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Divergence de vues entre Mgr Piat et le BEC

20 février 2007, 00:00

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La question d?élimination des subventions gouvernementales de 50 % pour les examens du School Certificate (SC) et du Higher School Certificate (HSC) divise jusque dans l?Eglise. Le chef de l?Eglise catholique et son bras éducatif ne sont pas tout à fait sur la même longueur d?onde en ce qui concerne cette question.

Dans un communiqué émis samedi, la direction du Bureau de l?éducation catholique (BEC) affirme être ?pour une année moratoire et un ciblage élargi des subventions afin de rendre l?éducation accessible à tous les étudiants?. Interrogé hier, Maurice Piat, évêque de Port-Louis, a cependant pris le BEC à contre-pied, en déclarant que ?je ne suis pas pour un moratoire?. Il a aussi affirmé ?ne pas être d?accord avec cette idée?.

Cette prise de position étonne quelque peu dans le milieu de l?Eglise, même si Maurice Piat l?a exprimée plus ou moins ouvertement ces derniers temps. Il prend toutefois le soin de préciser qu?il n?engage pas l?Eglise en s?exprimant sur la question. ?Je ne peux pas parler de la position de l?Eglise. Moi j?ai un point de vue personnel?, devait-il d?ailleurs préciser hier.

Trouver une solution pour soutenir les pauvres

La divergence d?opinion ne se pose toutefois pas sur le fond, même si le BEC adopte une attitude plus souple envers ceux qui doivent payer la totalité des frais d?examens. Et le BEC et l?évêque de Port-Louis sont d?avis que l?Etat ne peut pas continuer ?à tout subventionner?. Et tous les deux s?accordent sur le fait que l?Etat ne peut pas se désengager complètement. ?Ceux qui sont pauvres devraient bénéficier d?une aide. Pour ceux qui sont riches et qui ont les moyens de payer, ces subsides sont un petit pocket money en plus. Il faut trouver un moyen pour soutenir les pauvres et que les riches payent?, affirme Maurice Piat.

Le BEC estime toutefois que ?c?est peut-être dans la manière de faire qu?il faut apporter quelques ajustements?. Malgré les subventions à 100 % des frais d?examens du SC et du HSC pour les familles ayant des revenus combinés de moins de Rs 7 500 (incluant les overtime et autres primes), une étude préliminaire dans les collèges du BEC démontre que ?de nombreuses familles ont encore des difficultés financières. Il existe de nombreux salariés qui, face au coût de la vie, ne s?en sortent pas. L?Etat ne doit pas rester insensible à ces appels de détresse?.

Pour le BEC, une situation idéale serait la prise en charge totale des frais d?examens à 100 % pour les familles au bas de l?échelle ?et le retour des subventions à 50 % pour tous afin de garantir l?accès à la scolarité gratuite pour tous les enfants mauriciens?. Le BEC demande ainsi que le ciblage des subventions à 50 % ne se limite pas uniquement aux familles ayant des revenus combinés entre Rs 7 500 et Rs 10 000 et qui ont deux ou plus d?enfants qui prennent part aux examens.

?Que le ciblage à 50 % s?élargisse pour les familles à revenus mensuels au-delà des Rs 10 000.? Le BEC fait également la proposition au gouvernement d?explorer la possibilité de prêts sans intérêt ou à taux préférentiel très bas ?pour éviter aux familles d?entrer dans la spirale d?endettement?. La direction du BEC demande aussi pourquoi l?Etat décide d?économiser quelques millions sur les subventions du riz, de la farine et des frais d?examens pour ?dépenser, par exemple, huit à dix fois plus dans un système de transport gratuit sans contrôle strict?.

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