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Edith, 106 ans
Confortablement installée sur un sofa, dans sa maison, à Mont-Fertile, entre ses trois enfants restés célibataires, Georges, Georgette et Arlette André, Edith André, née Soka le 23 septembre 1898, à Port-Louis, arrive à peine à comprendre ce qui se passe autour d?elle.
Il faut dire qu?elle fêtait,ce jour-là, son... 106e anniversaire. Eh oui ! Des cadeaux pleuvaient de partout. Pour marquer cet événement, le Premier ministre Paul Bérenger avait tenu à être présent.
?Je ne regrette pas d?avoir sacrifié ma vie pour rester au chevet de ma mère? confie son fils André, âgé de 75 ans, en posant affectueusement sa main derrière la tête de sa mère, comme pour la rassurer par sa présence.
Edith, qui a connu trois siècles, n?a pas eu la chance de partager, comme dans beaucoup d?autres foyers, la joie d?être à côté d?une s?ur jumelle, morte à la naissance.
Malgré ses bonnes dispositions et son dévouement pour sa tendre moitié, Henri, le maçon, qui l?épousa le 18 mai 1929, et ses huit enfants, la centenaire ne manquait jamais de raconter à ses proches, le mauvais souvenir qui la poursuivait encore jusqu?à tout récemment. Edith n?avait que sept ans et habitait Tranquebar. Elle marchait dans une rue inondée, après une grosse pluie, en compagnie de son père Richeville, qui était planton à la Municipalité de Port-Louis. Elle tomba soudain dans un canal en bordure du chemin. ?Li racont nou kouma so papa fin tir li par so seve pou sauv li?, se souvient encore son fils Georges.
Autre mauvais souvenir qui a marqué la vie de la centenaire. C?était lorsqu?elle fut victime, d?un grave accident de la route à Mont-Fertile à l?âge de soixante-six ans. C?était un dimanche. Elle allait à la messe lorsqu?elle fut heurtée par une voiture qui passa derrière une charrette. Résultat : de multiples blessures au pied et au bras gauche qui nécessitaient plusieurs interventions chirurgicales. Des interventions qui l?ont contrainte de se déplacer dans un fauteuil roulant pendant un bon bout de temps. ?Ti ban momans bien difficil dan so la vie?, témoigne Georgette.
Événements malheureux
Malgré ces événements malheureux, la vieille dame ne ratait pas une seule occasion de distraire son entourage à chaque qu?elle était invitée dans une fête. ?Li ti kontan tap so ti zaffair, met lambians pou amize son lentouraz et manz so cari poisson, so plat prefere?, explique sa fille Arlette.
Ne jouissant plus d?une bonne santé et souffrant de problèmes de vue, la plus que centenaire n?a plus la même capacité physique et morale pour raconter des histoires à ses huit petits enfants et six arrière-petits-enfants. Mais la dernière soirée de la centenaire en compagnie de ses proches à l?hôtel de Ville, à l?occasion d?un mariage dans les années 1960 resterainoubliable. ?Nou ti bien amisé?, se souvient son fils, George.
Corinne Moutien, âgée de 27 ans, un des petits enfants d?Edith n?a pas beaucoup de souvenirs de la centenaire. ?Pensez-vous, il existe trois générations entre nous. Je suis fière, tout de même, de pouvoir être ici pour son cent sixième anniversaire?, dit-elle, toute souriante.
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