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Employeurs et syndicalistes ne peuvent trouver un terrain d?entente
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Employeurs et syndicalistes ne peuvent trouver un terrain d?entente
La réforme des lois du travail se fera à quel prix ? Dans le contexte actuel de changements attendus dans les lois du travail, la question s?impose.
Elle était au c?ur d?un forum-débat organisé hier soir à l?Alliance française par la Jeune Chambre Internationale (JCI) de Port-Louis. Il opposait Laval Wong, conseil juridique de la Mauritius Employers Federation à Radrakrishna Sadien, président de la Mauritius Trade Union Congress. La compensation salariale et le rôle du National Pay Council (NPC) ont été les deux points cruciaux abordés lors des discussions.
?On va créer une situation où le National Remuneration Bureau (NRB) et le Pay Research Bureau (PRB) n?auront plus de rôle. Le NPC viendra avec des lignes directrices et on laissera aux entreprises le soin de décider?, a affirmé Radakrishna Sadien. Il a ainsi exprimé ses appréhensions quant à l?institution du NPC et d?une nouvelle formule de tripartisme.
Compensation obligatoire
Cette formule propose que les employeurs, le gouvernement, et les fédérations syndicales soient représentés chacun par cinq représentants qui défendront leurs intérêts et qui tenteront de trouver le consensus.
Pour le syndicaliste Radakrishna Sadien, il est important de ne pas lier compensation salariale et productivité. C?est cependant le cas, dit-il, dans les projets de lois envisagés. ?Pour nous, il y a une différence entre la compensation salariale et l?augmentation salariale?, a-t-il ajouté. Dans son rôle de représentant du mouvement syndical, il a maintenu que la compensation salariale doit aider les travailleurs à absorber les hausses du coût de la vie et doit être fixée de manière uniforme et obligatoire, comme cela a été le cas jusqu?à ce jour avec le système des tripartites.
Flexibilité nécessaire
Si Laval Wong s?est dit d?accord que compensation et augmentation salariales sont deux choses différentes, il pense, quant à lui, que la compensation doit être liée à la productivité. Il a souligné qu?avec les nouvelles formules proposées, le rôle des syndicats en tant que revendicateurs sera renforcé. ?Les entreprises paieront les compensations selon leurs moyens. Ce sera alors aux syndicats de venir faire d?autres revendications et de demander aux entreprises de montrer qu?ils n?ont pas les moyens de payer plus. Si les entreprises ne le montrent pas, les syndicats diront : on va faire la grève?, a résumé Laval Wong. Il estime que le droit de grève est primordial dans la nouvelle équation de l?accord de compensation salariale proposée.
Entre le ?dialogue social? préconisé par Radrakrishna Sadien et la ?flexibilité? jugée nécessaire par Laval Wong, les intervenants de ce business forum n?ont pas cherché le consensus.
L?abolition de remuneration orders a aussi fait l?objet de débats. Entre crainte d?abus de la part des employeurs et besoin de structures moins rigides pour l?évolution de l?économie, la discussion reste ouverte.
ACTION SYNDICALE
?Pour avoir la justice sociale?
■ La Fédération des syndicats des services gouvernementaux (FSSG) veut que les discussions soient maintenues, comme c?est déjà le cas, à travers un comité tripartite national. Le comité exécutif de la fédération l?a soutenu lors d?une conférence de presse hier à Port-Louis. Toolsiraj Benydin, président de la fédération a affirmé que c?est ?la meilleure façon pour avoir la justice sociale?. L?organisation syndicale s?oppose toujours au fonctionnement du National Pay Council avec son mode représentatif de 15 membres, dont cinq du mouvement syndical. Une lettre du ministère du Travail demande à tous les mouvements syndicaux de soumettre les noms de leurs représentants au plus tard aujourd?hui, jeudi 19 avril. La FSSG n?a pas l?intention de proposer le nom de son représentant. Elle estime que le système de représentation préconisé est au désavantage des employés.
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