Publicité
?Diversité n?est pas division?
Le risque de dérapage communal était là. Mais Navin Ramgoolam y a échappé. Au siège de l?Arya Sabha à Triolet hier, les responsables de Kranti avaient invité le leader de l?Alliance sociale à une cérémonie de remise de prix à ceux qui ont réussi leurs examens d?hindi. L?invitation n?était pas anodine. La remise de prix n?était qu?un prétexte : il y avait un message à passer.
Le message était clair. Kranti a été créée pour promouvoir la langue et la culture indiennes. Mais pour ce faire, les responsables de l?organisation pensent qu?il faut que ?le pouvoir revienne à la majorité parce que nous serons toujours majoritaires même si Paul Bérenger essaye de morceler la communauté hindoue?, C?est ce qu?affirme le président, Ajeet Gopal. Le secrétaire est Manoj Badal.
Pendant ce temps, Navin Ramgoolam est assis patiemment sur l?estrade. Il n?a pas préparé de discours et il attend son tour pour prendre la parole. Contre toute attente, il ne reprend pas le discours des précédents orateurs. Laisse plutôt transparaître quelques mesures de son programme électoral. Si l?Alliance sociale prend le pouvoir, Maurice accueillera un centre régional de langues, puisque ?nous avons déjà l?avantage de parler plusieurs langues?. Mais, ajoute Ramgoolam, l?accent devra être mis sur la formation. Il prend pour exemple la mise sur pied de la SSR medical School qui est devenue une ?école de médecine de renommée régionale?.
Pour Ramgoolam, une langue est non seulement un moyen de communication, mais a aussi un lien direct avec la culture. Il est ?dommage qu?à Maurice où nous vivons l?un à côté de l?autre, beaucoup de gens ne connaissent pas la culture de leur prochain?. Le leader travailliste insiste cependant : ?Diversité ne veut pas dire division.? Il prend l?exemple de l?Inde. ?Plusieurs religions et cultures, mais un seul pays.? Navin Ramgoolam décide donc, comme il a pris l?habitude de le faire, de narrer une anecdote. Il raconte avoir rencontré une Indienne qui s?est déclarée choquée qu?à chaque fois qu?elle rencontrait un Mauricien, ce dernier lui demandait si elle était hindoue.
Importance des castes
?Elle répond à chaque fois : quelle importance la religion que je pratique ? Je suis une citoyenne indienne et ma pratique religieuse est une affaire privée.? Le leader du Parti travailliste affirme qu?il est ?dommage qu?à Maurice, nous mélangeons la religion à tout et cela nous divise.?
Ramgoolam estime que Maurice est le seul pays où les castes ont autant d?importance. Il raconte une autre anecdote. ?C?était le jour des résultats. Mon père a été élu. Ses partisans jubilaient et un sympathisant du camp adverse a demandé à un de ceux qui fêtaient : kifer to pe kontan ? Eski to dimoun inn eli, toi ?? Pour Ramgoolam, c?est ?koumsa mem ki met poizon dan latet dimoun. Akoz samem ki ledikasyon importan.?
Le leader de l?opposition estime que l?éducation n?est pas simplement ?avoir un certificat. Bizin servi lespri pou pa less dimoun manipil ou?. La réforme Obeegadoo est ?mauvaise dans le sens où elle crée deux catégories d?étudiants. Nous allons la revoir. Il ne suffit pas de construire des bâtiments.? Justement, les enseignants et les infirmiers seront mieux pris en considération si l?Alliance sociale est élue, ?puisqu?il faut valoriser ces personnes?. Quelle forme cette valorisation prendra, nous ne le savons pas encore.
Navin Ramgoolam termine son discours avec un petit sourire, avant de reprendre sa place. ?Ce n?est pas seulement un changement de Premier ministre que nous proposons, c?est surtout un changement de société.? L?image de rassembleur est sauve?
Publicité
Publicité
Les plus récents