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Entre commémoration et célébration

5 février 2007, 00:00

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Le 1er Février, c?était le 172e anniversaire de l?Abolition de l?esclavage à Maurice. Dans plusieurs endroits de Maurice, ils étaient nombreux à rendre hommage aux ancêtres victimes de l?esclavage.

Ce crime contre l?humanité, perpétré à Maurice durant plus d?un siècle, fait encore frémir tous ceux qui ont du sang qui coule dans leurs veines, pas seulement ceux qui sont d?origine africaine.

La commémoration permet de rappeler aux jeunes générations ce qu?il est important de savoir. La célébration devrait être l?occasion pour tous de se réjouir que l?esclavage a été aboli.

Le 1er Février, pendant que les politiciens délivraient leurs messages et que les militants exhortaient la foule au devoir de mémoire, les autres, tous les autres, s?apprêtaient à faire la fête. Mais entre commémoration et célébration, on ne savait pas trop sur quel pied danser.

Le 1er Février on a aussi tempêté contre les anciens maîtres. Au Morne, les clôtures sont tombées. L?histoire, c?est comme la conduite : il faut regarder dans le rétroviseur sans quitter la route des yeux, au risque de finir dans le fossé. Et c?est là tout le danger de trop se concentrer sur le passé. Le désir de revanche sur l?histoire supplante parfois, souvent, la volonté d?aller de l?avant.

Commémorer, c?est bien et même nécessaire. Célébrer, c?est mieux et tout aussi nécessaire. Si la commémoration de l?Abolition de l?esclavage est, officiellement, devenue l?affaire de tous les Mauriciens, depuis l?institution du jour férié, elle a surtout été assimilée à la question d?identité créole.

Or, une telle célébration devrait surtout être l?occasion de l?affirmation de l?identité mauricienne. Créole, certes, mais dans son sens unificateur, pluriel. Et non exclusif. Qui peut fêter et doit fêter l?Abolition de l?esclavage ? Tous les Mauriciens qui croient en l?avenir de leur pays.

Les chantres de l?exception culturelle créole soutiennent que l?affirmation de l?origine des Mauriciens descendants d?Africains était le préalable essentiel à toute idée identitaire. Une affirmation qui passe par la reconnaissance des souffrances endurées sous le joug de l?esclavage. Cette étape a été atteinte.

Or, dans une île plurielle, moderne et émancipée, l?heure est venue de passer à l?étape supérieure, celle qui permettra aux descendants d?Africains, d?Indiens, d?Européens, de Chinois, bref, aux Mauriciens, de fédérer les valeurs qu?ils partagent. L?anniversaire de l?Abolition de l?esclavage doit être l?occasion de le rappeler et de le proclamer.

Il faudrait, cependant, que les leaders jouent leur rôle, qu?ils soient actifs dans les domaines sociaux, religieux, et surtout politiques.

En effet, qui d?autres que ces derniers, si actifs dans le débat national, pourraient guider les Mauriciens, encore indécis entre le besoin de commémorer et le désir de célébrer, vers un avenir qui serait la somme des deux ?

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