Publicité
En 1985 Monique Dinan disait le pays
Réagissant à notre billet, paru sous le titre ?Du refus d?analyser?, Monique Dinan nous a fait parvenir un ouvrage intitulé The Mauritian Kaleidoscope dans lequel elle entreprend un travail de documentation sur la fabrique langagière et religieuse de l?île Maurice. Détentrice d?un diplôme en géographie de l?université Laval, au Québec, elle a aussi été rédactrice en chef de La Vie Catholique.
L?auteure confirme, dans son ouvrage paru en 1985, la nécessité d?une approche de recherche face à la question des religions à Maurice. A cet effet, elle fonda sa démarche à partir des recensements de 1952, 1962, 1972 et 1983. ?La somme des données collectées en 1983 et 1952 démontre qu?il existe une plus grande subdivision de notre société?, écrit Monique Dinan.
L?auteure relève également quelques traits caractéristiques de la société mauricienne. ?On note l?importance accordée aux liens que nous entretenons avec le pays d?origine. C?est un dualisme qui peut être ou positif ou négatif. Il devient négatif et est un élément de dysfonctionnement identitaire si un groupe de Mauriciens devait vouer une plus grande allégeance au pays de leurs ancêtres, à sa religion, sa langue et ses caractéristiques culturelles. Cela peut les empêcher de participer pleinement à la construction nationale?, fait ressortir Monique Dinan. En contrepartie, elle estime que l?attachement aux terres des ancêtres peut se révéler comme un élément d?ouverture.
Après s?être fait l?écho des statistiques, Monique Dinan arrive à un constat qui est toujours d?actualité. Son ouvrage, qui couvre une période de 40 ans, démontre, entre autres, que la société mauricienne est devenue plus complexe mais aussi plus morcelée en différents groupes. ?Les Mauriciens trouvent important de mettre l?accent sur leurs origines. On est en droit de se demander si autant d?énergie est dépensée par chacun d?entre nous pour fortifier le sentiment d?appartenance à la nation mauricienne?, prévient-elle.
Il est en effet des objectifs qui s?éloignent de nous à chaque fois qu?on a l?impression de s?en approcher. La foi dans une nation, qui n?est pas du déterminisme patriotique tel qu?on l?entend traditionnellement, traduit aussi la foi à se construire un avenir autre que celui que commandent le marché, le politique et les cléricaux qui ont souvent des ambitions bien intéressées.
Publicité
Publicité
Les plus récents