du débat se retrouvent à peu près : la nécessité de développer le tri sélectif et d?agir à la source sur le volume et la composition des produits que l?on retrouve dans les ordures ménagères.
Car même si des méthodes alternatives à l?incinération comme le compostage, la méthanisation ou les traitements biomécaniques progressent, une fraction incompressible des déchets devra toujours être stockée en décharge ou brûlée. « L?incinération n?est pas la solution idéale, mais j?ai peur quelle soit incontournable aujourd?hui », affirme le toxicologue Gérard Keck.
@ 2 007 Le Monde ? Gilles van Kote ? (Distribué par The New York Times Syndicate)
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