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?Droit de vote aux Mauriciens expatriés?
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?Droit de vote aux Mauriciens expatriés?
L?idée que le droit de vote soit accordé aux Mauriciens partis s?établir à l?étranger a été lancée hier à l?auditorium Octave Wiehé, université de Maurice, lors de la première séance du symposium international sur la diaspora mau- ricienne. L?organisation de cette rencontre cadre avec la politique annoncée du gouvernement quant à la participation des membres de la diaspora mauricienne au développement du pays.
La proposition d?Yvan Martial que les expatriés puissent voter n?a pas fait l?unanimité. Si certains participants, principalement les expatriés eux-mêmes, l?ont bien accueillie, d?autres s?y sont opposés farouchement. Le Dr Claude Ricaud, ex-directeur du Mauritius Sugar Industry Research Institute, est de ceux-là. ?Ces Mauriciens pourraient être au nombre de 200 000, soit 14 % de la population, et sont en mesure de changer totalement l?issue d?une élection?, affirme-t-il. Il souligne toutefois que la diaspora mauricienne est très peu connue et qu?il n?y a eu ni étude ni recensement.
Ainsi, la mise sur pied d?un secrétariat national pour les Mauriciens expatriés, un site Web pour les aider et leur recenser a été proposée.
Retour difficile des expatriés
Ce symposium d?hier est le fruit de trois démarches distinctes. D?abord, le ?rêve? du prêtre Jocelyn Grégoire d?organiser une conférence pour réunir les représentants de la diaspora mauricienne. Puis, l?université de Maurice, partie prenante du symposium, qui cherche à formaliser les réseaux de cerveaux mauriciens travaillant à l?étranger et susceptibles de lui apporter de l?aide à titre volontaire et sous diverses formes (elle bénéficie déjà de ce type d?aide sur une petite échelle). Et finalement, la volonté politique exprimée par le ministre des Finances, Rama Sithanen, d?encourager les Mauriciens établis à l?étranger à revenir pour participer au développement économique de leur pays natal.
Mais des craintes ont aussi été exprimées quant aux obstacles pouvant empêcher le retour des expatriés. ?Le phénomène du retour sera marginal?, affirme ainsi Lindsay Rivière, rédacteur en chef de Business Mag. Il évoque trois considérations : le poste qu?occupe le Mauricien à l?étranger, l?éducation de ses enfants là-bas et les perspectives d?emploi à Maurice.
Jean Claude de l?Estrac, directeur général de La Sentinelle Ltd, estime que le développement de Maurice va passer par une nouvelle vague d?immigration. Pour le président de l?Empowerment Programme, Maurice est aujourd?hui ouvert aux étrangers et la population n?a aucune hostilité envers ceux qui sont partis dans le passé ?car le besoin de partir est toujours présent? pour cette population.
Des immigrants pour développer Maurice
Il répondait à une crainte exprimée par Michaël Atchia à propos de l?étiquette de ?traître? collée à ceux partis dans les années 60 et une attitude hostile de la population quant à leur retour. ?Beaucoup de ceux qui sont partis dans les années 60 ont eu une attitude de rejet envers Maurice, un manque de confiance dans l?avenir de l?île. Il y a eu une perception que ces gens-là ne croyaient pas dans le pays, aucun dirigeant étranger ne croyait d?ailleurs dans l?avenir de Maurice. Ceux qui sont partis ont aussi été responsables d?une propagande qui a fait mal au pays. Mais aujourd?hui, il ne reste plus rien d?hostile envers ces gens-là. Le regard de ceux qui sont restés a changé. Les Mauriciens qui sont partis sont aujourd?hui les bienvenus?, a maintenu Jean Claude de l?Estrac.
Monique Dinan, auteur de plusieurs plusieurs ouvrages sur la diaspora mauricienne, estime, elle, que les Mauriciens vivant à l?étranger représentent un vivier important de main-d??uvre spécialisée et de touristes, notamment.
Xavier Duval, vice-Premier mi-nistre et ministre du Tourisme, devait dire de la diaspora mauricienne que ce sont ?des hommes et des femmes de grande qualité qui restent au service de leur pays natal?. Il s?agit, ajoute-t-il, d?un ?outil économique? auquel Maurice fait appel pour réussir sa phase de réajustement face à la réduction du prix du sucre et aux menaces sur le textile mauricien.
Mais, selon Lindsay Rivière, qui a lui aussi tenté l?aventure de l?émigration, les Mauriciens à l?étranger sont dans le noir complet à propos de leur statut. ?Ils ne savent pas s?ils ont le droit de retourner définitivement au pays avec leur conjoint et les enfants, s?ils sont toujours des citoyens mauriciens. En fait, le gouvernement n?encourage pas vraiment le retour de ces expatriés, ni à travers une loi sur la citoyenneté, ni au niveau du billet avion.? Il a ainsi réclamé un signal plus fort que celui contenu dans le budget envers la diaspora mauricienne.
Les deux séances d?hier ont aussi été marquées par deux interventions spécifiques. Celle de Jean Claude de l?Estrac ,?D?où venons nous ?? et celle de Monique Dinan, ?La saga des départs?. Retraçant les racines diverses des Mauriciens, Jean Claude de l?Estrac a assurer que ?trop longtemps on a affirmé qu?il n?est pas possible d?être mauricien sans sacrifier sa culture ancestrale. C?est faux. Tout ceux qui ont essayé à travers le monde de mettre tout le monde dans le même panier ont fini par récolter des révoltes?.
La force de Maurice, c?est de reconnaître qu?on peut être mauricien tout en étant hindou, francophone, Australien ou Canadien?
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