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Douce nuit, douces folies
Dépenser de l?argent, c?est comme? manger du chocolat noir. ça titille les sens et ça induit un sentiment de bien-être qui donne l?impression de planer. On comprend parfaitement ces Mauriciens, petits et grands, riches et moins riches, qui investissent les commerces à toute heure depuis plus d?une semaine. La période des fêtes est un prétexte rêvé pour se laisser aller, après s?être serré la ceinture toute l?année.
Depuis quelques jours, tout Port-Louis semble vivre perpétuellement dans ses rues grouillantes de marchands ambulants. Dans ses centres commerciaux climatisés qui sont de véritables oasis de fraîcheur. Dans ses foodcourts et bistrots bondés? La pause déjeuner s?est transformée en longues flâneries devant les boutiques, toujours avec un être cher en tête, à repérer le cadeau idéal.
« Nous nous attendions à ce que les gens freinent les dépenses sur les cadeaux et nous avons constitué nos stocks de fin d?année avec prudence. Mais nous avons eu tort. On continue à dépenser tout autant, sinon plus. La seule différence est qu?on choisit avec plus de minutie et on privilégie l?utile», explique Leena, responsable de Plaisir d?Offrir, boutique spécialisée dans des petits effets personnels décoratifs. Pratiquement tous les commerces de la Cité lui font écho.
Dessous coquins, parfums et huiles essentielles...
Chaque sou est dépensé pour se faire plaisir et pour plaire à ceux qui comptent. Le pouvoir d?achat artificiellement gonflé par le bonus de fin d?année, cela peut faire une quantité effarante de sous dépensés en fringues, cadeaux, repas, alcool et restaurants.
Beaucoup d?attention et de ressources ont été consacrées au bien-être. Parfums, bijoux, lingerie, produits de soins esthétiques, ambiance d?intérieur, livres traitant de l?ésotérisme? En clair, le Mauricien s?engage plus activement dans sa recherche d?un équilibre, d?une sérénité intérieure.
«Noël est le moment des douces folies. Nous proposons des coffrets spéciaux que le client remplit de ses propres choix, selon ses propres moyens. Aujourd?hui même, nous en avons vendu un pour? Rs 5 800 ! On ne compte pas ses sous quand il s?agit de faire plaisir à des êtres chers et quand on peut se le permettre», relève Jessie, responsable de vente de la boutique Occitane, au Caudan Waterfront. Occitane commercialise des produits de soins corporels à base d?huiles essentielles.
On ne compte pas ses sous. Et on n?hésite pas à faire dans la dentelle. «La lingerie reste une option - cadeau coquin, sexy et pas cher. L?ensemble ne coûte que Rs 450. Les hommes ont choisi des ensembles avec string pour leur flamme. Ils ont démontré une nette préférence pour le rouge. Notre collection spéciale Noël qui se décline en rouge et noir, couleur chair, rose et beige, a aussi du succès», confie la responsable d?Une Histoire d?Amour, au Caudan.
Et quand on parle cadeaux, le parfum est un choix classique et classe. C?est aussi un luxe, le prix moyen d?un flacon de 50 ml dépassant les Rs 1 500. Daoud Ingar, patron de Mado Parfum, constate un recul dans les ventes dans ses parfumeries. Il l?attribue à une baisse dans le pouvoir d?achat des Mauriciens. « Notre clientèle est essentiellement mauricienne. Nous avons diminué nos marges afin qu?ils puissent continuer à se faire plaisir », dit-il.
Deux acheteurs sur trois visitant les boutiques Mado sont de la gent féminine. Cependant, les hommes sont plus généreux dans leurs dépenses, relève Daoud Ingar. Quelques nouveautés trônent sur les rayons. «Cinema», le dernier d?Yves Saint Laurent pour femmes, «Pure Poison» de Dior, le dernier Chanel pour hommes, «Allure Sport»? Certaines griffes ont sorti des éditions spécial- Noël. Et le cadeau Mado aux amateurs des parfums de luxe : l?introduction de la gamme Estée Lauder, disponible pour le moment uniquement à Phoenix.
Si la tendance est au plaisir du soi, la bijouterie ne peut être en reste. Vic Chakowa, le patron de la chaîne de boutiques Mikado spécialisées dans les montres et bijoux, confirme. «On va pour le branché et le précieux. Nous avons introduit les derniers modèles de Guess. La montre peut coûter environ Rs 5 000. Le client n?hésite pas puisqu?il sait qu?il ne va pas en acheter une autre de sitôt. Du reste, il veut projeter une certaine image».
Le plaisir spiritual et intellectual
On tuerait pour un diamant, paraît-il. A comparer, claquer une centaine de milliers de roupies pour une telle joaillerie n?est rien. Vic Chakowa garde la tête froide. Cependant, les ventes les plus courantes sont les bijoux de gammes plus modestes. «Notre gamme de bijoux en argent finement travaillé a eu beaucoup de succès. Ils sont classe et pas chers, le prix moyen étant de Rs 500 environ. »
Pour d?autres, le plaisir est plus spirituel et intellectuel. Eux, ils empruntent le chemin très connu des librairies. «Da Vinci Code» de Dan Brown est sans conteste le best-seller de cette fin d?année. L?édition en hardcover se vend à Rs 1 075, trois fois le prix du paperback. Mais il se présente mieux comme cadeau. L?autre titre qui se vend bien aussi c?est le dernier de Stephen Covey, «The 8th Habit, from effectiveness to greatness » constate Andy Lam, responsable du Bookcourt de Caudan.
Les livres traitant du développement de soi et de l?ésotérisme ont la cote. Sans doute, les lectures d?aujourd?hui influenceront les achats de Noël de l?année prochaine.
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