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Engouement pour la formation aux nouvelles technologies

9 août 2007, 00:00

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En mal de cerveaux et de bras, le secteur des nouvelles technologies a besoin de former en masse. Avec le cap des 10 000 emplois qui sera franchi au début de l?année prochaine, selon les prévisions du Board of Investment (BOI), le manque de main-d?oeuvre se fait sentir à tout niveau, avancent les opérateurs. Mais la prise de conscience a lieu.

Ce sera d?ailleurs visible au Salon Infotech cette année. Outre les exposants ?traditionnels?, qui exhiberont leurs derniers produits innovants, des participants d?un autre type envahiront le parterre du centre Swami Vivekananda à Pailles. Au nombre d?une petite dizaine, les institutions de formation, dont l?université de Maurice et l?université de Techno- logie (Maurice) auront une présence marquée.

Les institutions de formation qui se sont fait un nom sur la place font le plein, alors que d?autres se lancent dans ce créneau prometteur. Maurice Laurette, manager d?e_Scol@, est l?un d?entre eux. Incorporée en décembre 2006, cette entreprise recrute ses premiers élèves à partir de ce matin. Cela se fera au Salon Infotech où e_Scol@ tient son stand.

?Les premiers mois de l?année, nous nous sommes concentrés sur la mise en place du centre, des certifications et d?autres tâches administratives. Notre but est de nous établir comme institution informatique de référence?, explique Maurice Laurette.

Sa motivation pour se lancer dans ce domaine est évidente. ?Il y a un grand besoin de formation dans ce secteur. La demande est là et notre contribution est d?y répondre.?

Harry Videlingum, Head of Finance & Administration chez Harel Mallac Training, confirme la tendance. ?Il y a un vrai engouement en ce moment. Avec le boom de la cybercité d?Ebène, les gens sont de plus en plus à la recherche de qualifications en technologies informatiques.? Cela, à tout niveau, même si ce responsable de Harel Mallac Training constate que chez lui, les cours plus techniques, c?est-à-dire assemblage et réparation d?ordinateurs ou encore les cours menant au Microsoft Certified Engineer ou Microsoft Certified Technician, ont plus la cote que d?autres. La licence en technologie informatique reste toutefois une valeur sûre.

?Ceux qui n?ont pas pu terminer leurs études veulent accéder à des cours qui leur permettront d?avoir un métier dans le domaine informatique. Indéniablement, la demande la plus forte du public se situe du côté technique?, avance Harry Vydelingum, dont la compagnie participe également à Infotech.

<B>?Les jeunes ont compris...?

En réalité, la demande est à tout niveau. ?Les jeunes ont compris qu?il existe de vraies opportunités. Il faut toutefois les guider vers des formations où ils pourront avoir un emploi immédiat. Ils doivent être guidés vers les filières à l?intérieur des nouvelles technologies qui sont les plus prometteuses?, pense Kemraz Mohee, directeur exécutif du National Computer Board (NCB), organisme d?état responsable de la promotion du secteur. Plus que jamais, le Business Process Outsourcing (BPO) est une valeur sûre, mais pas seulement. ?Nous verrons probablement un plus grand besoin pour des techniciens qualifiés en termes de sécurité informatique, de développement de logiciels, d?outils sur le web, de création de sites, de réseaux de nouvelle génération ou encore en ingénierie informatique et en programmation.?

Et le secteur offre beaucoup de perspectives. ?La rémunération y est très intéressante. Le salaire moyen est largement supérieur aux autres secteurs d?activités?, indique Jean Suzanne, grand patron d?Infinity et senior adviser au bureau du Premier ministre en matière de nouvelles technologies. Fin juillet, 7 800 personnes étaient actives dans le secteur des nouvelles technologies, centres d?appels compris. De janvier 2006 à mars 2007, le nombre de compagnies est passé de 107 à 185 et le nombre d?employés de 4 332 à 6 960. ?Dans trois ans, nous aurons atteint la barre des 20 000 sans problème?, pense Jean Suzanne.

