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Duncan Smith déposé, les Tories se tournent vers Howard
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Duncan Smith déposé, les Tories se tournent vers Howard
A peine débarrassé de son ancien chef de file, le Parti conservateur britannique s?est immédiatement mis en quête d?un nouveau leader aux épaules suffisamment larges pour faire de l?ombre aux travaillistes lors des prochaines échéances électorales.
Quelques heures après le désaveu infligé par les députés ?Tories? à Iain Duncan Smith lors d?un vote de défiance, les figures de la formation ont fait corps autour de Michael Howard, ancien secrétaire au Home Office et responsable des Finances au sein du Parti.
Ses collaborateurs ont indiqué qu?il ne ferait aucune déclaration publique avant jeudi, mais son statut de favori à la succession de Duncan Smith ne fait plus de doute dans l?esprit des autres prétendants, qui ont pour la plupart jeté l?éponge.
Comme eux, la presse n?entretient aucun doute. ?Howard sur le point de diriger les Tories?, titre le Daily Telegraph, premier tirage de Grande-Bretagne et ardent partisan du camp conservateur.
Plus grandiloquent, le Daily Mail, également conservateur, salue le ?Couronnement du roi Howard?, tandis que le Sun en fait son ?Mister Right? (Monsieur droite).
Des chances ?proches du zéro absolu?
Howard, ses partisans en sont convaincus, réussira là ou Duncan Smith à échoué et saura mettre en lumière les erreurs commises par l?équipe de Tony Blair, qu?il s?agisse de la gestion des services publics ou de la guerre en Irak, à laquelle la plupart des Britanniques se sont opposés.
Représentant de l?aile droite du Parti Conservateur, cet eurosceptique de 62 ans, réputé pour ses opinions tranchées, a su s?imposer dans le combat politique et beaucoup voient en lui un adversaire à la mesure du chef du gouvernement.
David Davis, également membre de l?aile droite du parti dont on s?attendait à ce qu?il brigue lui-même la succession de Duncan Smith, a immédiatement exprimé son soutien à Howard.
?Une course à la succession longue et âpre ne ferait qu?accentuer les divisions et les luttes de factions, en aggravant les problèmes qui ont été les nôtres ces dernières années, tout cela à l?approche des prochaines élections générales?, a-t-il déclaré aux journalistes.
En moins d?une heure, le porte-parole des Tories pour la Santé, Liam Fox, le responsable des Affaires intérieures, Oliver Letwin, et l?ancien ministre Stephen Dorrell s?étaient eux aussi prononcés en faveur de Howard. D?autres personnalités de premier plan ont fait savoir qu?elles ne brigueraient pas la tête du parti, laissant la voie libre à l?ancien ministre de l?Intérieur.
?Nous savons qu?il peut infliger des revers à Tony Blair?, a déclaré Fox. ?Nous l?exhortons à se présenter, nous le soutiendrons.?
Reste qu?en dépit d?une année 2003 difficile pour leur chef de file, les travaillistes dominent encore largement les sondages d?opinion et tous les observateurs prédisent une nouvelle défaite électorale à leurs rivaux à la dérive, usés par les luttes intestines.
?En l?état actuel des choses, leurs chances de remporter les élections générales approchent de ce que les physiciens appellent le zéro absolu?, estime ainsi Anthony King, professeur de sciences politiques à l?université d?Essex.
Comme l?a reconnu un député conservateur, l?objectif du parti est surtout de trouver un chef capable de rendre l?inévitable défaite ?honorable?, d?échapper à un nouveau désastre électoral et de repositionner le parti en vue d?un redressement à plus long terme après les législatives qui auront probablement lieu en 2005.
Mike Peacock
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