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Dimin ki pou monte !
La CDMO s?est réunie le mois dernier et plusieurs sujets nous ont interpellés. Entre la très faible augmentation salariale et le nombre d?augmentations qui ont défilé ces derniers jours, nous constatons que l?écart s?est encore creusé entre les classes sociales. Etant une des voix du monde ouvrier dans la société et dans l?église, nous ne pouvons pas taire davantage nos questions.
Après la 4A+ de M. Gokhool, l?éducation revient sur le devant de la scène avec l?annulation de la subvention aux frais d?examens. Beaucoup de questions restent en suspens. Autre sujet qui préoccupe le monde ouvrier, c?est l?âge de la retraite et la création d?emplois et le tout, dans une société à double vitesse? seki kapav suiv, le zot?. ?
Dimin ki pou monte ! Telle est l?expression qui revient sur les lèvres des Mauriciens depuis l?annonce des mesures budgétaires 2006-07. C?est une perpétuelle angoisse pour beaucoup de personnes s?attendant à ce que demain au réveil, nous constations une autre augmentation. M. Sithanen a beau dire que le gouvernement supportera de manières concrètes les personnes de la classe ouvrière se trouvant au bas de l?échelle, il n?en demeure pas moins que beaucoup peinent à ?joindre les deux bouts? et s?angoissent pour leur avenir et celui de leurs enfants.Un des points saillants du budget qui interpelle les mouvements de l?action catholique, est l?annulation de la subvention du gouvernement aux frais d?examens du SC et du HSC.
Prenons pour support un fait réel d?une famille de milieu ouvrier, de trois enfants, l?aînée est en form V, la cadette en form IV et le benjamin en form I, et analysons les dépenses courantes mensuelles de cette famille: ● Salaires des parents : Rs 9, 500, ● Provisions pour un mois : Rs 3, 500, ● Bazar : Rs 400 par semaine, ● Eau + waste water : Rs 400, ● Electricité : Rs 450, ● Matériels scolaires : Rs 200, ● Loyer : Rs 2 000. Que faire si le budget de cette famille se trouve au-dessus du barème fixé par le gouvernement pour prendre en charge les frais d?examen?
Avec un tel budget, comment envisager d?économiser successivement pour les examens ? Est-ce que l?éducation restera une priorité pour cette famille ? Beaucoup de personnes qui sont au ? bas de l?échelle? n?ont pas eu la chance d?avoir une scolarité prolongée, mais chérissent le rêve de voir réussir académiquement leurs enfants. Quand et comment ces personnes obtiendront-elles l?aide de l?Etat, connaissant la complexité et la lenteur administrative de certaines autorités !
Ne sommes-nous pas en train de mettre à la guillotine l?éducation des plus pauvres ? Comment comprendre l?équation, systématique et mathématique, de M. Sithanen : augmenter afin de faire diminuer l?inflation, mais en contrepartie n?est-il pas en train de faire augmenter l?inflation de la violence avec une telle pression sociale ?
Nous vivons dans une société à double vitesse. Si ce gouvernement avait la priorité de ? putting people first ?, il aurait considéré à deux fois la prolongation de l?âge de la retraite. Imaginez un ouvrier manuel travailler jusqu?à 65 ans ! Beaucoup d?ouvriers manuels travaillent depuis 15-16 ans ! Auraient-ils les mêmes dispositions physiques que ceux travaillant dans un bureau? Le gouvernement aurait dû proposer la retraite à 65 ans comme option pour ceux se sentant la capacité de continuer, et à d?autre le bonheur de jouir de leur retraite à 60 ans !
Un gouvernement qui dit se soucier d?abord de la personne humaine aurait dû penser à ces familles qui font tant d?efforts pour faire réussir leurs enfants malgré un salaire de misère ! Is that putting people first : en coupant les subventions aux frais d?examens, en retirant les subsides sur des produits de base, et en éliminant le pain quotidien des enfants, ce pain qui pour beaucoup était l?espoir d?un repas au cours de la journée. Trop facile de dire que les écoles ZEP sont épargnées, n?y a-t-il pas d?enfants pauvres dans les autres écoles ?
Ce ne sont là que quelques points d?une longue liste d?interpellations à notre gouvernement pour que chaque personne soit prise en considération dans ce pays, en particulier les pauvres !
<B>La Commission Diocésaine Du Monde Ouvrier</B>
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