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Entre détermination et timidité
<B> La verve habituelle de Lormus Bundhoo</B>
Il n?arrête pas de parler. De lancer des plaisanteries à la ronde, à son chef de cabinet, à son planton... Lormus Bundhoo, le nouveau ministre de l?Environnement, est d?un enthousiasme débordant. Ses premiers contacts avec son ministère sont empreints de vitalité. Le député de Montagne-Blanche-Bel-Air-Rivière-Sèche détend l?atmosphère lors de sa première réunion avec ses fonctionnaires.
Le ministre vise très haut. Ses ambitions sont de «prove wrong» les experts qui font des rapports défavorables pour le pays. Un rapport de l?Intergovernmental Panel on Climate Change prévoit que Maurice sera sous les eaux en l?an 2100. Le concept de l?île durable étant intrinsèquement lié à l?Environnement, Lormus Bundhoo entend s?y attarder. Cette réunion avec ses fonctionnaires a été l?occasion pour lui de raconter une anecdote sur son prédécesseur, Anil Bachoo. Il s?attendait à ce que ce dernier soit le chief guest à une fonction à Caroline, village de l?Est, mais celui-ci l?a laissé tomber car il avait un autre engagement. Il a pris son téléphone pour le lui reprocher. Après une longue discussion, Anil Bachoo devait lui lancer : «Si to fer sa bann manier la, vinn pran mo plas.»
Dans la matinée, les deux collègues ont discuté pendant plus de 45 minutes des dossiers en cours. Lormus Bundhoo, attentif, a néanmoins la mine anxieuse alors qu?il écoute Anil Bachoo. Il dit prendre la mesure des responsabilités qui l?attendent. Petit couac de cette journée démarrée en trombe : les fonctionnaires qui attendaient le nouveau titulaire ont eu une information selon laquelle la réunion n?aurait pas lieu. Au moment où Lormus Bundhoo et Anil Bachoo descendent pour la réunion au 3e étage, la salle de conférences était donc vide?
Auparavant, Lormus Bundhoo avait tenu à marquer son arrivée au ministère par des prières. Pendant plus de 15 minutes, son pandit a béni son bureau tout en priant pour qu?il puisse assumer ses responsabilités au mieux de ses capacités.
Par ailleurs, le nouveau ministre s?est voulu rassurant. Même si son ton parfois brusque peut susciter des craintes, «I am soft hearted and good hearted», insiste-t-il. L?euphorie des premiers jours ne l?a pas quitté?
<B>L?hésitation de Balkissoon Hokoom</B>
Balkissoon Hookoom semble un peu mal à l?aise. Ses propos sont hésitants. De même que sa démarche. Pourtant, il dit être confiant de pouvoir faire de son mieux pour assumer les responsabilités qui lui ont été confiées. Le nouveau ministre de la Fonction publique n?entend pas brusquer le système, pour avoir été fonctionnaire lui-même.
Il est convaincu qu?une réforme importante doit être enclenchée dans la fonction publique. Mais il n?est pas plus explicite et n?en dira pas plus. C?est un peu trop tôt et il ne connaît pas suffisamment les rouages de la fonction publique pour s?aventurer à le faire. «Attendez un peu», soutient-il sur l?insistance des journalistes.
C?est vers les 11 heures que Balkissoon Hookoom arrive à l?Hôtel du gouvernement. Il est en compagnie de son épouse. Elle est sa force. Il n?hésite pas à le dire haut et fort. «Derrière chaque homme, il y a une femme. J?y crois et c?est pour cela que c?était important qu?elle m?accompagne.»
Comme il n?y a pas de passation de pouvoir à assurer (le portefeuille ayant jusqu?ici été celui du Premier ministre), c?est avec son Supervising Officer et ses deux Permanent Assistant Secretaries (PAS) qu?il discute des dossiers. Une première réunion avec quelques fonctionnaires a lieu vers 11 h 30. Il essaie de dissimuler sa gêne mais il y arrive à peine, même s?il sourit beaucoup.
Midi. Le temps de faire une pause déjeuner et d?organiser son emploi du temps avec sa secrétaire, et le ministre se prépare à rencontrer tous les fonctionnaires de son ministère. Une rencontre prévue vers 13 heures.
