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Décorateur de vitrines, un métier fait pour attirer l??il

5 décembre 2006, 20:00

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Un papillon rose fuchsia accroché à un sapin blanc. C?est la dernière touche de Martine Lelong à la vitrine de cette boutique spécialisée en pull-overs et accessoires. A côté, une écharpe de la même couleur est négligemment posée sur un mannequin. ?Bien entendu, il faut agencer une vitrine par rapport aux produits. On doit en respecter l?identité.? Habiller l?espace. Créer une ambiance. Bref, faire du beau et du bien pensé. Voilà l?essence même de son métier. Martine Lelong est décoratrice étalagiste depuis dix ans. ?A ma connaissance, je suis la seule à faire ce métier professionnellement et à plein temps. Les autres le font en parallèle avec un autre job.?

A l?approche de Noël, Martine virevolte parmi les guirlandes, jabots, étoiles, pendentifs et les incontournables boules à paillettes. Ce tourbillon l?entraîne dans une centaine de magasins. ?En cette période, ma vie est un véritable cyclone. J?ai 35 vitrines à faire et 70 vitrines où j?interviens au niveau du service-conseil puisque je suis aussi consultante.? Elle officie principalement pour les boutiques du Caudan Waterfront, du Sunset et de Médine Mews.

Cette spécialiste se remémore sa première vitrine achevée au bout d?une longue journée. Aujourd?hui, rompue à toutes les subtilités de la présentation du produit, à la maîtrise de la composition, des harmonies et des styles, elle boucle une vitrine en trois heures. ?Il m?arrive cependant de tout casser et de recommencer quand je ne suis pas satisfaite. Je tiens à ce que mon travail reste du domaine de la passion, de l?art et non un vulgaire business.?

<B>?Un petit côté décalé, voire insolite?

Cette passion a débuté toute petite déjà. Au grand désespoir de sa mère, Martine ne se contentant pas de changer la décoration de sa chambre chaque semaine, s?attaque à celle de toute la maison. Aussi, ses études secondaires terminées, elle suit des cours par correspondance n?ayant trouvé aucune école à Maurice préparant à ce métier. ?C?est pour cela que je prévois, dans quelques années, d?ouvrir une école ou de travailler en collaboration avec l?Industrial and Vocational Training Board.? Ne s?arrêtant pas à la théorie, elle parfait ses acquis en allant faire plusieurs stages en Europe.

Comme pour beaucoup de métiers, il faut avant tout être motivé pour obtenir une grande réussite. Même si cette décoratrice étalagiste possède les aptitudes requises, tels l?imagination, la créativité et un sens de l?esthétique très développé, les débuts n?ont pas été fulgurants. ?Ce n?est pas un métier facile car il faut souvent commencer par convaincre de son importance. Il y a dix ans, les gens se montraient même agressifs quand on leur proposait d?investir dans une vitrine. Les commerçants ne réalisent pas que c?est du merchandising visuel. La vitrine, c?est le départ de la vente. Car indéniablement, l?article en vitrine recueille le plus de suffrages. Aujourd?hui la mentalité a changé de 70 %.?

Et puis, il y a les rencontres. Ceux qui, dit-elle, ont la motivation, comme Philippe d?Arifat, manager du Caudan et la famille Ramen d??Une Histoire d?Amour?. Martine Lelong a d?ailleurs remporté des concours de meilleures vitrines lorsqu?elle s?est attelée à celles d??Une histoire d?Amour?.

Pas de place pour la monotonie. Tout l?intérêt de ce métier réside dans sa richesse et sa diversité. Pour chaque boutique, le travail est différent. ?Si la vitrine est compliquée, je sollicite de l?aide. J?ai même une équipe d?hommes si le travail demande quelques escalades.? Mais les premières personnes dont elle sollicite la collaboration sont les vendeuses. Car qui mieux qu?elles connaissent les produits sur le bout des doigts. ?Il est primordial que la personne qui s?occupe de la boutique soit en osmose avec moi. Certes, quelquefois j?apporte un côté décalé, voire insolite. Il n?y a pas de limite en décoration du moment qu?on reste dans le beau et qu?on ait le sens de la mise en scène.?

<B>Exit le rouge, le vert ou le doré</B>

Jetés aux oubliettes le traditionnel sapin vert et les boules de Noël de couleur classique. Cette année, la tendance se veut sapin blanc ou complètement givré, des décorations en forme de papillons et des guirlandes dotées de petites ampoules ovales. ?Exit le vert, le rouge, le doré et l?argent. Sous mon impulsion, les clients ont osé les couleurs plus chaudes comme l?orange, le rose ou le fuchsia.? Cette décoratrice de 36 ans ne désespère pas de voir les vitrines mauriciennes rivaliser avec celles des boutiques d?Europe.

Certaines seraient sur la bonne voie. ?Surtout qu?en matière d?accessoires de décoration, nous trouvons de tout à Maurice. A mes débuts, j?étais obligée de les confectionner moi-même. Il ne faut pas oublier que nous recevons beaucoup de visiteurs étrangers à Noël et ils souhaitent retrouver la même atmosphère que dans leur pays à travers de magnifiques vitrines.?

La période de Noël passée, Martine Lelong préconise que les boutiques conjuguent leurs vitrines à toutes les fêtes, Eid, Divali, St.-Valentin, Halloween, entre autres.

CRÉATION

<B>Les si jolies boutiques d?une vendeuse passionnée</B>

■ Quand une vendeuse talentueuse s?improvise décoratrice étalagiste, les vitrines de Poncini se parent de mille feux. Avec un déluge de couleurs, rouge et or pour les boules pailletées, vert, blanc et jaune pour le tulle et le voile, Monique Rosalie dynamise l?espace. Sobre et de bon goût. ?Trop de décoration étouffe et tue le produit, surtout qu?ici il est haut de gamme. J?ai drapé cet «organza» parsemé d?étoiles ton sur ton pour donner cet aspect froissé chic, je rajoute quelques pommes de pin peintes de couleur argentée et le tour est joué.? 15 ans que Monique ressent la même excitation et le même emballement à décorer les vitrines à l?approche de Noël. Trois semaines lui ont été nécessaires pour la quinzaine de vitrines que compte le magasin. Bien évidemment, elle s?est fait aider par Liseby, Marie-Anne ou Danny tandis que d?autres vendeuses se sont montrées quelque peu réfractaires à la décoration. ?Nous achetons quelques guirlandes ou autres objets. Mais nous en fabriquons aussi pas mal. Il suffit de prendre le papier d?emballage de certains produits en cristal, d?en faire une pochette qu?on noue d?un joli ruban. Et voilà le résultat.? Regorgeant d?idées et créatrice dans l?âme, cette mère de famille de 58 ans a bien songé à se spécialiser dans ce domaine mais n?a, hélas, trouvé aucune formation. ?C?est inné chez moi. Je suis entrée dans le bain très tôt. Et chaque année je m?y attelle avec le même enthousiasme. Une vitrine doit être retouchée en permanence. Elle doit être vivante. Ce n?est pas un tableau.? Joignant le geste à la parole, Monique Rosalie redresse un pendentif rouge en forme d?étoile et ajuste le tulle pour mieux mettre en valeur des verreries de cristal baignées de lumière.

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