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Elle accuse son père d?attouchement pour un portable

23 septembre 2006, 00:00

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«To bizin donn sa deklarasion la. Mo ava donn twa enn portab.» Ces paroles seraient celles d?une mère à sa fille. Pour obtenir un téléphone cellulaire, cette dernière aurait fait de fausses allé- gations sur son père en l?accusant d?attentat à la pudeur. Trois ans après, la jeune fille de 14 ans est prise de remords. Lorsque l?affaire a été appelée en cour le 14 septembre, elle a donné la «vraie version» à la magistrate Ragobur.

Le père est incarcéré à la prison de Grande-Rivière-Nord-Ouest depuis maintenant trois ans. Il n?a jamais eu suffisamment d?argent pour payer sa caution.

A la suite de la déclaration de l?adolescente, l?avocat du parquet a demandé qu?une enquête soit ouverte. L?affaire a été renvoyée au 26 septembre prochain.

Une déposition avait été consignée à la Child Protection Unit le 12 novembre 2003 par la jeune fille, en présence de sa mère. Le récit qu?elle a donné aux officiers a été très convaincant. Elle avait, en effet, expliqué que ses parents étant séparés depuis 1994, elle passait les week-ends chez son père. «Mo res avek mo mama.

Me dan samdi, mo al kot mo papa ki res pre kot lakaz mo mama. Mo res laba parfoi enn de ou troi zour e parfoi enn semenn. Apre, mo retourn kot mo mama.

Mo papa obliz moi dormi avek li lor matla parski li res akot mo granmer.»

«Mo pa kapav dir komie minit sa dire»

L?adolescente devait aussi raconter que pendant la nuit, l?homme lui caressait le corps et les parties intimes. «A sak foi li dormi kot moi lor matla, li soulev mo triko ek mo sort e li kares moi. E a sak foi li fer sa avek mwa li tir so dendeng (sex) li met deor», a-t-elle relaté à l?officier. «Mo pa kapav dir komie minut sa dire kan mo papa kares moi?li fer vit vit atansion dimoun vinn dan salon.»

La présumée victime avait aussi dit alors se souvenir des vêtements que portait son père lorsque ce dernier dormait à côté d?elle. «Li touzour met so sort troikar. Parfoi li kouler rouz e parfoi li kouler gri.»

Un jour, avait-elle poursuivi, après avoir regardé la télévision en compagnie de son père, ce dernier lui aurait demandé de venir se coucher. Mais lorsqu?il aurait commencé à nouveau à la toucher, sa tante, qui vit sous le même toit, l?aurait surpris. «Mo matant finn ankoler e li finn bat mo papa kalot e li finn fer moi dormi a kote li lor lili.»

La tante n?a toutefois pas donné cette version. Dans une déposition le 21 avril 2004, elle a démenti les accusations portées par sa nièce contre son frère. Elle maintient que d?habitude, cette dernière dort à côté de ses deux cousines lorsqu?elle vient chez eux.

Aucune blessure décelée

De son côté, l?adolescente avait maintenu ses allégations. Lors d?une reconstitution des faits le 17 novembre 2003, elle avait indiqué à l?inspecteur Jugmohun du poste de police d?Abercrombie, en présence du photographe et du dessinateur de la police, l?endroit exact où son père et elle-même avaient l?habitude de dormir.

Elle a été examinée, le même jour, par le Dr Chamman, médecin de la police. Ce dernier n?a, dans son rapport, fait état d?aucune blessure décelée sur l?adolescente.

La mère de l?adolescente, qui a consigné une déposition le 3 juin 2004, a affirmé, pour sa part, qu?en septembre et octobre 2003, son ex-concubin se disputait avec elle afin que leur fille vienne habiter chez lui. «Plizier foi li ti pe vinn kot moi e li lager avek moi pou li pran nou tifi pou al res akot li.»

Le père a nié catégoriquement les accusations portées contre lui par sa fille. «Tou sa la manti. Mo pa finn fer sa. Mo pa kone pou ki rezon mo tifi finn fer deklarasion kont moi», a-t-il affirmé dans sa déposition le 18 novembre 2003.

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