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Effervescence chez les dissidents
Les dissidents du MSM ont trouvé leur bonheur. Ils concoctent très sérieusement leur nouveau parti politique. Après Anil Bachoo, Mukeshwur Choonee et de nouveaux démissionnaires, d?autres pourraient rejoindre les rangs de ce parti. Les uns attendront de quitter? le MSM, les autres leurs fonctions dans des agences gouvernementales ou ailleurs.
Pour l?heure, la plupart de ceux dont le nom a été cité avec insistance a fini par rejoindre le camp Bachoo. C?est le cas du Dr Jyaneshwur Jhurry, du MSM. Emmanuel Leung Shing aurait été l?un des membres qui étaient sur le point de claquer la porte de son parti et du gouvernement. Mais l?intéressé nie toute rumeur d?intelligence avec le nouvel ennemi du MSM. « Tonbe leve, mo res fidel a Sir Anerood Jugnauth. Je reste un membre du parti et, jusqu?à preuve du contraire, je pense aussi être un candidat MSM aux élections générales », affirme-t-il.
D?autres auraient été approchés pour rejoindre le parti de Bachoo, notamment le député Gérard Paya et le ministre Auroomooga Putten. Mais Gérard Paya dit ne pas vouloir quitter le MSM. « J?ai été effectivement approché par les dissidents. Mais je pense que je serai candidat MSM car je me suis beaucoup donné dans la circonscription Curepipe/Midlands et je ne vois pas pour quelle raison le parti ne me donnerait pas l?investiture. Attendons voir? » Quant à Putten, il reste avare de commentaires.
L?exode touche aussi les conseillers des anciens ministres, présidents de corps para-étatiques et conseillers affectés aux ambassades. Tejnarain Chumroo, président de la Corporation Nationale de Transport a soumis sa démission jeudi. Il était un proche du MSM. Il était suivi, le même jour, par Dinesh Ramjuttun, conseiller du gouvernement aux Nations unies. Noel Lee Chong Lem, l?ancien conseiller de Bachoo, a choisi de quitter son poste au départ de son ministre.
Des anciens du MSM pourraient refaire surface. On évoque ainsi le retour de Vishnu Lutchmeenaraidoo. Mahen Utchanah, ex-ministre et colistier de Sir Anerood au n° 7, serait aussi en train de « donner un coup de main sur le terrain », indique un proche de Bachoo. « Les gens sont nostalgiques de la grande époque du MSM avec des personnalités comme Lutchmeenaraidoo, Bapoo, Parsuramen et les autres. On veut retrouver le même genre d?équipe qu?Anerood Jugnauth a dirigée », commente Dinesh Ramjuttun.
S?il a tourné le dos au MSM, le mouvement de Bachoo a gardé contact avec Anerood Jugnauth. Ils rêvent même de l?avoir? pour leader ! C?est le long passé partagé avec certains qui explique que ces liens soient entretenus. « Sir Anerood ne nous prodigue pas de conseils. Il nous écoute, finalement c?est tout ce que nous demandons », confie l?un d?eux.
Selon certains, Sir Anerood a adopté une neutralité totale dans cette affaire. N?a-t-il pas déclaré à l?express dimanche : « Prezidan pa fer komanter. Mo bien dezole »? Mais le père de Pravind Jugnauth ne serait pas non plus en train de coacher le leader du MSM sur l?attitude à adopter face à la crise. Chez les proches de Bachoo, on soutient que Sir Anerood ne conseille pas Pravind depuis le milieu de l?an dernier.
La détente entre sir Anerood et Navin Ramgoolam avait été amorcée. Les espoirs d?une alliance MSM-PTr avaient même commencé à naître. Mais Pravind avait coupé court à ce mouvement. Il a bien fait comprendre à tout le monde qu?il ne comptait pas lâcher Bérenger. SAJ aurait decidé, depuis, de laisser Pravind mener sa barque.
Sous quelle couleur se présenter ? Le choix est fait, ce sera le blanc. Où situer son Q.G. ? Temporairement, c?est Stratton Court, à Port-Louis. Il ne reste donc qu?à le lancer officiellement et à l?enregistrer avant d?officialiser l?alliance avec le PTr. Mais Anil Bachoo a un peu la tête ailleurs en ce moment, son père étant souffrant. Le parti sera lancé officiellement dès son rétablissement. Une question de jours.
Avec le lancement vient la question du positionnement. Anil Bachoo récuse toute assimilation du parti à un mouvement fondamentaliste ou rural. « On ne peut diriger ce pays sans le soutien et la coopération de toutes les composantes de la population », déclare un membre en vue de l?équipe Bachoo. L?ex-ministre MSM explique, lui, vouloir « toucher toutes les circonscriptions ».
Les plus optimistes dans le camp Bachoo pensent pouvoir négocier jusqu?à 7 tickets aux rouges. Mais les pragmatiques estiment que le nouveau parti pourrait obtenir environ 4 à 5 tickets aux élections générales. Cela reste sans doute un peu prétentieux?
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