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?Enough is enough?
erview réalisée par Jennifer PENELOPE-LEBRASSE</i
<B> Quelle est la raison de votre démission ? </B>
? Je suis dégoûté et fatigué moralement. Je dois préciser que ce travail de secrétaire général, je l?accomplissais bénévolement. Il arrive un moment dans la vie où il y a un choix à faire. J?ai décidé de partir car la vision du directeur technique national (Philippe Lemoine) sur le tennis mauricien me déçoit énormément. Ses agissements sont également à déplorer. C?est dommage d?en arriver là.
<B> Vous parlez de dégoût et de divergences avec le DTN. Qu?en est-il exactement ? </B>
? Je ne souhaite pas vraiment étaler mes sentiments envers le DTN au public. J?ai eu l?occassion d?en discuter avec mes collègues du comité directeur au courant de la semaine. Cela se résume en trente points. Je leur laisse le soin de bien réfléchir et surtout d?analyser la pertinence de mes doléances.
<B> Ces divergences durent depuis un certain temps. Etaient-elles à l?origine de votre première intention de démissionner en mars 2005 ? </B>
? Oui, ça remonte, en effet, à 2005. Les relations entre le DTN et moi-même ont toujours été très tendues. Mais j?ai toujours placé les intérêts du tennis au-dessus de mon égo et ma fierté personnelle. Aujourd?hui, enough is enough !
<B> Quelle est la goutte d?eau qui a fait déborder le vase ? </B>
? La lâcheté du DTN !
<B> Avant Philippe Lemoine, vous ne vous entendiez pas avec les précédents DTN, Frantz Jessin et Frank Buoro. Est-ce que, tout compte fait, le problème n?est-il pas Akhtar Toorawa lui-même ? </B>
? Tout le monde a ses qualités ainsi que ses faiblesses. Mes qualités, comme disait Napoléon : «La plus vraie des sagesses est une détermination ferme. » Cette détermination m?a rendu énormément de service dans la vie. Ma faiblesse : c?est ma colère. Et cette colère explose généralement quand on m?irrite inutilement, elle est aussi suivie d?une excitation momentanée. Mais tout cela est très humain. Fort heureusement, ce n?est pas ma langue qui gouverne ma vie.
Pour en revenir à Frantz Jessin, connaissant ma faiblesse, il prenait un malin plaisir à me provoquer. Tout ce comportement était très bas pour un professionnel comme lui.
Quand à Frank Buoro, il était sur le départ quand je suis arrivé à la fédération. Il est parti parce qu?il existait un différend entre lui et son employeur, le ministère de la Jeunesse et des Sports.
<B> Vous êtes à l?origine des propositions faites à la Bulgare Dessislava Lazarova, au Malgache Lofo et à la Sud-Africaine Justine Sutherland, en vue d?être natura-lisés mauriciens. Qui fera le suivi ? </B>
? Je souhaite que le président de la FMT, Jean-Michel Giraud, prenne le dossier en main, vu que nous avions la même vision : c?est-à-dire encourager des joueuses étrangères, d?un bon niveau, à prendre la natio-nalité mauricienne. Il est essentiel d?avoir des joueuses de la trempe de Dessislava et de Justine pour rehausser le niveau du tennis local. Du reste, cela se fait ainsi dans les pays africains et asiatiques. Ce n?est pas là quelque chose de nouveau que nous avions voulu instaurer, ici à Maurice.
<B> Ce projet ne faisait pas l?unanimité dans le giron tennistique?</B>
? Le DTN pense qu?avec la venue de Dessislava et de Justine, cela nuirait à l?esprit d?équipe. Or, que voyons-nous aujourd?hui ? Il n?y a pas de compétition pour être dans la sélection féminine. Alors, comment pourrons-nous progresser ? On ne peut pas toujours composer avec ce qu?on a. Il faut aussi rappeler que suite à la blessure de Marinne Giraud, l?an passé, nous n?avions pu participer à la Fed Cup. Cela ne fait pas sérieux pour un pays et une fédération ambitieux comme les nôtres.
<B> Vous assumiez également l?organisation de la Fed Cup de la zone Europe-Afrique des groupes 2 et 3 à Maurice. Continuerez-vous à travailler sur le dossier ? </B>
? Oui, certainement. C?est un grand défi pour Maurice d?accueillir une compétition féminine aussi prestigieuse que la Fed Cup. C?est l?équivalent d?une coupe du monde de tennis. La Fédération internationale a mis toute sa confiance en nous. Nous devons relever ce défi.
Le gros travail a déjà été abattu. Plusieurs sponsors ont répondu favorablement à notre appel (hôtel, eau minérale, boisson gazeuse et énergétique, poulet pour les repas, tarif aérien, entre autres). Et des négociations sont en cours avec d?autres partenaires.
Le ministre de la Jeunesse et des Sports, Sylvio Tang, nous apportera aussi son soutien financier et logistique. J?ai eu des réunions de travail avec le Desk Officer. Le comité d?organisation se réunira la semaine prochaine et les diverses tâches seront alors allouées.
A noter que le Fact Sheet a déjà été adressé aux 21 pays participants venant d?Europe et d?Afrique. Le juge-arbitre du tournoi sera une Anglaise, Denise Parnell. A vrai dire, l?organisation de cette compétition est sur la bonne voie.
<B> Quel conseil donneriez-vous à votre remplaçant, Denis Lincoln ? </B>
? Denis Lincoln a une très bonne expérience du management. Cela sera certainement très bénéfique au tennis mauricien.
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