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Entrée dans les moeurs du marketing politique

5 décembre 2005, 20:00

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Certains partis et alliances politiques comptent lancer leur offensive électorale dès le début de janvier 1981 en prévision des prochaines législatives. Ils songent même à s?assurer le concours et les services de certaines agences publicitaires pour mieux vendre leur produit politique, à savoir leur image, leur programme gouvernemental, les candidats qui défendront leurs couleurs et leurs idées principales.

Du côté de l?alliance gouvernementale, on ne reste pas non plus inactif. La rumeur veut même que certains pays amis, préférant avoir affaire à l?équipe gouvernante en place plutôt que de devoir apprivoiser de nouveaux venus à l?Hôtel du Gouvernement, seraient prêts à de gros investissements pour fournir gracieusement au Parti Travailliste et à leurs alliés le soutien à la fois technique et financier nécessaire pour résister au raz-de-marée mauve annoncé.

Cela n?a jamais empêché Le Labour d?accuser ses principaux adversaires d?être à la solde de capitalistes locaux d?origine européenne. Ce n?est pas particulièrement logique. Mais comme il s?agit de marmite politique, il ne faut pas perdre son temps à vouloir y trouver la moindre trace de logique.

L?on sait que la peur donne des ailes. La crainte de voir la gauche s?installer à l?Hôtel du Gouvernement est tellement grande au-delà du Bell Buoy que des coffres-forts garnis s?ouvrent généreusement. Les émissaires européens et nord-américains se bousculent d?autant plus au portillon que la police secrète de Ramgoolam (Seewoosagur) multiplie les rapports négatifs et défavorables au Labour. Cette branche secrète (la S.S.S.) fait part d?une certaine frustration qui se traduirait, non pas par un vote pour la gauche, mais par un vote contre l?alliance de droite, unissant Ramgoolam et Duval. On parle volontiers de l?envie irrésistible de se venger d?un certain électorat.

La rumeur veut que des experts européens en marketing politique sont consultés dans le but de promouvoir un des partenaires de la coalition, sans qu?on sache précisément qui est ce partenaire et qui sont ces experts.

Les agences locales de publicité se préparent à parfaire leurs connaissances et leur maîtrise de la bonne utilisation des outils visuels (dont des affiches jeunes et colorées) et auditives (enregistrements sonores à diffuser parmi la masse d?électeurs). On parle de bandes sonores révolutionnaires qui seront diffusées par les autos munies de haut-parleurs et devant quadriller les différentes circonscriptions. On sait déjà que la campagne électorale à la radio et à la télévision jouera un rôle encore plus décisif qu?en 1976.

Et le coût de ce marketing politique nouveau ? Il semble que l?argent ne soit pas un problème. Nos partis ne connaissent, paraît-il, aucun problème de financement.

Le MMM n?est pourtant pas à la fête avec les répercussions néfastes de l?affaire Jundoosingh-Venkatasamy, qui siégent désormais en indépendants au Parlement. Voilà que Dev Virahsawmy commence à ruer dans les brancards. Il n?est pas satisfait de la manière dont les instances dirigeantes mauves ont manié ce délicat dossier et le fait savoir, dans une lettre adressée au secrétaire général, Paul Bérenger. Les propriétaires individuels d?autobus soutiennent mordicus Vijay Jundoosingh.

Le Parti Travailliste a la douleur de perdre, son ancien et remuant député de Vacoas, Floréal, Marcel Mason. Jusqu?à la fin de sa vie, il a conservé son franc-parler, n?hésitant jamais à jeter le pavé de son choix dans la mare aux canards politiques. James Burty David est à couteaux tirés avec Eliézer François. Il fait savoir que la CHA doit fermer ses portes. SSR essaye de réconcilier tout son monde en tirant à boulets rouges sur son bouc émissaire préféré, la presse.

Une question est sur les lèvres de tous les politiciens et journalistes : que fera le PSM d?Harish Boodhoo aux prochaines élections législatives ? L?aile boolelliste, soutenue en cela par le PMSD de Gaëtan Duval, ne perd pas espoir d?une possible réconciliation. Elle se heurte toutefois au veto de l?aile David-Jagatsingh, soutenue par la vieille garde Ringadoo-Walter. Elle refuse de tuer le veau gras pour l?enfant prodigue du PTr. L?UDM de Guy Ollivry espère que le PSM sera l?allié qu?il lui faut pour faire enfin accepter l?idée d?une troisième force à un électorat englué dans une bipolarisation politique forcenée. James Burty David n?hésite pas à qualifier Harish Boodhoo d?apatride politique. Bérenger, en revanche, fait savoir qu?il trouve intéressants certains propos tenus récemment par le leader du PSM. Et si Bérenger le dit, c?est que les choses sont plus avancées qu?il ne le paraît.

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