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Enjeux d?une nomination
La démission de Sylvio Michel a provoqué un petit tourbillon dans le monde politique et laisse peser des doutes sur un secteur déjà fragile. Plusieurs prétendants à sa succession se sont fait connaître. Certains de vive voix, d?autres de façon plus déguisée. On aura retenu les noms de Jean-Claude Barbier, Gérard Paya, Françoise Labelle et Maurice Allet. Mais la nomination, ou pas, d?un nouveau ministre de la Pêche revêt une double importance d?abord pour ce secteur, mais ensuite au plan politique.
Le choix d?un nouveau ministre de la Pêche nous permettra de connaître l?intérêt (ou le désintérêt) que porte l?actuel gouvernement à ce secteur. Lors de sa conférence de presse bilan, jeudi dernier, Sylvio Michel a affirmé qu?il y avait dans ce secteur « des difficultés mais pas de détérioration ». Il a parlé de la création d?une école de pêche, des bons résultats de l?usine Princes Tuna, du nombre grandissant de bateaux étrangers qui pêchent dans les eaux mauriciennes, la création du seafood hub.
Mais il a aussi reconnu que la pêche artisanale était « dan difé » et il a évoqué l?épineux problème des compensations aux pêcheurs. Sans proposer de solution claire.
Jean-Claude Barbier et Gérard Paya, les deux prétendants « officiels » à sa succession auraient-ils la solution ? Ils n?ont pas dévoilé leurs batteries mais ils ont surtout, l?un et l?autre, affirmé qu?ils méritaient d?être nommés. Le premier, parce qu?il « connaît » le dossier des pêcheurs et que la circonscription n° 1, qu?il représente à l?Assemblée, abrite beaucoup de pêcheurs.
Le second parce que le ministre démissionnaire était l?allié de son parti, ce qui légitime, selon lui, sa demande. Les deux hommes sous-entendent que leur appartenance ethnique est un autre facteur qui devrait peser dans la balance.
Mais leur candidature ne fait pas l?unanimité. Du côté de Bain-des-Dames, (qui se trouve dans la circonscription de Jean-Claude Barbier), par exemple, quelques pêcheurs se sont d?abord précicipités pour le soutenir, lundi et mardi derniers, pour se rétracter, le lendemain, et affirmer qu?ils soutiendraient finalement « quelqu?un qui saurait faire quelque chose pour les pêcheurs ». Sans le nommer. D?autres ne se sont pas cachés pour demander où se trouvait le député Barbier, quand les pêcheurs de la région portlouisienne se débattaient pour obtenir des compensations à la pollution de leur zone de pêche.
Quant à Gérard Paya, la plupart des pêcheurs affirment ne pas le connaître. Même chose pour Françoise Labelle, la « favorite » (même si elle se garde bien de le clamer tout haut), qui ne fait pas non plus l?unanimité au sein de la communauté des pêcheurs. Et c?est un euphémisme?
Reste Maurice Allet. Le leader du PMSD n?a pas officiellement fait acte de candidature. Mais sa base fait pression et lance « un appel au Premier ministre » .
Car la nomination d?un nouveau ministre de la Pêche revêt une importance non négligeable au plan politique. A quelques mois des élections, ce poste permettrait à son titulaire de rassembler un groupe social, un secteur économique d?une certaine influence, bref un électorat. à ce chapitre, certains choix pourraient s?avérer plus judicieux que d?autres. Par exemple, celui de nommer un véritable rassembleur susceptible de convaincre les pêcheurs, de les regrouper; mais aussi un gestionnaire, pouvant mener un secteur en crise.
Au Premier ministre, donc, d?effectuer le choix final entre une favorite, des prétendants et quelques rassembleurs. Un choix qui aura un double impact : sur l?avenir immédiat de la pêche et sur la cote d?amour du gouvernement MMM-MSM auprès d?une frange non négligeable de la population.
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