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Dépolitiser l?économie

5 juillet 2006, 00:00

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Le cycle recommence. Il y a d?un côté le gouvernement qui continue à louvoyer pour justifier les augmentations de prix et de l?autre, l?opposition qui profite de la situation pour créer de l?agitation sociale. Avant, c?était l?alliance MSM-MMM qui faisait les frais de la démagogie. Aujourd?hui, c?est au tour des travaillistes de subir les assauts déloyaux. Il est temps que les leaders politiques nous aident à sortir de cet engrenage infernal.

Les politiciens doivent arrêter d?infantiliser les consommateurs. Il faut plutôt les conscientiser à la vérité des prix. Tous auraient alors compris que ce ne sont pas les gouvernements qui décrètent les augmentations. C?est le marché qui les induit. Les fluctuations des prix à l?origine, les taux de change et le coût du fret provoquent les hausses, pas la volonté des dirigeants politiques.

Hier, à la suite d?une question précise du leader de l?opposition, Nando Bodha, sur l?avalanche des augmentations des prix, le ministre du Commerce, Rajesh Jeetah, s?est lancé dans une diatribe enflammée contre le précédent gouvernement. Les prix augmentent, affirme-t-il, parce que l?économie se trouvait en juillet 2005 dans un état ?pire que celui que nous attendions?. Sur la demi-heure qui lui était allouée pour sa réponse, il a passé 25 minutes à parler de la dette publique, du déficit commercial, de déficit budgétaire, des comptes de Business Parks of Mauritius Ltd. etc. Il a donné une tonalité politicienne à l?affaire alors qu?il avait une occasion de parler des facteurs exogènes affectant les prix. Rajesh Jeetah est-il trop naïf pour comprendre l?intérêt qu?il avait à dépolitiser cette question ?

A démagogue, démagogue et demi. Paul Bérenger et Nando Bodha ont vite fait de riposter sur le plan politique. Ils ont même copié la posture adoptée par les travaillistes quand ceux-ci étaient dans l?opposition en accusant le pouvoir d?être insensible aux conditions de vie des pauvres. Avec de tels comportements, jamais le citoyen ne comprendra que les prix ne sont pas le fait du gouvernement dans une économie de marché.

Certains dirigeants syndicaux arguent que la question des subsides sur le riz et la farine relève bien d?une décision politique. Quelqu?un devrait leur expliquer les conséquences d?une politique de subventions de l?Etat. Elles créent un fardeau insupportable à long terme pour les économies. C?est une politique qui n?est pas durable. Aucun prix ne peut être maintenu à un niveau artificiel pendant longtemps.

Plutôt que de chercher des échappatoires politiques, le gouvernement devrait expliquer au citoyen que l?Etat ne peut déformer des réalités économiques par son interventionnisme. Rajesh Jeetah devrait faire amende honorable et reconnaître qu?il a eu tort, au début de son mandat, de croire que les prix pouvaient être administrés. Sans forcément revenir sur le cafouillage autour du lait en poudre, il peut sensibiliser la population aux effets pervers du contrôle des prix.

Il faut éviter de brouiller le jugement du citoyen avec des discours émotionnels. Parmi les politiciens qui excellent dans ce registre se trouve un nouvel arrivant qui aime forcer la dose. Parlant de la hausse du coût de la vie, il disait récemment : ?Le gouvernement se rend-il compte qu?il existe des familles qui se rendent toujours à la rivière pour la lessive et qui se servent du bois pour préparer leur repas ?? Ces propos, rapportés dans ?l?express? du vendredi 5 décembre 2003, sont de Rajesh Jeetah.

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