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Drôle de maternelle?
UNE odeur nauséabonde émane d?une cuvette en porcelaine. A côté de quelques vieilles chaises poussiéreuses est suspendu un robinet qui coule à peine dans un lavabo. Une trentaine d?enfants, sont assis, coincés l?un contre l?autre sur une table bringuebalante. Plus loin, quelques vieux tatamis sont appuyés contre une table de tennis, sous un toit fissuré.
Nous ne sommes pas sur le plateau d?un film d?horreur, mais dans un bâtiment qui abrite depuis des années une? école maternelle de Vieux-Grand-Port.
Il est 14 heures. Dehors, dans la cour, une dizaine de mères de famille attendent patiemment la sortie de leurs enfants, pour les ramener chez eux. ?Dan ki lekol ou tann dir ki miss bizin telefonn paren pou ki li amenn so zanfan fer pipi et retourn li dan klas apre?, fulmine Sooreka Mundil, mère d?une fillette de trois ans.
Soutenue par des parents, Clara Hermance déplore l?absence totale d?hygiène dans cet établissement scolaire. Ravi Mattur, président du conseil de village, ne peut plus supporter les questions des parents sur l?école. Il est venu rejoindre José Rose, lui aussi conseiller, pour exprimer sa solidarité avec les parents d?élèves et pour dénoncer le cadre lamentable dans lequel étudient les enfants.
?Nou finn fatige ekrir bann ofisie responsable dan district council pou enn ameliorasyon. Okenn zefor pa finn fer ziska zordi?, constate le président du village.
Outre le problème de l?eau et des toilettes, l?intérieur de l?établissement interpelle les parents. ?Sak foi ki mo zanfan sorti lekol kuma dir li sorti travay dan karo telman so linz sal?, dit un autre parent.
Pour avoir le c?ur net, nous nous rendons à l?arrière du bâtiment pour un constat. L?environnement n?est pas beau à voir. Des ordures sont entassées dans un caniveau infesté de moustiques et de toutes sortes d?insectes.
En face du bâtiment, dans les environs du toboggan au jardin d?enfants, les plus courageux qui prendraient le risque de s?y aventurer auraient quand même peur de se faire écorcher vifs.
?Nous ne pouvons plus tolérer cette situation. Si l?un de nos enfants se blesse ou est atteint d?une maladie quelconque, chacun devra prendre ses responsabilités?, avertissent les parents.
Interrogé, Sanjay Lufor, président du conseil des districts de Grand-Port Savanne, dit n?avoir pas été mis au courant de la situation à la maternelle, sinon il aurait pris des dispositions nécessaires. ?Si tel est le cas, j?irai sur place dès demain. (NdlR) aujourd?hui, pour un constat.Il n?est pas normal que des enfants évoluent dans de telles conditions?, concède-t-il.
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