Publicité

Début de décrue et incendies à La Nouvelle-Orléans

7 septembre 2005, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

D?épaisses colonnes de fumée sont visibles en plusieurs points de la ville, dont le maire a exhorté les habitants qui n?ont pas obtempéré à l?ordre d?évacuation de quitter les lieux au plus vite. ?C?est une question de santé. Il y a des toxines dans l?eau, il y a des fuites de gaz qui pourraient provoquer des explosions. Nous combattons au moins quatre incendies en ce moment-même et nous n?avons pas d?eau courante. Ce n?est pas sûr?, a martelé Ray Nagin.

Les nappes d?essence qui flottent à la surface des eaux risquent en outre de s?embraser en raison des incendies. ?Si les deux s?unissent, que Dieu nous bénisse !?, a insisté le maire.

Largement mis en cause pour leur discrétion des premiers jours, les secours ont à présent atteint leur plein rendement et, outre le drainage des eaux du lac Pontchartrain, le corps des ingénieurs de l?armée américaine est parvenu à colmater l?une des digues qui a cédé le 29 août après le passage de Katrina, submergeant la ville.Le niveau de l?eau aurait baissé de 30 cm par endroits, mais l?assèchement, qui mettra sans doute au jour des centaines de cadavres, pourrait prendre plus de deux mois. Jusqu?ici, très peu de corps ont été découverts.

<B>Recherches des rescapés</B>

Les autorités de Louisiane n?ont officiellement recensé que 71 morts, mais préparent déjà l?opinion à un bilan de plusieurs milliers de tués. Dans le Mississippi voisin, on dénombre pour l?heure 171 décès, mais la modestie de ce chiffre ne trompe personne. Ray Nagin a estimé que le chiffre de 10 000 morts ?n?était pas déraisonnable?.Plusieurs dizaines de bateaux et d?hélicoptères participent encore aux recherches des rescapés toujours pris au piège des eaux, alors que d?autres en répandent avec application sur les foyers d?incendie, qui privent les secours d?une part de leur ressources.

Dans les zones épargnées par la crue, des sauveteurs offrent des rations alimentaires aux habitants les plus récalcitrants pour les convaincre d?évacuer les lieux. ?Ces gens se sont efforcés de rester là, mais le temps et le manque de nourriture les ont usés. Alors on utilise la nourriture pour les attirer?, explique Brady Devereau, un pompier texan.

Le vieux quartier français, épargné par les eaux, est aujourd?hui quadrillé par les hommes de la 82e division aéroportée. Des chérifs texans à cheval font en outre admirer leurs célèbres chapeaux larges bords à tous les coins de rue, dans une démonstration de force à l?intention des pillards qui ont semé le chaos dans les premiers jours de la catastrophe. Le contraste est saisissant avec les quartiers situés à plus basse altitude dont plus d?un million d?habitants ont été contraints à un départ qui pourrait bien être définitif. Largement mis en cause pour la lenteur des secours, George Bush a promis de prendre la tête d?une mission d?enquête sur le sujet, mais s?est refusé à la mener dans l?immédiat.

<B>Sauver des vies</B>

?Il y aura amplement le temps nécessaire pour qu?on se rende compte de ce qui a bien marché et de ce qui n?a pas fonctionné. Ce qui m?intéresse c?est sauver des vies?, a tranché le président. Le New York Times défend mardi la thèse selon laquelle son administration chercherait à faire porter la responsabilité des divers dysfonctionnements aux autorités locales, ce que le directeur de la communication de la Maison blanche, Dan Bartlett, a fermement démenti.

Selon le sénateur républicain Trent Lott (Mississippi), qui a perdu sa résidence côtière dans l?ouragan, Michael Brown, directeur de l?agence fédérale chargée des situations d?urgences (Federal Emergency Management Agency), serait sur la sellette.

Sur le versant budgétaire de la crise, Harry Reid, chef de file du groupe démocrate au Sénat a fait savoir au sortir d?une réunion avec Josh Bolten, directeur du budget à la Maison Blanche, que le gouvernement préparait une nouvelle enveloppe de 40 à 50 milliards de dollars, en plus de 10,5 milliards débloqués vendredi.

Publicité