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Enlèvement de la CIA : Des officiers américains et italiens sur la sellette

6 juillet 2006, 00:00

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La police a arrêté hier deux responsables du renseignement militaire italien et un juge a émis des mandats d’arrêts visant quatre Américains dans le cadre de l’enquête sur l’enlèvement par la CIA en 2003, à Milan, d’un homme soupçonné d’activités terroristes, ont annoncé les autorités.

Le bureau du procureur de Milan annonce dans un communiqué l’interpellation de Marco Mancini, directeur d’une division du renseignement militaire (Sismi), ainsi que d’un autre responsable de cette agence. Il indique par ailleurs que des mandats d’arrêt ont été émis à l’encontre de quatre Américains. Trois d’entre eux seraient des agents de la CIA et le quatrième travaille sur la base militaire américaine d’Aviano, dans le nord de l’Italie.

C’est la première fois que les noms de responsables italiens sont cités en relation avec l’enlèvement, en 2003, de Hassan Moustafa Ossama Nasr, également connu sous le nom d’Abou Omar. Nasr affirme avoir été transféré en Egypte par avion et torturé.

Un tribunal italien avait déjà émis des mandats d’arrêt visant 22 agents américains présumés dans le cadre de cette affaire, mais aucun Italien n’avait été poursuivi jusqu’ici.

Mancini est accusé d’avoir collaboré à l’enlèvement. On ne dispose d’aucune autre précision dans l’immédiat. Si le rôle de l’Italien est confirmé, cela apporterait de nouvelles preuves de la collaboration de pays européens au transfert clandestin vers des pays tiers de personnes suspectées de terrorisme par les Etats-Unis.

Affaire emblématique</B>

La police italienne avait placé Nasr sous écoute et l’accuse d’être lié au réseau islamiste al Qaïda et d’avoir recruté des combattants pour l’Irak, selon des documents judiciaires. Les enquêteurs italiens estiment que son enlèvement a violé la loi italienne et sabordé une enquête qui s’annonçait prometteuse.

Le commissaire européen à la Justice, Franco Frattini, a déclaré respecter la décision d’arrêter Mancini.

“Le procureur enquête, il accuse cet officier des services secrets italiens, voyons s’il est responsable ou non”, a-t-il dit lors d’une interview téléphonique accordée à Reuters.

L’affaire d’Abou Omar est l’un des cas les plus emblématiques des opérations secrètes menées par la CIA dans sa lutte contre le terrorisme, y compris des transferts secrets de prisonniers.

Des associations de défense des droits de l’homme ont condamné ces pratiques, affirmant que des suspects ont régulièrement été transférés par les Etats-Unis vers des pays pratiquant la torture.

Washington a reconnu avoir déjà effectué des transferts secrets de personnes suspectées de terrorisme mais nie avoir recouru à la torture ou avoir permis à d’autres pays de le faire.

Massimiliano DI GIORGIO

Phil STEWART</B>

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