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Desserrer l?étau
Il ne suffit pas de voter en faveur de l?alternance pour sortir de l?auberge. Souvent, il faut davantage que des dirigeants de bonne volonté pour obtenir des résultats concrets. Il leur faut surtout être capables de surmonter la résistance d?une fonction publique tatillonne et jalouse de ses prérogatives. Le nouveau Premier ministre, lui, affirme qu?il est prêt à bousculer la bureaucratie pour parvenir à ses fins. C?est de bon augure.
Le chef du gouvernement a annoncé, dimanche, qu?il s?impliquera personnellement pour débloquer les dossiers majeurs en attente. S?il se contente d?en laisser la responsabilité à ses ministres ou aux potentats de la fonction publique, il sait qu?il ne pourra pas aligner beaucoup de réalisations en fin de mandat.
Lors de son précédent passage au pouvoir, il avait adopté un mode de fonctionnement qui privilégiait la réflexion et les discussions. L?impasse s?est vite installée dans de nombreux secteurs et les dossiers s?empilaient sur son bureau, ce qui lui a valu une mauvaise image. Son discours de dimanche laisse comprendre que le sens de l?action reprend le dessus chez lui.
L?information communiquée par le Premier ministre sur le problème de la congestion routière dans la capitale illustre les principes qui devraient désormais orienter sa façon d?opérer. Il dit avoir rejeté une proposition du chef de la fonction publique de commander une énième étude sur la question. Il préfère que ?le premier coup de pioche? soit donné le plus vite possible. Il aurait opté pour la fin des blablabla qui enrichissent les cabinets de consultants et aurait décidé de soulager rapidement le calvaire des automobilistes.
Il existe un projet soumis par des Japonais et mis en veilleuse depuis cinq ans qui serait toujours viable selon le Premier ministre. Il consiste en l?élaboration de trois voies de chaque côté de l?autoroute entre St- Jean et Port-Louis. Ce projet prévoit aussi la construction d?un autopont à Port-Louis pour relier l?autoroute du sud à celle du nord. En outre, un tunnel sera creusé de Caudan à l?hôtel du gouvernement.
Pour gagner du temps, le Premier ministre veut contourner la bureaucratie. Il sait qu?il fera face à des critiques en prenant ce raccourci mais c?est un risque calculé. En tout cas, les procédures contraignantes de la fonction publique ont davantage servi à étouffer des projets qu?à prévenir les dysfonctionnements des marchés publics.
La détermination du Premier ministre constitue une donnée significative susceptible de mettre fin à la sclérose qui affecte le système économique. Les investisseurs qui sont passés par des départements allant du Board of Investment à la Tertiary Education Commission (pour les promoteurs d?universités privées) peuvent espérer moins d?écueils sur leur parcours.
Mais les choses sont encore loin de se préciser. Pour l?heure, il n?y a que des intentions qui ont été exprimées. Elles méritent d?être saluées car elles proviennent d?un dirigeant qui avait la réputation d?être plutôt ?lent?. Ce n?est pas banal. Toutefois, avant de célébrer la fin d?une bureaucratie omniprésente, il faut voir comment la situation évoluera concrètement.
Les lecteurs liront plus loin une déclaration du président du JEC, Ariff Currimjee, sur l?IRS, démontrant une tendance des dirigeants à se complaire malgré tout dans l?immobilisme. De nombreux emplois, tant directs qu?indirects, sont en jeu mais l?Etat nouveau a néanmoins choisi l?option confortable de l?attentisme.
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