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Dilettantisme

11 novembre 2005, 20:00

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Il ne faut pas être un grand ponte de l?économie pour le savoir. C?est l?investissement, et l?investissement toujours, qui est le fer de lance de la relance économique. Or, qu?apprend-on ? Qu?une trentaine de projets, liés aux technologies de l?information et de la communication n?aboutissent pas à cause de la bureaucratie. C?est ce qu?indique un rapport du Board of Investment qui fait remarquer que la mise en place de ces projets aurait permis la création de quelque 1 852 emplois et un investissement de Rs 1,6 md. Décidément, les gouvernements changent mais les mauvaises habitudes restent.

Il y a, à Maurice, des tabous et des interdits qu?on n?a pas le droit de remettre en question. L?administration est l?une de ces institutions totémiques qui ne souffrent d?aucune critique. Voyez comme des syndicalistes sont hérissés dès que des critiques sont émises. Comme les politiques deviennent des capons se terrant dans leurs tanières de démagogues. Et que le système public continue à faire la pluie et le beau temps. Il ne s?agit pas ici de lancer des anathèmes gratuitement. Mais il importe de bien situer les responsabilités.

Les pays qui progressent sont ceux où le coût du système public a été considérablement réduit. Ce sont des pays où règne une culture de la transparence. Où les employés de l?Etat assument leurs responsabilités sans la crainte d?être semoncés par les ministres de tutelle. Des pays où les règles du monde concurrentiel ont été importées dans la fonction publique. A Maurice, une étrange situation s?est développée. Faisant l?objet d?incessantes critiques, la fonction publique s?est figée dans un comportement hautain. Parce qu?intouchable, elle ne respire plus que l?arrogance et l?indifférence. Les gouvernants sont, eux, tétanisés à la simple idée de changer les choses. Mais enfin, un tel réservoir électoral ne peut être bousculé. Afin de sceller sa décadence, on en a même fait une caricature du travail. Car c?est là qu?on crée des emplois qu?on distribue aux activistes politiques.

La tricherie n?a que trop duré. L?homme du changement qu?est Navin Ramgoolam se fera certainement un devoir d?y mettre un peu d?ordre. Il ne tolérera plus que les salariés et les entreprises soient les seuls à assurer leurs quotes-parts alors que le système public continue, lui, à jouir de sa morale d?improductivité. Il est plus que temps que ce système public apporte sa contribution s?il ne veut pas à terme se condamner lui-même. Les premiers signes de sa dégénérescence sont déjà là. Les citoyens qui ont le moyen ont fini par inventer leur propre Etat providence, que ce soit en termes d?hospitalisation ou d?éducation pour ne citer que ces exemples. Serait-ce cela servir l?intérêt général ? La question mérite d?être posée puisque le système public semble de plus en plus fonctionner à rebours. Il n?y a pas lieu de s?en étonner lorsqu?on sait que la politique gouvernementale également en matière sociale s?inscrit dans un contresens absolu.

C?est dans ce cadre général que se met en scène les nouveaux rapports de force entre le social et l?économie. Il est difficile de voir d?où viendra l?investissement si l?Etat continue à fonctionner selon les règles de l?ancien monde. Pis, il s?entoure et se donne des décideurs dont le seul atout est d?être de beaux parleurs qui ressassent «putting people first».

L?homme est au service des idées. L?homme d?Etat au service d?une grande idée. Ici on a travesti les idées pour en faire des slogans creux. Peut-être est-ce ainsi qu?on change tout et qu?on encourage l?investissement?

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