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Des remous dans le monde de la nuit
Musique assourdissante, lumière diffuse et colorée? les boîtes de nuit deviennent le lieu où les clubbers viennent décompresser, faire abstraction des soucis de tous les jours, se noyer dans leur danse frénétique. C?est aussi l?endroit pour se retrouver entre potes et boire un verre et s?éclater. Mais depuis peu les questions fusent de tous les côtés. Les discothèques seront-elles dans l?obligation de fermer leurs portes à deux heures du matin ?
Selon un recoupement d?informations, les autorités concernées veulent faire appliquer une loi qui existe déjà et qui indique que l?heure de fermeture légale doit être à deux heures. Pour Pascal Hauffman, propriétaire de la boîte de nuit Les Enfants Terribles, à Grand-Baie, cette loi peut même être considérée comme étant obsolète tant elle est présente depuis longtemps mais n?a pas été mise en vigueur. « Depuis quinze ans maintenant que je suis dans le milieu de la night life, je n?ai jamais travaillé dans une boîte qui ferme avant cinq heures. Cette loi n?est pas applicable à la situation actuelle. »
Pourquoi ce remue ménage ? Selon certaines informations, une altercation survenue dans la nuit du 26 au 27 mai serait à l?origine de cette décision. Un propriétaire de discothèque qui préfère garder l?anonymat raconte : « Des policiers ivres sont venus et voulaient entrer dans un club privé du Nord. Les videurs leur ont refusé l?accès, ce qui les a mis en colère. L?un deux a retiré son arme et a tiré des coups de feu. Heureusement que personne n?a été blessé. » Après cet incident, plusieurs discothèques du Nord se sont vues imposer une amende par des policiers, car ils n?ont pas respecté l?heure de fermeture réglementaire.
Pour se justifier, les autorités mettent en avant des questions de sécurité. Aux yeux des gérants et propriétaires des boîtes de nuit, appliquer à la lettre une telle décision, implique un changement total du monde de la nuit à Maurice. Si les discothèques sont diabolisées par beaucoup, si d?autres croient que ces soirées se terminent en bagarres, tel n?est pas forcément le cas. La night life permet à des clients de tout âge et de tous les milieux de se défouler. Dominique, 28 ans témoigne : « Après une semaine au boulot, avec tout ce que cela implique comme difficultés, vous n?avez pas envie de rester chez vous. C?est aussi une occasion de se retrouver entre amis surtout si l?on ne peut pas se voir les autres jours. »
En fait, s?il y a un manque de sécurité après deux heures du matin, c?est parce que passée cette heure légale, les policiers ne sont plus de service. Et pourtant, c?est à ce moment précis que leur présence est nécessaire car la consommation d?alcool est arrivée à son plus haut niveau. Les gérants de boîtes sont unanimes quant au fait que ce problème de sécurité pourrait être résolu si l?heure de fermeture légale était révisée et mise à cinq heures
« Night life » : un attrait non négligeable
Il faut par ailleurs prendre en considération que beaucoup de clubbers se déplacent en autobus et les premiers commencent à circuler à partir de cinq heures. « Imaginez ce que ces gens-là feront de deux heures à cinq heures du matin. Ils auront bu, seront en groupe, seront dés?uvrés. Si cette loi est réellement mise en vigueur, cela risquerait au contraire d?entraîner du grabuge. », explique un ex-gérant. Autre facteur : le tourisme. « Les touristes viennent à Maurice pour s?amuser, pour dépenser de l?argent. La night life est un attrait non négligeable », ajoute-t-il.
Par ailleurs, les boîtes de nuit n?existent pas seulement en tant que vecteur de distractions. Elles sont également génératrices d?emplois. Chaque discothèque emploie en moyenne une trentaine de personnes, sans compter le grand nombre de chauffeurs de taxi qui véhiculent les touristes.
« Très peu de gens seraient intéressés à venir en boîte pour en repartir à deux heures et cela s?applique également pour les touristes. »
Les gérants et propriétaires considèrent qu?il y aurait un manque de communication entre eux et les autorités concernées. du matin. Depuis le 31 mai, ils se sont regroupés afin de faire parvenir leurs points de vue et leur demande afin de légaliser l?heure à cinq heures du matin au lieu de deux heures pour le vendredi et trois heures pour le samedi.
Sandrine AH-CHOON
OUVRIR UNE BOITE
Ouvrir une boîte de nuit n?est pas de tout repos. Il faut avant tout faire une demande au District Council ou à la municipalité.
Un permis d?opération est accordé seulement après avoir eu l?aval du ministère de la Santé ainsi que celui du Tourisme, de la police et des pompiers. Chacune de ces instances doit s?assurer que tout soit aux normes : les portes de secours, les extincteurs, l?aspect sanitaire?
Autre point crucial à prendre en considération : l?emplacementde la discothèque. Les choses se compliquent quand c?est dans un lieu résidentiel. Les locaux doivent également être munis d?un isolement sonique, d?une aire de stationnement sécurisé et spacieuse. Selon des informations obtenues à la municipalité de Port-Louis, l?ordre a été reçu depuis le 3 mai, de ne plus accorder de permis à ceux qui font la demande pour ouvrir une boîte de nuit.
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