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Dhorasoo, taille patron !
Pour sa quatrième sélection en équipe de France, Vikash Dhorasoo aura illuminé le France-Suède de sa classe, notamment au cours d?une première période parfaitement orchestrée.
Et si le résultat n?est toujours pas au bout pour Raymond Domenech qui attend encore un premier succès sur le sol français, la manière a de quoi réjouir le sélectionneur qui a peut-être trouvé la bonne formule offensive. Le Milanais y est pour beaucoup, va-t-il enfin s?installer pour de bon chez les Bleus ?
L?activité de Dhorasoo a en tout cas pesé. Et il a dû apprécier. Quand son nom a été scandé par le Stade de France au cours d?une première mi-temps qu?il a animée de toute sa classe, Vikash Dhorasoo a sans doute savouré, lui qui, depuis ses débuts professionnels, a traversé de longs déserts en bleu, au point de ne compter à ce jour que quatre sélections en équipe de France.
Utilisé à deux reprises par Roger Lemerre au printemps 1999, boudé ensuite par Jacques Santini, qui ne l?a jamais tenu en odeur de sainteté, l?ex-Lyonnais ne doit son présent salut qu?à l?arrivée à la tête des Bleus de Raymond Domenech mais aussi à son passage au Milan AC, où il étonne les observateurs depuis quelques semaines.
Et s?il ne s?est contenté que d?une petite demi-heure face aux Iles Féroé en septembre, il a profité à plein, mercredi, des 90 minutes de temps de jeu que lui a offertes Raymond Domenech.
Sa première mi-temps a notamment marqué les esprits, le Milanais qui a réussi à faire son trou au sein de la formation d?Ancelotti alors que beaucoup lui prédisaient un abonnement longue durée au banc de touche, ayant éclairé le jeu tricolore avec ses accélérations, ses dribbles, ses passes courtes, sa perpétuelle envie d?aller de l?avant.
<B>Adopté par Vieira et Henry</B>
Le coach tricolore aurait-il enfin trouvé le remplaçant idéal de celui qui occupait autrefois ce couloir gauche, Zinédine Zidane ? Si l?intéressé a refusé à l?issue de la rencontre de commenter les performances individuelles de ses joueurs, ces derniers ne se sont pas privés d?insister sur le rôle prépondérant du pensionnaire de Milanello.
« On a pu compter sur un super Vikash Dhorasoo, on va beaucoup plus vers l?avant », soulignait ainsi le capitaine Vieira, tandis que Thierry Henry louait également le rôle joué par Dhorasoo: « On est sur la bonne voie. On a vu des décalages, de l?activité et une bonne complémentarité avec Vikash. »
Sevrés de bons ballons lors des six derniers mois en bleu, Thierry Henry a retrouvé du plaisir grâce, en bonne partie, à l?activité derrière lui de Dhorasoo. Jamais depuis l?arrivée de Raymond Domenech, on n?avait vu ainsi autant de mouvement dans le jeu des Bleus et surtout autant d?occasions de but.
Que pense le principal intéressé de sa prestation ? « C?est forcément mon meilleur match car je n?en ai pas joué beaucoup avant », se contentera-t-il de déclarer, préférant insister sur l?aspect collectif de la partie. « Nous avons fait beaucoup d?efforts et nous nous sommes créé de nombreuses occasions. Nous avons pris du plaisir sur le terrain. »
Plaisir, un mot prononcé à l?unanimité à l?issue de ce France-Suède, signe d?un véritable renouveau. Reste que l?équilibre demeure fragile et que Dhorasoo sait bien que pour continuer à donner du plaisir à ses partenaires et aux supporters des Bleus, il doit toujours se faire remarquer dans le Calcio et donc être titularisé le plus souvent possible face à une concurrence haut de gamme avec Seedorf, Kaka, Ambrosini, Pirlo, Gattuso, Rui Costa.
Pas le moindre des défis pour l?ancien joueur lyonnais qui concluait sa soirée de mercredi avec un message d?espoir : « J?espère qu?une nouvelle équipe est née et que ce match va nous servir pour la suite. »
Une nouvelle équipe est peut-être née, du moins en ce qui concerne son bloc offensif, ce mercredi 9 février au Stade de France, avec à la baguette un « jeune » Bleu de 31 ans qui espère s?y installer pour de bon.
<B>Humeur</B>
<B>Mauriciens, m soyez fiers</B>
Un de nos confrères nous avait jalousement accusés, l?année dernière, de confondre cocotiers et cocoricos au lendemain d?un certain Féroé-France. Notre péché ? Avoir célébré avec un patriotisme débordant le retour de Vikash Dhorasoo en équipe de France.
Tant pis pour cette plume grincheuse. Nous réitérons aujourd?hui notre fierté. Fierté d?abord de voir que le petit lutin bleu, n°13 collé au dos, qui a ébloui le stade de France mercredi contre la Suède, avait un nom et des traits bien mauriciens?
C?est indéniable, Dhorasoo a été le joueur le plus en vue de la partie. Il n?a pas encore et il n?aura sans doute jamais l?influence d?un Zinedine Zidane chez les Bleus, mais il a prouvé qu?il avait l?étoffe et la technique d?un leader, capable de mobiliser ses troupes, de réorienter le jeu, de le rendre plus fluide, plus mobile, plus vivace. Thierry Henry et Patrick Vieira ont été du reste les premiers à reconnaître la contribution et la disponibilité de l?ancien milieu de terrain du Havre, de Bordeaux et de Lyon. A 31 ans, l?avenir ne lui appartient plus. Mais il peut encore revendiquer une participation à la Coupe du monde 2006.
Vikash Dhorasoo est Français. Son passeport l?atteste, sa titularisation en équipe de France aussi. Mais il n?a jamais oublié ses origines, ses racines. Sa démarche de porter ne serait-ce qu?une fois le maillot du Club M - c?était contre Marseille en amical l?année dernière - témoigne de son attachement à l?histoire de sa famille et à des valeurs ancestrales qu?il ne revendique plus certes, mais qui a forcément bercé son enfance.
Merci en tout cas à toi Vikash d?être le plus valeureux et le plus dévoué serviteur de la communauté mauricienne de France.
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