Au bout du compte, une chose est sure : ce médecin connu pour ses qualités d?écoute garde la même constance avec ses fonctionnaires?
Jane L.O?NEILL</B>
<B> Jean-François Chaumière : «Concilier l?irréconciliable»</B>
Il a bien fait d?enfiler sa «tenue de combat». Car à la lecture du Mission Statement du ministère du Travail, des relations industrielles et de l?emploi, Jean-François Chaumière a compris une chose : son rôle sera de «concilier l?irréconciliable». De gérer le «clash» entre la préservation des intérêts des employés et les impératifs du monde de l?emploi. «Le ministre est très souvent un arbitre, à la recherche de l?équilibre.»
Et comme, «il vaut mieux aller au feu tout de suite», deux dossiers brûlants l?attendent : la suspension de deux employés d?Air Mauritius et le licenciement de deux autres chez Mauritius Telecom. Ces partenaires avec qui il sait qu?il aura «parfois des points de vue divergents». Sa parade : un proverbe. «Du choc des idées jaillit la lumière.» Des syndicalistes lui ont déjà adressé leur première lettre. Ils y identifient trois dossiers prioritaires : le limogeage de dirigeants syndicaux, la révision des critères utilisés pour déterminer le taux de la compensation salariale et un nouvel examen de l?Employment Relations Act et de l?Employment Rights Act. Les signataires de la lettre : la General Workers Federation, la Fédération des travailleurs unis, la Federation of Progressive Unions et la Rodrigues Workers? Union ? regroupés sous le vocable Fron Syndical de Gos. Ses dossiers, le ministre les a reçus de son prédécesseur, Vasant Bunwaree, dès 9 heures. Un passage du témoin long de deux heures. Alors que son collègue prend les escaliers, Jean-François Chaumière fait le tour de ses bureaux, au Victoria House, près des Casernes centrales à Port-Louis. Quand on lui demande s?il compte changer le décor, Jean-François Chaumière ne s?y attarde pas. «Il faut parer au plus pressé, aux litiges.»
Quel sera son style de gestion ? Le ministre, en poste depuis une demi-journée, lance le mot «soft». Explique que ses atouts sont : «la patience et l?écoute.» «Je sais comment sont les procédures.» Sous-entendues : les lourdeurs administratives. «Parfois c?est vrai», concède le ministre fraîchement nommé. Il a aussi rencontré ses officiers. «Pour mener une bonne équipe, il faut de bons généraux.»
<B>Aline GROËME-HARMON</B>
<B>Devanand Rittoo déjà sur le terrain</B>
Les officiers du ministère de la Jeunesse et des Sports étaient impatients de rencontrer leur nouveau patron, hier. Mais Devanand Rittoo a préféré marquer sa présence sur le terrain. Il a procédé, hier matin, à l?ouverture d?un atelier de travail de cinq jours sur la Prévention de conduites addictives, à l?hôtel Gold Crest, à Quatre-Bornes.
Pour sa première sortie officielle, le nouveau ministre de la Jeunesse et des Sports a fait bonne impression, avec un discours de circonstance. Il a fait ressortir que la drogue ne concerne pas que les familles affectées par ce fléau et qu?il est du devoir de l?Etat d?assurer des formations afin de sensibiliser le public. Il a aussi déclaré que le sport est un bon moyen de préserver les jeunes de ce mal. Bruno Julie et Stéphan Buckland, dit-il, peuvent servir de role model pour attirer les jeunes au sport.
L?atelier de travail en question est organisé par la Commission de la Jeunesse et des Sports de l?océan Indien (CJSOI). Celle-ci a fait appel à deux expertes françaises, Jocelyne Seguin et Danielle Prevet, pour l?animer. Une vingtaine de personnes venant des pays membres de la commission, notamment les Comores, Madagascar, La Réunion, les Seychelles et Maurice participent à l?atelier.
Le ministre s?est ensuite rendu au gymnase Pandit Sahadeo à Vacoas où se disputait la finale féminine des intercollèges de volley-ball. Selon le directeur des Sports, Novin Gaya, qui accompagnait Devanand Rittoo, ce n?est qu?aujourd?hui que ce dernier se rendra à son ministère, à Port-Louis.
<B>Neeta PERSAND</B>
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