Publicité
Desmond Tutu « impressionné » par l?harmonie sociale du pays
Par
Partager cet article
Desmond Tutu « impressionné » par l?harmonie sociale du pays
C?est lorsqu?on l?a entendu en plusieurs occasions que l?on est en mesure de comprendre pourquoi Desmond Tutu, prix Nobel de la paix en 1984, a tant voulu visiter Maurice. Ici, il se sent un peu comme en Afrique du Sud. Les deux pays ont en commun leur société multiethnique. Mais la formule mauricienne l?a séduit d?une façon toute particulière. Lors de l?inauguration du centre administratif de l?Église anglicane à Vacoas, hier après-midi, Desmond Tutu a laissé parler son c?ur. « Monsieur le Premier ministre », en regardant vers Navin Ramgoolam, « ce qui se passe dans votre pays est un don de Dieu ».
Se tournant vers l?assistance le prix Nobel de la paix déclare : « Ne prenez rien pour acquis. Il est très rare de trouver un pays où les communautés ethniques et des dénominations religieuses cohabitent d?une façon si harmonieuse. » On aurait tendance à croire que la répétition du mot harmonie lors de son intervention improvisée hier provient de la fatigue d?une journée chargée avec en prime une tournée en hélicoptère au-dessus du sommet du Morne.
Lorsqu?on s?appelle Desmond Tutu et qu?on a grandi dans un pays où les hommes noirs de peau n?ont pas droit de cité, l?insistance sur l?harmonie sociale prend un tout autre sens. L?homme a ressenti du plus profond de son être épris de paix ce que des milliers de Mauriciens considèrent comme un acquis. Et il a insisté pour que les Mauriciens ne prennent pas cet acquis « for granted ».
Bonté spontanée et simplicité
Mais Desmond Tutu, c?est aussi la bonté spontanée conjuguée à une simplicité qui étonne. Alors que l?archevêque, Ian Ernest, lit son discours, une feuille s?échappe de son dossier. À peine le Premier ministre a-t-il eu le temps d?esquisser un mouvement pour le ramasser que Desmond Tutu le devance pour ramasser la feuille volante et la remettre à Ian Ernest. Desmond Tutu, c?est aussi la bonne humeur. Lors de la mise en terre de la trochetia nationale, pelle à la main, il dira pour le plaisir de son entourage « Je travaille moi ». Il n?attendra pas que l?on serve un bout de gâteau au Premier ministre. C?est lui qui spontanément lui offre une tranche de gâteau sur un plateau.
Desmond Tutu, c?est aussi un homme tout court. À un journaliste qui insiste pour recueillir son impression à la suite du survol du sommet du Morne, il s?affaisse littéralement dans un sofa. « I?m really tired », souligne-t-il, les yeux alourdis par une fatigue évidente. Craignant que son interlocuteur ne l?ait pas saisi, il insiste en français : « Je suis fatigué. » Mais il se ravise immédiatement et accepte quand même de répondre.
Desmond Tutu n?est pas un homme de compromis. Si la plupart des dirigeants africains n?ont pas osé critiquer Robert Mugabe après la violence physique dont les membres de l?opposition de son pays ont été l?objet, Desmond Tutu n?a pas hésité à le faire. Lors d?une conférence de presse vendredi, il a déclaré que des choses scandaleuses ont lieu au Zimbabwe et il estime que les leaders africains devraient en avoir honte.
Le prix Nobel de la paix de 1984 qui devait quitter le pays hier après-midi participe à une tournée à bord du navire-université le MV Explorer. Samedi, lors de la cérémonie de Vacoas, le Premier ministre a souhaité qu?il revienne à Maurice.
Publicité
Publicité
Les plus récents