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<B>Par Akilesh ROOPUN</B>
Le rythme de création d?emplois n?est pas impressionnant mais le chômage recule. Les derniers chiffres du Bureau central des statistiques indiquent que le chômage est passé de 9,8 % à 9 % entre le deuxième trimestre 2006 et la période correspondante en 2007. 8 700 emplois ont été créés durant cette période. Le gouvernement veut retourner le pays au plein emploi dans trois à quatre ans. On compte quelque 49 500 chômeurs et à ce rythme de création de nouveaux jobs (et compte tenu de nouveaux entrants sur le marché du travail chaque année), l?objectif n?est pas réalisable.
Pour résorber la totalité des chômeurs, il faudra créer environ 60 000 postes dans trois ans. Des économistes pensent que générer 40 000 jobs (un taux de chômage de 6 %) serait une performance très honorable dans la mesure où le plein emploi est atteint avec un taux de chômage de 3 %. En sus du tourisme, il faudrait compter sur les nouveaux pôles de croissance tels le ?business process outsourcing? (BPO), les services financiers, le ?seafood? et l?immobilier pour créer de nouveaux jobs. Le pari est donc jouable, moyennant que ces activités maintiennent leur cadence.
Le marché du travail reflète une économie en pleine mutation structurelle. Les services financiers, l?hôtellerie et le BPO recrutent de manière agressive. La construction active également des bras. La création d?emplois dans le textile est moins perceptible même s?il y a une reprise, tandis que l?industrie sucrière est à la veille d?une nouvelle vague de départs.
Tous les chercheurs d?emploi ne profitent pas de la reprise économique de la même manière. La transformation dans la structure même de l?économie risque de faire perdurer certains déséquilibres dans un contexte de croissance économique. Une activité en expansion génère certes de nouveaux postes, mais ceux-ci ne sont pas distribués proportionnellement parmi la masse de chômeurs.
Les jeunes qui quittent l?université aujourd?hui ont bien moins de difficulté à trouver un emploi. Dans certains cas, ils profitent même d?une situation de rareté de main-d??uvre pour obtenir des salaires élevés pour un premier job. Les exemples abondent dans le BPO et dans les services financiers où les entreprises sont obligées de puiser dans un pool restreint de personnel qualifié.
D?un côté, il y a la surenchère salariale, et de l?autre côté, il y a un phénomène de chômage de longue durée qui touche ceux qui n?ont pas un niveau d?instruction et de formation adéquat. Le problème persiste en particulier dans les quartiers défavorisés.
L??Empowerment Programme? (EP) a mis en place un système pour toucher les gens qui sont restés en marge du développement et les amener vers le monde du travail. La construction, l?hôtellerie et la distribution offrent de réelles opportunités à de nombreux jeunes issus des quartiers pauvres afin d?intégrer le marché du travail. L?EP permet à ces personnes de bénéficier d?une formation afin d?améliorer leurs chances de trouver un emploi durable.
La croissance économique ne peut résoudre à elle seule le problème du chômage. Il faut des interventions, voire des politiques de discrimination positive, en faveur de ceux se trouvant au bas de l?échelle pour combattre la pauvreté et améliorer le pouvoir d?achat de la population dans son ensemble.
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