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Droits humains : Les Américains mettent à l’index le boycott de l’express
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Droits humains : Les Américains mettent à l’index le boycott de l’express
Le Département d’Etat américain met en exergue le non-respect de la liberté de la presse et la discrimination des syndicats par le gouvernement. Il évoque également le rôle de la télévision tout à la gloire du pouvoir.
Maurice cultive une image carte postale au niveau international. Mais elle a des progrès à faire en ce qu’il s’agit du respect des droits de l’homme. C’est ce que souligne le dernier rapport sur la question par le Département d’Etat américain rendu public ce vendredi 8 avril.
Le non respect de la liberté de la presse, la surpopulation carcérale, la corruption au niveau de l’appareil d’Etat, la discrimination envers les séropositifs ainsi que la brutalité policière sont autant de thèmes évoqués dans ce document disponible en ligne. Sur le volet du respect des libertés civiles, le rapport explique que bien que la Constitution garantisse la liberté de la presse, souvent le gouvernement y fait abstraction.
D’un côté, note le rapport, la télévision nationale est la solde du gouvernement alors que la presse indépendante est victime de boycott. Le cas de La Sentinelle est souligné avec la décision du gouvernement de ne pas lui octroyer des appels d’offre et autres publicités de l’Etat depuis 2005. Surtout après que les journaux appartenant à ce groupe aient émis des critiques à son encontre.
L’incident du 27 mai 2010, au cours duquel la police a interdit aux journalistes et aux photographes du quotidien l’express et de l’hebdomadaire 5-Plus d’assister à une conférence de presse du vice-Premier ministre et ministre des Finances, Pravind Jugnauth, est également mis en lumière. Le rapport rappelle ainsi que les choses sont retournées à la normale après que La Sentinelle ait eu recours à la justice et qu’un accord ait été signé en Cour suprême.
Le fait que le gouvernement et les corps paraétatiques aient mis un terme à leur abonnement à l’express est aussi souligné. De même que les menaces répétées du Premier ministre, Navin Ramgoolam, de proclamer des lois sévères contre la presse.
Sur ce point, le zèle des agents de l’Etat visant à faire taire les critiques de la presse contre les politiciens au pouvoir est mis en exergue. Comme l’arrestation des rédacteurs en chef du Militant, le journal de l’opposition, et de Samedi-Plus, Ananda Rajoo et Dharmanand Dhooharika pour avoir respectivement questionné les  chiffres avancés par le gouvernement sur la grippe A et la promotion d’un syndicaliste chez Air Mauritius. Au final, bien que les deux aient été inculpés pour diffamation, la cour a rayé les accusations contre eux.
Sur les autres thèmes, tel que la brutalité policière, les Américains notent que le Directeur des poursuites publiques (DPP) a fait appel contre la décision de la cour de blanchir les quatre agents de la Major Crimes Investigation Team (MCIT) impliqués dans la mort de Rajesh Ramlogun. Considéré comme suspect dans le meurtre des belles-sœurs Jhurry, à Lallmatie en 2006, il avait fini par quitter les Casernes centrales les pieds devant.
L’abus de l’autorité policière est aussi mis en filigrane avec l’incident impliquant Wesley Agathe et des agents en civil. Tout comme les traces d’ecchymoses sur le visage de certains des 34 détenus arrêtés peu après leur évasion de la prison de Grande-Rivière-Nord-Ouest en juin dernier.
Le retard de la justice à fournir des preuves détenues par l’Etat est mis en exergue. En parlant de la loi, le Département d’Etat américain souligne que bien que le Code pénal prévoit une peine de prison aux personnes corrompues au sein de l’appareil d’Etat, le gouvernement n’applique pas la loi efficacement.
Outre la perception des Mauriciens que la corruption est présente au niveau exécutif et législatif, les Américains cite les World Bank’s Worldwide Governance Indicators. Et l’arrestation de l’ex-chef commissaire de l’Assemblée régionale de Rodrigues, Johnson Roussety, pour trafic d’influence sur un haut fonctionnaire, à savoir Jean-Claude Pierre-Louis, à recruter 200 personnes.
Le cas Siddick Chady est également mentionné, sans le détail sur la décision de la justice de rayer l’accusation portée contre lui pour avoir obtenu des pots-de-vin de la firme néerlandaise Boskalis.
Les autres thèmes du rapport font état de la violence faite aux enfants et aux femmes, la discrimination envers les homosexuels au niveau familial et les droits du travail. Sur ce dernier volet, le licenciement de Rehana Ameer par la Mauritius Broadcasting Corporation (MBC) ainsi que quatre autres syndicalistes est cité.
Le Département d’Etat américain fait ressortir que bien que la loi mauricienne interdit la discrimination envers les syndicats, souvent le gouvernement ne la respecte pas.  
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