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En attendant le programme
Le discours de Navin Ramgoolam, le leader du Parti travailliste, évolue. L?approche de l?échéance électorale aidant, il laisse désormais échapper de fréquents « quand je reviendrai au pouvoir, cela changera? ». Les rappels incessants à la période 1995-2000, pendant laquelle il a gouverné le pays, se font plus rares. Oubliée, également, l?apparente détente entre opposition et gouvernement qui semblait prévaloir mardi dernier à l?Assemblée.
Le leader rouge tient un discours de campagne. Il critique le gouvernement sur le point fort autoproclamé de ce dernier : sa gestion économique. Il démolit l?approche gouvernementale et promet du changement. « Le gouvernement est coupé de la réalité économique? il baigne dans un état de négation. Ce qui est très dangereux pour le pays ».
Un chapelet de reproches
Revenant sur sa Private Notice Question de mardi dernier sur la zone franche (ZF), Navin Ramgoolam égrène un chapelet de reproches contre Paul Bérenger et son adjoint : « Le pays connaît un ralentissement sans précédent dans la ZF? Maurice ne s?est pas du tout préparé pour faire face au démantèlement de l?accord multifibre au 31 décembre 2004? Les pertes d?emplois dans la ZF sont inquiétantes tandis que les job fairs censés faire retrouver le chemin de l?usine aux licenciés sont des échecs? Un Equity Fund de Rs 1 milliard reste inutilisé. » Ce sont autant d?arguments que Ramgoolam ajoute à son dossier à charge pour démontrer que le gouvernement ne fait pas son travail. « Ils invoquent toujours les attentats du 11 septembre 2001 pour justifier certaines difficultés économiques. Demain mo vine Premier ministre, pas pou ena 9-11 avec moi. »
Pravind Jugnauth veut asseoir l?image d?un ministre des Finances qui prône la démocratisation de l?économie. Le gouvernement communique allégrement sur ce thème. Cela agace Navin Ramgoolam. « C?est ene fausse démocratisation de l?économie qui zot pé faire. Vraie démocratisation, c?est quand nous pou revinne au pouvoir. »
À coup de « gouvernement pé mislead la population » et de « gouvernement incapable trouve banne solution », le leader rouge veut faire comprendre qu?il s?y prendra différemment. Mais reste très vague sur les orientations économiques qu?il choisira.
Pour le moment, il se cantonne à critiquer l?approche actuelle mais ne divulgue pas ses recettes pour donner un coup de fouet à la ZF ou faire reculer la perception de la corruption, si néfaste au climat des affaires.
« Nous avons des comités spéciaux qui travaillent à l?élaboration de notre programme économique. Ils vont bientôt boucler leurs travaux. » Mais l?ancien Premier ministre sombre vite dans une argumentation approximative pour justifier le manque d?explication sur les mesures concrètes et le programme économique qu?il compte proposer aux prochaines élections. « Durant la campagne électorale pour les élections de décembre 2000, nous avons été les premiers à publier notre manifeste électoral. Or des paragraphes entiers de notre manifeste ont été repris dans le programme de l?adversaire. » Allons donc !
Les électeurs, dont le gouvernement et l?opposition glorifient la maturité et le sens du discernement, n?arriveraient-ils pas à se souvenir du camp qui a proposé en premier, telle idée ou telle orientation ? En attendant qu?il sorte son programme électoral, il va falloir croire Ramgoolam sur parole quand il dira qu?il a les solutions aux problèmes concrets qui touchent la population.
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