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Démissions
<B>Par Akilesh ROOPUN</B>
Une démission qui en cache d’autres. Le départ annoncé de Rama Sithanen envoie résolument un mauvais signal au monde des affaires, aux institutions financières internationales ainsi qu’aux partenaires étrangers auprès desquels nous recherchons de l’aide pour moderniser notre économie. Moins d’une année après le déclenchement des grandes manœuvres de réformes structurelles, la machine commence à prendre de l’eau.
D’abord, le départ du vice-Premier ministre et ministre des Finances se prête à une interprétation inéluctable : les remèdes aux grands maux de l’économie, qu’il préconise, ne bénéficient pas du soutien nécessaire de ses collègues. Son départ serait la conséquence d’une autre démission, soit celle du gouvernement dans son ensemble face à ses engagements de réforme.
Deuxièmement, en engageant le bras de fer avec son ministre des Finances sur la nomination de Rundheersing Bheenick à la Banque centrale, le Premier ministre, Navin Ramgoolam, donne l’impression que son équipe démissionne devant ses responsabilités de bonne gouvernance dans les institutions vitales du pays.
Troisièmement, l’absence prolongée de Navin Ramgoolam en ces moments de crise gouvernementale témoigne d’une démission de leadership de sa part.
Il faut une sortie de crise. Le chef du gouvernement n’est pas sérieux en laissant durer l’angoisse. On ne gère pas la situation au téléphone à partir de son hôtel de Londres ou de Cannes lorsque son vice-Premier ministre démissionne.
L’establishment du secteur privé a été le premier a exprimé ses inquiétudes concernant le départ de Rama Sithanen. A ses yeux, celui-ci est l’homme de la situation. Le plan de réforme est remis en question si son principal architecte quitte la barque. Le Joint Economic Council évoque l’énergie que celui-ci investit personnellement dans sa mission.
Les institutions internationales qui nous suivent de près partageraient ces préoccupations. Elles ont besoin d’interfaces et d’interlocuteurs qui inspirent confiance et qui ont la capacité de maintenir le cap des réformes face aux pressions politiques et populaires. Si les syndicats ont acclamé la démission de Rama Sithanen, les principaux partis politiques ont été plutôt prudents. Ils ont certes critiqué la manière utilisée par le ministre démissionnaire pour claquer la porte, mais se sont gardés de commenter les conséquences de son acte sur le plan économique.
Reste que Rama Sithanen est allé trop loin pour reculer. Si jamais il décide de rester, il faudra qu’il explique à la population les garanties (fermes) qu’il a obtenu auprès du chef du gouvernement pour revenir sur sa décision. Le public a besoin de savoir si les conditions sont réunies pour que la machinerie gouvernementale puisse repartir sereinement.
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