<B>?Un gros secteur qui va se mettre en place?

?Etonnamment, il y a encore des gens qui demandent si ce secteur a de l?avenir?, rit-il. Outre les chiffres, le senior adviser au bureau du Premier ministre constate que de plus en plus d?institutions de formation étrangères sont à la recherche de partenaires locaux pour établir des collaborations à Maurice. ?C?est là un gros secteur qui va se mettre en place.? Jean Suzanne ajoute que des partenariats avec des écoles d?ingénieurs français se mettent en place.

La logique est simple. Plus le secteur informatique grandit, plus le besoin en compétences est fort. Et plus grand est le besoin, plus important est l?intérêt pour y travailler. Mais pour y bosser, il faut être qualifié. Et comme cette demande en formation s?accroît, l?intérêt des compagnies pour offrir des formations devient important.

Si les compagnies de BPO font leur part du travail et forment en masse pour des métiers de base tel celui de télé-opérateur ou contact clientèle, elles ne peuvent le faire pour des métiers plus pointus. Et c?est peut-être là que la situation deviendra plus critique.

<B>L?optimisme au rendez-vous</B>

Le sourire est sur les lèvres et les discussions tournent souvent autour de l?avenir prometteur du secteur des technologies de l?information et de la communication (Tic). ?On ne peut pas se plaindre, même s?il y a toujours room for improvement?, confie un des pionniers du domaine à des amis. Cela s?est ressenti lors du lancement du 14e Salon Infotech hier soir, au centre de conférences Swami Vivekananda, à Pailles.

Etienne Sinatambou, ministre de la Technologie informatique et des télécommunications, fait d?ailleurs état de son optimisme. Son secteur est en manque de main d??uvre et c?est plutôt positif. Lors de l?inauguration, il a lancé un appel aux opérateurs présents. Il leur demande de trouver un moyen pour ?convaincre ceux qui sont au collège et à l?université de se joindre au secteur?.

Parfois, le rêve n?est pas si fou. ?Je crois qu?un chiffre d?affaires de US$ 1 milliard (Rs 32 milliards) serait viser les étoiles, mais parfois l?on peut vraiment les atteindre?, pense Etienne Sinatambou.

Newrajlall Burton, président du NCB, à l?étranger pour des raisons familiales, a dans son discours retransmis par vidéo, souhaité que le secteur puisse atteindre ?au moins 6 % du produit intérieur brut dans les prochaines années?.

<B>Conférences réservées aux initiés</B>

Maurice a aujourd?hui le potentiel d?émerger en tant que plateforme régionale des Tic. Kemraz Mohee, directeur exécutif du NCB, y croit fermement. D?ailleurs le thème d?Infotech 2007, ?Technologies innova- trices pour une Afrique émergente?, n?a pas été choisi à la légère.

La dimension régionale de cette édition est à souligner. Avec des participants d?une dizaine de pays dont la Chine, l?Inde, le Soudan, la Namibie ou l?Afrique du Sud, Infotech commence à dépasser nos frontières.

Depuis ce matin et jusqu?à dimanche, le Salon est ouvert à tous. Si la partie conférences, qui a lieu aujourd?hui et demain, est réservée aux initiés, tel n?est pas le cas pour l?exposition elle-même. Une cinquantaine d?entreprises sont présentes pour séduire le public.

Certaines ont déployé les grands moyens, que ce soit côté charme ou côté matériel et technologie. Cette année, l?objectif du NCB, qui a décidé de tenir Infotech durant les vacances scolaires, est de dépasser largement la barre des 60 000 visiteurs.

Le jobspace s?adresse principalement aux jeunes qui souhaitent se faire de l?expérience dans les Tic. Plusieurs compagnies dont Infinity et Teleforma s?y trouvent pour recruter.

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