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Déficit budgétaire : le cancer des finances publiques
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Déficit budgétaire : le cancer des finances publiques
Un déséquilibre qui ronge les caisses de l?État. Celui-ci est en situation de déficit fiscal lorsqu?il enregistre un excès de dépenses par rapport à ses recettes dans une année donnée. Mais un déficit chronique est source de sérieuses difficultés économiques.
Le déséquilibre fiscal est l?indicateur par excellence de la santé des finances publiques. Les trous budgétaires sont généralement la conséquence des balances négatives qui se sont accumulées dans le passé. Ils témoignent d?une difficulté de l?État à générer suffisamment de revenus pour payer ses dépenses et pour honorer le paiement de ses dettes.
Lorsque les rentrées d?argent ne suffisent pas pour absorber la croissance dans les dépenses, l?État est obligé d?emprunter pour balancer son budget. Mais l?incursion sur le marché de la dette n?est pas sans conséquences tant du point de vue de la fiscalité que celui des secteurs productifs.
Deux postulats s?opposent quant aux répercussions d?un déficit budgétaire sur l?économie. L?approche keynésienne postule que les déficits aident à stimuler la croissance et la création d?emplois dans une économie en récession. Face au manque d?initiatives et d?investissements privés, l?État essaye de ranimer l?activité à partir des grands travaux publics.
Les libéraux, par contre, mettent surtout en exergue les effets néfastes de l?accroissement de la dette. Le service de la dette fait élargir les trous, surtout dans une conjoncture où les revenus peinent à suivre le rythme des dépenses.
Mais les séquelles vont au-delà de la comptabilité du gouvernement. Celui-ci est souvent contraint d?émettre des instruments de dette à des taux de rendement attrayants pour attirer les investisseurs. Cette dynamique peut déclencher une hausse généralisée du loyer de l?argent sur l?ensemble du marché des capitaux. L?investissement risque d?en souffrir.
À Maurice, l?accent est mis sur la rigueur fiscale. Le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Rama Sithanen, ne cesse de mettre en garde contre le piège de l?endettement.
Selon les dernières estimations, l?État terminera l?année financière 2005-06 avec un déficit public de 6 % du produit intérieur brut (PIB), si l?on tient compte des résultats des organismes parapublics. Le budget a accusé un déficit de 5,8 % du PIB en moyenne par an entre 2001 et 2005.
Le tableau est peu flatteur. Les normes internationales préconisent un écart de 3 % du PIB comme un seuil acceptable pour garantir la stabilité dans les trésoreries de l?État et par rapport à d?autres grands indicateurs macroéconomiques.
Le grand argentier entend renverser la vapeur en appliquant une politique de discipline dans les dépenses : imiter dans la croissance dans les décaissements et combattre les diverses formes de mauvaise utilisation de fonds publics.
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