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Devoir et mémoire
Simple, sobre mais émouvante. Comme on l?avait souhaité. Comme elle se devait de l?être.
La deuxième édition des Sports Awards, fruit d?un partenariat fructueux entre l?express, Powerade et l?hotêl Maritim, a donc consacré, hier soir, et pour la deuxième année de suite, Stéphan Buckland.
Le choix, on le reconnaît, ne fera peut-être pas l?unanimité. Car cette année sportive 2005 qu?on a célébrée hier soir aura été, pour une fois, étonnamment riche en exploits. Et, forcément, certains auront peut-être du mal à comprendre, ce matin, en parcourant nos pages, comment le choix de notre rédaction ne s?est pas portée sur Géraldo Thomassoo, champion du monde de boxe française, ou encore sur Yannick Lincoln, troisième Mauricien à remporter le Tour de l?île cycliste.
Deux exploits énormes et qui feront date, deux exploits qui, en d?autres temps et en d?autres circonstances, n?auraient très certainement pas été sujets à débats. Malheureusement pour eux, Thomassoo et Lincoln n?ont pas choisi la bonne année. Car 2005, quoiqu?on puisse dire ou écrire, aura surtout été, une fois de plus, l?année Buckland, cinquième mondial sur 200 mètres, derrière les quatre intouchables B-52 de la surpuissante armée américaine, les monstres sacrés que sont Justin Gatlin, Shawn Crawford, Tyson Gay et Wallace Spearmon, excusez du peu. Et le 200 mètres, faut-il vraiment le rappeler, reste une des épreuves phare de l?athlétisme, sport olympique le plus médiatisé de son époque.
La consécration de Stéphan Buckland ne fera peut-être pas l?unanimité, mais c?est notre choix, celui de l?ensemble de notre rédaction sportive, incluant ceux qui s?occupent des rubriques boxe française et cyclisme, qui n?avaient pourtant pas la tâche facile en la conjoncture. Et ce choix, nous l?assumons. Fièrement. En toute honnêteté, en toute objectivité.
À l?express, on a, heureusement, la sagesse de s?élever au-dessus de toute considération partisane au moment de passer au vote. Dans notre salle de rédaction, les affinités politiques des uns et des autres n?ont jamais eu le dessus sur le rationnel, l?évident, le sacré. Et même si le bleu, la nouvelle couleur politique de Buckland, incite parfois à quelques réflexions, à quelques sarcasmes, il n?a pesé d?aucun poids quand nous nous sommes retrouvés face à notre devoir de conscience, celui d?élire en toute objectivité le sportif de l?année 2005.
C?est vrai aussi qu?à l?express, nous ne devons rien à personne? Il en a toujours été ainsi, il le sera toujours ainsi. Car notre métier, fait de passion et d?éthique, est avant tout un héritage. Et quand viendra l?heure, pour nous, dans quelques années, de déposer nos vieilles plumes, on ose espérer que la jeune génération sera fière de prendre le relai. Comme nous sommes à notre tour fiers, aujourd?hui, de continuer à Riche-Terre, le travail entamé il y a vingt-quatre ans, rue Brown Sequard, par notre ami Stellio Pong.
Hier, au Maritim, ce bon vieux Stellio nous a salués une dernière fois. Nos routes, peut-être, ne se croiseront plus. Mais la main qu?il nous a tendue en fin de route, ferme mais paternelle, ne sera jamais oubliée. C?était sa façon à lui, émouvante et solennelle, de passer le témoin.
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