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Drogue : Une passeuse sud-africaine raconte comment elle a été utilisée pour tromper l’Adsu

18 octobre 2010, 00:00

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Drogue : Une passeuse sud-africaine raconte comment elle a été utilisée pour tromper l’Adsu

Des passeurs transportant peu de drogue se font arrêter alors que les véritables trafiquants avec de plus grosses quantités d’héroïne entrent facilement à Maurice. Brigene Young , une passeuse utilisée comme leurre, a raconté à la presse sud-africaine comment elle s’est fait prendre.

Dans un article de la version en ligne du quotidien Times, consacré à Brigene Young, la mère d’un passeur explique comment des passeurs – avec un kilo et demi de drogue - sont utilisés comme leurres pour détourner l’attention des policiers. Alors que les vrais passeurs, qui transportent quelque 10 kilos de drogue, arrivaient à déjouer la vigilance de douaniers et de policiers à l’aéroport Sir-Seewoosagur Ramgoolam.

Lexpress.mu a recueilli la réaction d’un ex-officier de l’Anti-Drug and Smuggling Unit (Adsu), muté depuis peu dans une autre unité de la force policière, à propos de l’utilisation de passeurs pour détourner l’attention. Selon notre interlocuteur, l’Adsu a pris du temps pour comprendre le mode d’opération des trafiquants.

«C’est quand plusieurs citoyens sud-africains, hommes et femmes, ont été arrêtés, suivant des informations reçues, que nous avons compris qu’on les utilisait pour détourner l’attention», explique-t-il. Et d’ajouter : «Vu la façon dont la plupart de ces passeurs avaient été recrutés, et étant donné la maigre cargaison que l’un ou l’autre portait, on s’est intéressé à d’autres passagers durant l’un ou l’autre de ces vols», déclare notre interlocuteur.

«Je ne me souviens pas du cas de Brigene Young, mais il y a le cas d’un passeur avec 15 grammes d’héroïne qui nous avait mis la puce à l’oreille. Il a été arrêté et condamné. Mais, grâce à lui, on avait mis la main au collet d’un plus gros poisson», raconte l’ex-officier de l’Adsu.

Brigene Young a été condamnée par la juge Premila Balgobin, à sept ans de prison en mai 2006 pour importation de 896,9 grammes d’héroïne. Elle est rentrée en Afrique du Sud samedi dernier, après avoir purgé sa peine. Elle raconte, dans la version en ligne du quotidien Times, en date du dimanche 17 octobre, comment elle s’est fait prendre.

La jeune femme, arrêtée le 11 mars 2003 à l’aéroport international Sir Seewoosagur Ramgoolam, avait plaidé coupable lors de son procès. La drogue avait été découverte dans ses chaussures par l’Adsu. Brigene Young attendit trois ans avant son procès en 2006. C’est vendredi dernier, 15 octobre, en début d’après-midi, qu’on lui apprit à la prison qu’elle devait se préparer car elle allait rentrer chez elle.

Après avoir passé sept ans en prison à Maurice, elle invite ses jeunes compatriotes, dans son entrevue avec le Times, à ne pas se laisser piéger comme elle l’a été pour éviter d’aller rejoindre les 28 autres passeurs sud-africains qui croupissent dans les geôles à Maurice. En l’occurrence, de refuser toute offre de vacances gratuites à Maurice à condition de livrer un colis.

Brigene Young raconte qu’en 2003, alors qu’elle avait 20 ans, qu’elle venait de perdre sa mère et que son fiancé et elle avaient rompu, elle fut approchée par un client du bar où elle travaillait, pour des vacances ensemble à Maurice.

Le jour du départ, il lui annonce qu’il ne pouvait partir et vu que tous les frais avaient été payés, il lui demanda d’aller seule en vacances mais lui remit des chaussures qu’elle devait porter dans l’avion. Elle lui demanda si de la drogue y était dissimulée. Il lui répondit qu’il était préférable qu’elle n’en sache rien.

Et elle prit l’avion sachant qu’elle devait remettre les chaussures à quelqu’un à l’hôtel où une chambre lui avait été réservée. Elle ne put parvenir jusqu’à l’hôtel, car elle fut arrêtée à l’aéroport SSR. Les policiers lui ont indiqué qu’ils l’attendaient.

Elle dit avoir appris d’autres détenues qu’elle avait exactement les mêmes chaussures qu’elles portaient quand elles furent arrêtées pour trafic de drogue à l’aéroport SSR. Brigene Young ajoute que presque la moitié des passeuses venaient d’Afrique du Sud, de Madagascar, d’Ouganda, des Seychelles, du Kenya, de Zambie et de France.

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