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Devanand Bungshee état : sculpteur

22 septembre 2008, 00:00

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Il parle avec les mains. Ti Frère au jardin de la Compagnie, c?est lui. Satcam Boolell à la place d?Armes, c?est lui. Basdeo Bissoondoyal au front de mer à Port-Louis, c?est lui. Seewoosagur Ramgoolam, tout à côté c?est encore lui.

La statue fait désormais partie du patrimoine national. Devanand Bungshee, le sculpteur reste ?de marbre. Quand on lui demande ce que cela lui fait, il ne prononce même pas le mot «fierté». «Ça veut dire que désormais tout le monde pourra voir la statue». Sauf que cela, c?est déjà fait depuis l?an 2000. Année où la statue a été posée face à l?Hôtel du gouvernement. A vrai dire, le sculpteur ne semble pas savoir ce que «patrimoine national», signifie vraiment.

Même s?il se lance quelque fois dans l?abstrait, lui, c?est la glaise, la cire et le bronze qu?il manie. Pour y tirer des visages qui se veulent le plus ressemblant possible. similarité de ses statues : la position des mains. Pour trois de ses sculptures au moins (SSR, Bissoondoyal, SSB), elles sont toutes relevées. «Kouma dir zot pe koz ar la foul», explique-t-il. ses mots résonnent dans les locaux de l?Ananta Art Gallery ? sa galerie, à Pointe-aux-Piments.

Autre point commun : le corps un peu massif, un peu figé. Pour ne pas dire raide. Lisse. Sans trop de plis que ce soit aux entournures de la veste ou aux jointures, pour le pantalon. Ce qui n?empêche pas le sculpteur d?affirmer que, «fode pa ki li tro stiff, sinon li monotone». Car, «pa zis bronz ki komte, bizin fer modelaz». Ce qui peut prendre un mois, selon les cas.

Qu?à cela ne tienne, le style Bungshee plaît. Et les appels d?offres pour les bustes ou statues grandeur nature des hommes qui ont marqué l?histoire de Maurice, ça le connaît. Cela lui réussit.

Habitué de la Place d?Armes

Son histoire avec la place d?Armes débute avec Maurice Curé. «Se mo premye travay ki expoze laba», dit-il. Nous sommes au début des années 1990. Depuis, il a eu l?occasion de faire le buste de Gaëtan Duval pour la mairie de Curepipe. Celui du pandit Sahadeo pour la mairie de Vacoas-Phoenix. Veerasamy Ringadoo à la place d?Armes. Les commandes sont régulières.

Au point où Devanand Bungshee décide un jour de quitter son emploi d?enseignant au Mahatma Gandhi Institute, pour se consacrer entièrement à son art. «Mo pa ti le blok moi, bizin rant travay enn ler, lerla bizin atan kan fini pou kapav fer komann». Sa vie, il la gagne en honorant des commandes pour touristes et celles de l?Etat.

S?il travaille aussi la pierre basaltique et le ciment, le matériau noble de Bungshee reste le bronze, qui dépendant de l?alliage coûte entre Rs 200 à Rs 300 le kilo. Les alliages se font notamment avec du cuivre rouge, du zinc, et de l?étain. «Dans un bronze, il y a 85% de cuivre rouge et 12% à 15% de rebut». Pour exécuter la statue de Boolell par exemple, il lui a fallu environ une tonne et demie de matériaux.

Dans un tout autre registre, si Devanand Bungshee est aussi un nom régulier au Salon de mai, c?est davantage à son jardin de sculpture qu?il se consacre désormais. Ce projet vieux de 17 ans, il compte le réaliser d?ici l?année prochaine. Ce jardin sera situé dans la cour de l?Ananta Art Gallery. Il s?agira d?un parcours de promenade avec des coins thématiques. Ici des formes inspirées du règne animal, là une caverne. Plus loin, des formes humaines qui semblent attendre le visiteur.

PARCOURS

1980?4 : Beaux-Arts, ?Sculpture? à l?université de Baroda en Inde.

1985 ? 1999 : enseignant de dessin et de sculpture au «Mahatma Gandhi Institute»

1995 : Lauréat de la Rose d?Or, concours de la municipalité de Beau-Bassin/Rose-Hill

1997 : «Taylor Award» de la Société Internationale des Beaux-Arts à Paris

1999 : Démissionne et ouvre l?«Ananta Art Gallery»

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