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Entre indifférence et hostilité
Cité Attlee, 17 h 30. La petite pluie et la brise hivernale de Curepipe ne découragent pas les ardeurs des candidats de l?alliance MSM-MMM-PMSD qui font du porte-à-porte. Deux jours plus tôt, au même endroit, cela avait été aux candidats de l?Alliance sociale de pratiquer le même exercice. Mais les électeurs, à quelques rares exceptions, se montrent plus qu?indifférents.
« Bonsoir madame ! Nu bann kandidat pu eleksyon minisipal ! », commence ainsi un candidat, quand apparaît à la porte, la maîtresse des lieux. Il sent tout de suite qu?il la dérange. « Nu finn zist pase pu dir u enn bonzur ! », ajoute-t-il, en s?excusant presque. « Mo byen okipe aster-la », répond la dame avant de refermer la porte.
Selon un « vétéran des campagnes électorales » urbaines qui nous accompagne, la réaction de cette électrice est courante pour ces élections. « Et les deux camps rencontrent les mêmes difficultés », précise-t-il. Ce que nous vérifions deux jours plus tard.
« Il nous sera difficile de motiver l?électorat. Notre adversaire sera l?absention. Les gens semblent se moquer des enjeux municipaux », déclare, résigné, un agent mauve. Même pessimisme dans l?autre camp : les mêmes craintes sont récitées.
Cependant, le porte-à-porte comporte toujours le risque de se retrouver face à un électeur agressif ? ce qui, selon les agents des deux bords, était « exceptionnel » pour les législatives. « Aster-la ki u vini. B? u f? ale. Naryen zot na pa finn fer e zot pe vinn rod vot ! » : le ton est tout sauf chaleureux et les candidats ne peuvent que prononcer, d?un côté, un timide « Au revoir ! » ou, de l?autre, « Nu ava repase apre ! » avant de battre précipitamment en retraite.
« Que voulez-vous ? C?est également ça, faire de la politique », déclare, dans un souffle, un candidat, alors qu?une demi-heure plus tôt, il déclarait à une journaliste d?une radio qu?il recevait « un accueil chaleureux dans toutes les maisons » qu?il visitait.
Une chose est sûre : la conquête de l?électeur passe par une sacrée dose de persévérance et de « ravalage » de son orgueil, voire de sa dignité. Vous avez dit « accueil chaleureux » ?
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