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Dubai, la fleur du désert
Il est minuit. Peu de places sont inoccupées sur l?Airbus qui va bientôt décoller à destination de Dubaï, ou Dubayy, ou encore Dibay, la toute d?or. Pour tous, l?un des Emirats arabes unis, sur le Golfe Persique. Dont la capitale éponyme est, pour certains, l?Eldorado des festivals. Celle du shopping jusqu?à la mi-février. Deux kilomètres ruisselant d?or et de pierres précieuses. A chacun son rêve. A elle seule, la consonance de cette ville, plantée au milieu du désert, lance le rêveur vers une plage mythique. Elle n?a, pourtant, que trente ans !
La tenue des hôtesses dépayse déjà. L?imaginaire s?emballe. Diaphane, leur voile évoque en filigrane une Shéhérazade hors d?atteinte. Le roulement des trolleys s?accompagne d?un fumet qui titille les papilles. Illustré de dattiers au long de valonnements sablonneux, le menu est couleur de miel. Il propose comme plat de résistance, Lamb Makloubieh. C?est de l?agneau mariné, cuit au riz, relevé d?épices arabes, et garni d?aubergines frites. La senteur de l?okra nous ramène en mémoire celle des plats du Vieux Carré de la Nouvelle Orléans. La famille humaine compte tant de parentés inavouées !
Il sera bientôt 6 h 30. Et ce n?est pas tout à fait l?aube. On est en fin d?hiver. L?on scrute par la moindre petite fente du hublot, Dubaï, la scintillante. Et l?on comprend d?où tirent leur inspiration les joailliers de cette ville née du désert, et que vante le magazine de bord de l?Airbus !
A l?intérieur de l?aéroport, d?incroyables palmiers géants défient la contrefaçon. A vous couper le souffle. Des anges à la chevelure d?or s?accrochent à leurs branches, et chantent Noël. Aux côtés d?une double mosquée, aménagée pour hommes et pour dames. La distance à parcourir d?un point à l?autre de l?aéroport agrandi, n?a de pâle rivale que celle de Heathrow, à Londres. Heureux le veinard, qui, sur les rotules après la nuit blanche, se verra s?offrir une place à bord d?un minivéhicule impromptu, pour effectuer le trajet !
Dehors, l?azaan appelle à la prière les fidèles de l?Islam. La voix du muezzin résonne aux points cardinaux du jour. Où traîne un croissant de lune nostalgique. L?on est surpris de croiser sur la route tant de résidants venus de l?Inde, du Sri Lanka, du Pakistan, du Maghreb, de la Chine? et même, en moins grand nombre, cependant, de l?ancienne URSS. L?on saisira que cette terre de sable accueille, à son service, plus d?étrangers que les fils du sol. Ceux-là feront fortune à leur guise. Sans être importunés.
L?on raconte même que le pétrole est si florissant à Dubaï, que chacun des natifs, au nombre de 270 000 environ, se voit offrir par l?Etat, à son mariage, une maison et une somme d?argent mirobolante ! L?acquisition des terres, jusqu?à tout récemment refusée aux étrangers, s?ouvre peu à peu. Et toutes ces habitants aux ascendances diverses réunies, évitent la Tour de Babel par l?usage de l?Anglais, dans le calme et la compréhension mutuelle. Alors que l?Arabe est la langue traditionnelle.
Aspiration verticale
Venu d?une île-point par 20° Sud, où les immeubles de la capitale se touchent, au point d?asphyxier un public coude à coude, les spacieuses avenues de Dubaï vous ouvrent les poumons. Dans le jour radieux, roulent les limousines de toutes marques. Au long d?une ville moderne qui ne finit pas de grimer. Elle a, toutefois, la sagesse d?entretenir aux côtés de ses gratte-ciel, ses monuments anciens, telle, parmi d?autres, les mosquées, pour la plupart de style Fatimid traditionnel. Ou encore des musées, nombreux dans la ville, qui conservent en leur sein, des images d?un Dubay d?avant la modernité?
Se dresse, monumental et lumineux, au-dessus des 300 autres hôtels des plus prestigieux de la ville, le Burj al Arab. Faute de tour centrale propre aux grandes villes, et qui toujours nous font de l??il : le Washington Monument, le Sears Tower de Chicago, les Tours jumelles new-yorkaises de triste mémoire, la tour de Pise, la tour Eiffel, le Centre Point de Sydney, The Cairo Tower?, s?impose à nous, d?emblée, cette architecture du futur, transmuée emblème de la ville d?or.
Burj al Arab, Dubai Marina, nouvelle cité en construction, au potentiel de 100 000 habitants, autant d?aspiration verticale d?un désert, qui aura trouvé, autant d?inventivité à l?horizontal : The Palm, un assemblage d?îles, les plus grandes du monde bâties de mains d?homme, prend forme jour après jour : le Palm Jebel Ali, et le Palm Jumeirah. La place centrale, Jebel Ali, ravira les adeptes de Monet, de Manet : Elle est inspirée de la Nymphéa. Etalées sur 120 kilomètres de plage, surface récupérée de la mer, ces îles seront visibles? de la lune ! Doit-t-on s?étonner que son concepteur porte le nom de Son Excellence le Général Sheikh Mohammed bin Rashid Al Maktoum, Prince de Dubaï ?
Pays où l?on ignore la couleur de la terre, Dubaï, la fleur du désert, est la ville qui ose. Jusquà défier le ?Tu bâtiras ta maison sur le roc.?
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