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Engagements difficiles à tenir
<B>Par Stéphane SAMINADEN</B>
C’est de bonne guerre. Dans un de ses premiers commentaires sur l’état de l’économie, le nouveau ministre des Finances et de l’Économie, Rama Sithanen, noircit le tableau.
Selon lui, la croissance économique sera à nouveau anémique à moins de 4 % cette année. Le Central Statistics Office (CSO) a pour sa part estimé que la croissance du produit intérieur brut (PIB) sera de 5,1 % cette année contre 4 % en 2004. Il est un fait toutefois que durant ces dernières années, les prévisions initiales du CSO ont été constamment révisées à la baisse au cours de l’exercice.
Par ailleurs, Rama Sithanen prévoit que le déficit budgétaire dépassera la barre de 6 % cette année. À ce rythme, il aura sans doute du mal à ramener le déficit à 3 % du PIB en trois ans comme annoncé précédemment.
Les analystes interrogés dans le cadre du premier baromètre post-électoral de PluriConseil-l’express estiment également que Rama Sithanen aura du mal à tenir son engagement à ce sujet. Ils estiment également qu’il aura du mal à ramener la dette publique à 50 % du PIB.
Il est vrai que pour respecter ces deux engagements, Rama Sithanen aura besoin de propulser l’économie à des taux de croissance supérieure. Il a estimé qu’une croissance autour de 7 % à 8 % sera nécessaire pour générer des revenus fiscaux suffisants pour réduire le déficit public et faire de sorte que l’État n’ait plus à emprunter pour le financer.
Néanmoins, jusqu’à présent, on a du mal à percevoir d’où viendra ce nouveau dynamisme économique susceptible de propulser la croissance. Exempter de l’impôt les salariés touchant jusqu’à Rs 25 000 par mois peut potentiellement accroître le pouvoir d’achat et doper la consommation.
Néanmoins, une telle mesure couplée au concept de faire de Maurice un paradis du shopping hors taxes grèvera davantage les revenus de l’État, même si plus de consommation peut accroître les revenus en termes de taxe sur la valeur ajoutée.
Le réel danger est toutefois une dégradation accrue de la balance commerciale qui devrait atteindre le niveau record de Rs 28 milliards cette année.
Du côté des recettes d’exportation, Rama Sithanen prévoit une nouvelle contraction du textile-habillement. Le nouveau ministre de l’Agro-industrie, Arvin Boolell, est actuellement à Bruxelles pour défendre l’industrie sucrière devant le Parlement européen.
Malgré toutes ses compétences, Arvin Boolell ne saura empêcher une baisse du prix du sucre qui équivaudra à une autre baisse des recettes d’exportation. Une éventuelle assistance budgétaire de la Commission européenne devra être réinvestie pour la restructuration de l’industrie sucrière en un cluster de la canne. L’effort financier sera gigantesque. On n’en est pas encore là.
On aura une première idée de l’orientation économique du nouveau ministre des Finances et de l’Économie à travers les mesures correctives qu’il annonce pour très bientôt afin de soutenir les piliers économiques du pays. Attendons voir.
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