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A deux pour goûter au sel et au vent
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A deux pour goûter au sel et au vent
Un air frêle, mais des ressources insoupçonnées. A première vue, le kayak nous fait penser à enn lakok pistas, sous son vernis jaune prononcé. Mais, histoire de nous prévenir qu?il faudra travailler des bras pendant une heure et demie, l?embarcation ne se laisse pas traîner aisément sur le demi-mètre de sable qui la sépare de l?océan.
Sonia, monitrice de Beachcomber Sport & Nature, a le chic de comprendre la situation rapidement. Un coup d??il au diamètre de nos bras et la voilà debout à nos côtés. «Le plus fort derrière», dit avec un sourire en coin, son collègue Linley Fareedun, monumental joueur de volley-ball, qui gagne sa croûte au Shandrani.
Une fois le kayak dans l?eau, le cérémonial de Sonia nous met à l?aise. Installée derrière nous, elle recouvre soigneusement ses jambes avec sa serviette bleue. Tire au maximum sur ses longues man-ches blanches. Se peint le visage d?écran total, avant de dire, «Go».
Plus tard, beaucoup plus tard après la traversée, Sonia, la vingtaine dynamique, nous expliquera que ce job, elle est plus que ravie de le faire. «Un jour, en faisant la vaisselle, je discutais avec ma meilleure amie Martine. On était en train de se dire qu?on en avait marre de notre boulot de secrétaire. On s?est demandé pourquoi on ne plaquerait pas tout pour un truc dans la nature. Cela fait quatre ans que je suis monitrice. Le seul inconvénient c?est le soleil.»
Dans ce cas, elle a dû trouver le voyage derrière nous particulièrement pénible. Mais pas nous. Rien de tel pour l?humeur qu?un soleil qui rit et une mer qui a la forme. Sonia a d?abord eu droit à un «à peine» timide en guise de réponse à sa question : «Vous savez nager ?» Ensuite, elle a essuyé notre regard sceptique quand nous avons appris que la formule de kayak proposée par le groupe hôtelier ne comprenait pas la distribution à tous d?un gilet de sauvetage.
débutants frileux
Gisèle, quadragénaire française aux rondeurs épanouies, devance notre pensée : «Il y a un bateau suiveur au moins ?» En gentils organisateurs, Sonia et Linley s?empressent de rassurer la douzaine d?aspirants kayakistes qui attendent, la plume suspendue dans l?air. Chacun à son tour, ils ont été priés de remplir une fiche déchargeant Beachcomber Sport & Nature de toute responsabilité, en cas d?accident. «Mais bien sûr», répondent en ch?ur Sonia et Linley, bientôt rejoints par Martine, qui trimballe le ravitaillement. Le «kit énergie» comme on dit au club, pour faire branché. En somme, des bouteilles d?eau, des barres céréalières et des oranges.
La matinée s?avance sans attendre. Les formalités terminées, la petite bande ? dont nous faisons désormais partie ? traverse l?hôtel pour gagner la plage. Les kayaks jaunes ne bronchent pas. Ils en ont vu d?autres. Le temps de distribuer des pagaies rouges et les couples se glissent naturellement dans les places prévues pour deux dans les kayak.
Les allures de doux géant de Linley Fareedun est le meilleur signal de départ qu?auraient pu rêver des débutants frileux. Ça y est, le lagon de Blue-Bay est à nous. «Imagine que la pagaie est une cuillère», nous fait Sonia de derrière. «Tu la fais rouler entre tes doigts. Il faut que tu sentes que tu es en train de fendre l?eau. Garde les coudes à angle droit. Pour avancer, va chercher le plus loin possible.» Plus facile à dire qu?à faire.
Notre concentration est vite entamée par le soleil qui tape de plus en plus fort, par la sueur qui perle sur notre front, coule dans notre dos, se mélange aux paquets d?eau de mer qui font semblant de nous rafraîchir, tout en nous faisant cadeau de longues traînées de sel sur le visage, le cou et les bras.
Droite, gauche, droite, gauche. Encore droite, gauche. Encore. Sauf qu?à intervalles réguliers, nos bras se baissent d?eux-mêmes. Viennent se poser sur le bord du kayak. L?aluminium de la pagaie finit par irriter nos paumes et nos doigts. Il faut quand même continuer.
un baptême organisé
Voguer au-dessus du parc marin de Blue Bay. Faire attention aux fleurs de ce «jardin de corail» protégé. Rester quelques secondes sans comprendre devant la silhouette de trois hommes qui, vus de loin, ont l?air de défier la houle. Sonia a suivi notre regard. «C?est l?épave du d?Albert.»
Nous sommes à mi-parcours. Nos bras pourtant pleins de bonne volonté, nous abandonnent. Leur soulagement est presque audible quand Sonia, suggère, «Le Zodiac peut nous tracter jusqu?à l?île-aux-Aigrettes.» Le temps d?acquiescer et nous voilà accrochées au zodiac par un unique mousqueton. Sonia et Martine ne sont pas copines pour rien. Sans se parler, elles se sont mises d?accord pour organiser notre «baptême.»
La vitesse du Zodiac augmente graduellement. Quel contraste avec le rythme erratique du kayak. Nous arrivons trop vite à l?île-aux-Aigrettes.
<B>Kayak: un plaisir encore méconnu</B>
Cela fait quatre ans que Beachcomber Sports et Nature propose des formules de découverte. Quatre activités sont proposées. Outre le kayak, les amateurs peuvent également pratiquer du VTT, la descente en rappel et les randonnées. Forfait pour la demi-journée : Rs 575 par personne. Les 4 km en kayak ? traversée d?une heure et demie ? a lieu tous les mardis et jeudi. Rendez-vous à 8 heures 30 au Shandrani.
Le trajet couvre le parc marin de Blue Bay, vous verrez à droite l?île-aux-Cocos, la pointe de Blue-Bay, l?épave du d?Albert, la Pointe d?Esny. Au loin, l?île au Phare et l?île de la Passe. La traversée se poursuit par une visite de la réserve naturelle de l?île-aux-Aigrettes, avant de s?achever par une visite à la distillerie de Ylang Ylang. Pour ceux qui veulent y passer la journée et faire le trajet retour de 27 km à VTT, celacoûtera Rs 1 008 par personne. Renseignements au 603 4540.
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