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DEUX FRÈRES dans l?oeil des tigres
Il était une fois deux frères. Nés au c?ur de la jungle indochinoise, dans les ruines d?un temple que l?on pouvait croire oublié à jamais. Deux petits tigres grandissent, se livrant aux jeux de l?apprentissage sous le regard bienveillant des Bouddhas rongés par la mousse et celui, attentif, de leurs parents.
Le destin des deux frères bascule lorsque survient un ancien chasseur reconverti dans le pillage des statues sacrées. L?un se retrouve vedette de cirque sous le nom de Koumal. L?autre est baptisé Sangha par le fils d?un administrateur colonial qui en fait son animal de compagnie, avant d?être confié à un prince. Les deux frères se retrouveront à l?âge adulte, dans une arène, face à face.
Avec Deux frères, le cinéaste Jean-Jacques Annaud retrouve le long-métrage animalier, seize ans après L'Ours. Homme de défis et d'aventures toujours très lié à la nature, il aura entre-temps adapté Marguerite Duras (L'Amant), lancé le procédé Imax 3D en France (Les Ailes du courage), emmené Brad Pitt passer Sept ans au Tibet et plongé Jude Law dans l'enfer de Stalingrad.
Lorsqu'il travaillait sur son premier projet animalier, à la fin des années 80, Jean-Jacques Annaud se rendait régulièrement dans des zoos pour se décider sur l'animal à qui il allait donner la vedette. Sur place, il était toujours fasciné par le regard des tigres, mais il choisit de se concentrer sur l'ours car il pensait que celui-ci, souvent debout, serait plus facilement identifiable. Ainsi naquit L'Ours. Mais le tigre ne quitta pourtant jamais son esprit.
C'est à la fin des années 90, en vacances sur une lointaine île yéménite, que Jean-Jacques Annaud est revenu vers les tigres et a commencé l'écriture de Deux frères.
Avant de se lancer dans l'écriture du scénario, Jean-Jacques Annaud s'est rendu deux semaines dans la réserve de Ranthambhore, au Rajasthan, pour observer une trentaine de fauves en compagnie des meilleurs spécialistes du tigre asiatique.
Il a ensuite écrit le scénario puis a effectué des repérages durant un an, se rendant en Asie environ tous les deux mois. Après ces longs mois de préparation, le tournage pouvait débuter...
Film d?aventures franco-britannique réalisé par Jean-Jacques Annaud (2004) Date de sortie : 07 Avril 2004 Avec Guy Pearce, Jean-Claude Dreyfus, Philippine Leroy-Beaulieu, Freddie Highmore, Moussa Maaskri.
Des animaux qui «savaient leur texte»
Pour Deux frères, Jean-Jacques Annaud retrouve le célèbre dresseur Thierry Le Portier, quinze ans après L'Ours. Le dresseur a sélectionné dans sa ménagerie les tigres capables de faire les scènes prévues au scénario. Il en a acquis un certain nombre d?autres pour leurs compétences particulières. Il les a tous entraînés pendant six mois. Il est arrivé sur le tournage avec des animaux qui avaient répété, qui «savaient leur texte».
«Chaque tigre a sa personnalité. Je n?imaginais pas qu?elles puissent être contrastées à ce point. Tous avaient été choisis selon leur caractère : une tigresse très maternelle pour le rôle de la mère, des fauves plus martiaux pour les deux frères devenus adultes, un mâle lymphatique pour le vieux tigre fatigué?», raconte Annaud.
Trente tigres ont été utilisés sur le tournage. La principale difficulté était de disposer en permanence de bébés tigres de sept à douze semaines.
«Nous nous sommes mis à l?affût de toutes les naissances attendues dans le monde. Les zoos avaient été informés de notre recherche et nous tenaient au courant. Certains ont été élevés au biberon : nous avons récupéré beaucoup de nouveaux-nés refusés par leur mère, un phénomène assez fréquent chez les tigresses.»
Parole à Annaud
Le travail sur Deux frères a permis à Jean-Jacques Annaud de revenir aux sources de son amour pour le cinéma. Il raconte : «Mes préoccupations d?enfant ont toujours tourné autour du voyage, de l?évasion. Peut-être parce que j?habitais dans une rue qui n?allait nulle part? Il flottait autour de moi une ambiance de douceur mais aussi de vague ennui. Mon père travaillait dans les trains et nous avions des billets gratuits. Le voyage fut ainsi l?une des dominantes de mon enfance. La découverte de lieux différents me faisait rêver longtemps avant, pendant et après, et je rédigeais bien sûr des carnets de vacances. Ce goût d?aller à la rencontre de l?inconnu, cet appétit pour l?évasion ne m?ont jamais quitté. Au-delà du voyage occasionnel en chemin de fer, il y avait aussi le voyage dominical, au cinéma. L?écran était pour moi la fenêtre qui s?ouvrait sur le monde, tellement plus étonnant que celui qui était visible de ma rue?»
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