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Duval mendie pour sauver l?unité du PMSD
L?O.P.A. de Gaëtan Duval sur la présidence peu glorieuse de la commission administrative nommée et non élue du Port-Louis commence peu après les meetings bleus du 1er Mai 1981. Les lecteurs de ces réminiscences savent que, pour sa première célébration de la fête du Travail, la basse-cour bleue fait preuve d?une inquiétante division : Eliézer François, leader adjoint, et Paul Chong Leung, Attorney General nommé, tiennent un meeting, ?à l?américaine?, à la gare Victoria, au grand dam des chauffeurs de taxi, privés de leur base d?opération et de leur gagne-pain, Gaëtan Duval, leader, et Nicol François, ministre de Rodrigues, discourent, dans cette île, pour tenter de barrer la route à l?OPR de Serge Clair et dénoncer le sermon qu?ils jugent ?communiste? du Père Philippe Tam In.
Peu après, le chef des Bleus confie à la presse mauricienne qu?il mendiera la présidence de la commission portlouisienne afin de sauver l?unité du PMSD et faire sa rentrée politique. Il veut se battre pour assurer la victoire de l?alliance PTr-PMSD aux prochaines législatives. Par définition, un mendiant n?est pas à la fête. Gaëtan Duval confirme que sa quête présidentielle représente de lourds sacrifices personnels et professionnels. ?Mon travail en souffrira?, se plaint-il. Il anticipe la visite de nombreux quémandeurs quotidiens. Il sait pouvoir compter, toutefois, sur ses nombreux pays amis. La solution à la crise n?est pas politique mais économique, assure-t-il. Pour gagner les législatives, il suffit de redonner espoir au populo. Une allocation-chômage suffirait. Peut-être aussi un gel des tarifs du CEB ou une compensation salariale adéquate. Il faut surtout débloquer des fonds additionnels pour les commissions administratives nommées.
Pour justifier l?aumône de la présidence portlouisienne, Gaëtan Duval remonte aussi loin qu?à l?accord de 1969, préalable au gouvernement de coalition PTr-PMSD de 1970-73. Il est alors prévu que Port Louis demeure sous la tutelle du PMSD. Notons l?omission faite alors de la double et nette victoire électorale du MMM au Port-Louis : le 12-0 du 20 décembre 1976 (législatives) et la victoire électorale d?avril 1977 (municipales). Une faculté d?abstraction qui sidère.
Le poulain du PMSD pour Port Louis est d?ailleurs Azad Doomun. Malheureusement, en raison de ses activités professionnelles, il ne peut présider la commission portlouisienne que pour assurer le jumelage avec la Tripoli du camarade libyen, Mu?ammar Kadhafi. Mais le Dr Koslen Nundoochand refuse de démissionner pour céder la place à Doomun. Pour sauver le PMSD, ainsi menacé par ce conflit Nundoochand-Doomun, Duval se dévoue et mendie, à titre personnel, la présidence d?une commission nommée, quitte à déplaire au CAM, dirigé par Raouf Bundhun, en l?absence du pays de Yousuf Mohamed, alors diplomate en Egypte.
L?UDM se porte au secours du PMSD en créant la diversion (Ollivry v. Raymond Rivet et John Clifford) souhaitée pour masquer la crise, couvant à l?intérieur du poulailler bleu. Le CAM se tient à carreau jusqu?à ce qu?il perde la présidence de la commission administrative, toujours nommée, de Vacoas-Phoenix que le PTr lui dérobe. Rhagooputh Soobhee, un ancien infirmier, succède, en effet, au début de mai 1981, à M. Kalimoolah Dauharry. Le CAM accepte de perdre Vacoas-Phoenix à condition d?obtenir la présidence au Port-Louis. Il se réfère au triste accord conclu, après la non moins regrettable démission en bloc des conseillers municipaux mauves en décembre 1979. Il prévoit que chaque parti de la coalition de décembre 1976 (PTr-PMSD-CAM) aurait droit à au moins une présidence urbaine. Avant la requête duvalienne, le PMSD préside au Port-Louis, à BBRH et à Curepipe, le PTr à Quatre-Bornes et le CAM à Vacoas-Phoenix. Cette commission passant au PTr, le CAM considère que Port-Louis lui revient de droit d?autant plus que le PMSD dispose de deux autres bouttes administratives. Le CAM met alors en exergue le slogan : ?Parole donnée, parole sacrée !? Pour corser le tout, Nundoochand laisse entendre qu?il tient mordicus à sa présidence portlouisienne, en dépit des convoitises de son leader, Gaëtan Duval.
La solution à ces nombreuses revendications politiciennes et partisanes, serait, bien sûr, de renvoyer tout ce beau monde devant l?électorat, dans un sursaut démocratique. On peut compter sur le PTr de Ramgoolam pour faire exactement l?inverse, autrement dit révoquer les conseillers de district élus, même indirectement, par l?électorat rural, et les remplacer honteusement par des commissaires administratifs nommés. C?est vrai que l?alliance MMM-MSM fait peur même dans les circonscriptions rurales. A la mi-mai, la crise s?amplifie quand Gaëtan Duval décide d?aller en personne mendier la présidence portlouisienne, non plus par le biais d?annonces médiatiques, mais par le truchement d?une requête officielle faite directement à Seewoosagur Ramgoolam. Hyper prudent, ce dernier ne se mouille guère car il sait que le CAM veille au grain (de maïs convoité par le coq bleu).
Les proches de Duval le supplient de ne pas aller de l?avant, mettant en avant le malaise créé au sein de la coalition, à la veille d?inévitables élections législatives, et la multiplication de demandes d?embauches qu?une présidence duvalienne suscitera et auxquelles elle ne sera pas en mesure de faire droit. Ils anticipent d?éventuelles sanctions contre les récalcitrants bleus à cette présidence duvalienne, dont Nundoochand, Chong Leung, Eliézer François. Rien n?y fait, Duval mendie toujours la présidence de la commission administrative nommée de Port-Louis.
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