Publicité
Didier Jean-Pierre, au chevet des diabétiques
Par
Partager cet article
Didier Jean-Pierre, au chevet des diabétiques
«Quand quelque chose n?existe pas, je suis du genre à le créer moi-même », lâche Didier Jean-Pierre. L?homme n?a pas froid aux yeux et milite pour briser le tabou entourant le diabète de type 1. Depuis l?an dernier, il se bat contre cette maladie. Celle qui s?est abattue sur Julien, son fils, alors âgé de 13 mois. Accablé par le diagnostic, il ne s?est pas laissé faire, mais a décidé de s?engager dans la lutte. Pour les enfants victimes. Et les adultes diabétiques de type 1 aussi.
Âgé de 35 ans, Didier Jean-Pierre a grandi à Moka. Son père est imprimeur tandis que sa mère est secrétaire comptable. Son enfance se passe aux côtés de ses deux frères cadets, Norbert et Arnaud. Il étudie à l?école Ste-Marie et goûte aux plaisirs du grand espace de jeux dont dispose l?établissement.
Puis, il suit ses études secondaires au Mahatma Gandhi Institute (MGI). À cette époque, il rêve d?une carrière dans la médecine : « Mes proches me voyaient bien exercer cette profession. Je les ai pris au mot et je pensais que ce serait mon métier », confie Didier.
Les parents sont anéantis
Mais l?orientation change avec le temps. À la fin de ses études, il obtient un diplôme en technologie informatique suivi d?un autre en gestion. Il est sur le point de terminer son degré en informatique qu?il suit par correspondance. Didier Jean-Pierre exerce comme consultant chez DCDM Consulting et installe des systèmes informatiques au sein des entreprises.
Le 9 août 1995, il épouse Pamela qu?il nomme affectueusement « l?amour de sa vie ». De cette union naissent deux enfants, Sandrine, aujourd?hui âgée de 8 ans, et Julien, le petit dernier. Résidant désormais à Dagotière, Didier Jean-Pierre est membre fondateur de l?Association des syndicats des copropriétaires NHDC et a été syndic, pendant six ans, des Résidences Dagotière, un complexe regroupant 192 appartements jumelés.
Mais il se voit contraint de démissionner lorsque Julien tombe malade. « À treize mois, il avait les symptômes d?une grippe. On l?a traité en fonction de cela. Ensuite, il présentait des signes de gastro et on lui a prodigué des soins. Mais il ne guérissait toujours pas. Il était déshydraté. C?est alors que nous avons appris qu?il souffrait du diabète de type 1 et était donc dépendant de l?insuline », raconte notre interlocuteur.
À l?annonce de la maladie dont souffre leur fils, les deux parents sont anéantis :
« ça change beaucoup de choses. Après le choc, on se dit que l?enfant est heureusement en vie. On a cherché des renseignements mais on s?est rendu compte qu?il n?y avait aucune structure, aucune instance qui pourrait nous aider. D?ailleurs, le diabète de type 1 est moins fréquent, surtout chez les enfants. » Afin de comprendre la maladie, Didier Jean-Pierre se documente. Entre-temps, Julien suit un traitement prodigué par l?hôpital. Il subit trois injections d?insuline par jour.
L?idée de créer une organisation dédiée au diabète de type 1 commence à faire son chemin dans l?esprit de Didier.
En juillet 2005, il rencontre Martine Lassemillante, une représentante pharmaceutique, alors qu?il cherchait un stylo à insuline pouvant être calibré pour faire des injections jusqu?à une demi-unité d?insuline pour son fils. « Les seringues régulières disposent de calibrages de deux unités et avec ce type de calibrage, c?est dur d?arriver à la quantité voulue. Lors de notre rencontre, Martine Lassemillante et moi avons exprimé nos inquiétudes concernant le traitement pour les enfants souffrant de diabète et le manque flagrant de soutien. Nous sentions qu?il fallait mettre notre expérience en commun pour améliorer le sort des diabétiques », explique-t-il.
Ainsi, en septembre 2005, T1Diams voit le jour. L?appellation vient honorer ces enfants, considérés comme des petits diamants que T1Diams va polir et faire briller, selon notre interlocuteur. À sa création, huit membres dont la représentante qui a décidé de s?y consacrer, se sont réunis. Ce sont des parents d?enfants atteints de diabète de type 1 et des diabétiques ayant été diagnostiqués depuis plusieurs années.
Et aujourd?hui, le nombre de membres est passé à une centaine, incluant une quarantaine de diabétiques de type 1, des parents, proches ou amis des diabétiques ou encore des professionnels voulant mettre leurs connaissances au service de l?association. « Les objectifs sont d?améliorer la vie des diabétiques de type 1 et celle de leur entourage, communiquer les informations utiles et les plus récentes aux membres, aider les familles dans la gestion de la maladie », indique Didier Jean-Pierre.
Pour se faire, T1Diams a introduit le programme Enjoy Life, une journée éducative et récréative bimensuelle, qui se tient à chaque fois dans une région différente. L?activité se déroule dans un cadre adapté pour les diabétiques en termes de boissons et de nourriture. Les membres peuvent aussi assister à des causeries, à des échanges avec des professionnels de la médecine, à des ateliers de peinture, des jeux et des sketchs.
L?association a bénéficié du concours de la Mauritius Union, de la fondation Joseph Lagesse, de Ducray Lenoir et Axios. T1Diams a ainsi reçu un appareil de Ducray Lenoir pour effectuer des tests de glycémie qui seront gratuits pour les membres. L?association a aussi obtenu 6 000 seringues pour les injections d?insuline.
« Rallier toute la population à notre cause »
Pour continuer à soutenir les diabétiques de type 1, Didier Jean-Pierre et les membres de T1Diams ont lancé une campagne de sensibilisation depuis jeudi dernier. « La campagne va durer un mois.
Il y aura des affiches sur des billboards ainsi que dans la presse. Nous tendons la main à ces diabétiques de type 1 afin qu?ils se rendent compte qu?ils ne sont plus seuls. Nous voulons aussi briser le tabou, changer le regard des gens sur la maladie. Car quand on voit un jeune qui fait son injection, on peut croire qu?il se drogue mais en fait, sa vie dépend de cette insuline. Nous voulons aussi rallier toute la population à notre cause », souligne-t-il.
Pris par ses obligations professionnelles, Didier Jean-Pierre dédie le peu de temps libre qu?il lui reste à l?association. Déterminé à militer, il entend mener son projet à bon port. Pour Julien, son fils, sa bataille. Mais aussi pour soutenir tous ces autres enfants, victimes de la maladie, eux aussi.
Publicité
Publicité
Les plus récents