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Des relents de soupçons

18 octobre 2003, 20:00

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La cause du malaise des écoliers de Rose Belle North reste inconnue. Le ministre de l?Éducation, Steven Obeegadoo, l?a avoué vendredi, mais a néanmoins assuré qu?une enquête « en profondeur » était en cours. « Nous ne connaissons pas encore la substance qui a provoqué l?intoxication des élèves, mais nous y travaillons. Il faudra se montrer très sévère envers les responsables. La sanction devra servir de leçon. »

Dix-neuf écoliers ont été pris de malaise lundi après-midi. Ils avaient respiré des émanations toxiques dont la provenance reste à établir. Après avoir reçu les premiers soins à l?hôpital Jawaharlal Nehru, ils ont pu rentrer chez eux.

Entre-temps, le doute s?est installé dans les esprits. Si certains montrent du doigt l?usine d?éthanol Alcodis Ltd, implantée depuis août sur le site industriel de l?ancienne sucrerie de Rose-Belle, d?autres maintiennent que les émanations proviendraient d?un potager qui jouxte la Standard V. Le responsable du potager, un parent d?élève, aurait fait un épandage de pesticide le week-end précédent l?incident.

Chez Alcodis Ltd, la sérénité est de mise. Il est vrai qu?à la suite de l?incident, une enquête du ministère de l?Environnement a mis en lumière un problème de maintenance dans l?un des bassins de réoxygénation, la valve de la tuyauterie ayant mal fonctionné. « Mais l?odeur désagréable ressentie à cause de ce problème par les voisins les plus immédiats ne peut être la source du malaise des enfants », soutient Jérôme Harel, le General Manager d?Alcodis tout en précisant que la valve a été réparée depuis.

Il affirme que les normes de sécurité internationales sont respectées. Il insiste aussi sur le fait que, hormis une odeur de fermentation, « aucun gaz toxique ni aucune substance dangereuse ne s?échappe du bassin ». Jérôme Harel avoue néanmoins son scepticisme. « C?est difficile de croire qu?une école qui se trouve à 700 mètres de la distillerie serait la seule victime des émanations alors qu?aucune habitation se trouvant dans le périmètre n?a été touchée. »

Psychose ou réalité

On comprend que les soupçons se dirigent alors vers l?école où un potager est entretenu « volontairement » par un parent d?élèves. La présidente de l?association des parents d?élèves, Sujata Mooloo, affirme que le jardinier a reçu l?aval de l?association pour cultiver ce bout de terrain. « Cet espace était dans un état lamentable et nous n?avions personne pour la nettoyer et l?entretenir. C?est ainsi qu?un parent s?est proposé de le faire gratuitement. Il plante des fleurs et quelques légumes pour l?école et non pour son usage personnel », explique-t-elle. Il ne peut pas être incriminé, dit-elle, parce qu?il a l?habitude d?utiliser des pesticides.

Les membres de la PTA soutiennent cependant qu?il y a un problème dans les environs qui rend les gens malades. « Beaucoup d?habitants de Rose-Belle affirment avoir des problèmes de santé. Aux autorités d?enquêter pour connaître la source du problème. » C?est le retour à l?envoyeur?

Psychose ou réalité, les habitants interrogés se disent incommodés par l?odeur que dégage la distillerie. « Chaque dix minutes, mo senti sa l?odeur-là. Gagne la tête fermal ek nausée. Pas capav manger. Mo pas toussel, mo banne collègues aussi pé malade avec sa », confie une jeune fille qui travaille près de l?ancienne sucrerie.

« On ne peut pas blâmer les gens à tort et à travers. Il faut chercher la cause du problème et le résoudre car elle est en train de créer une psychose », conclut un enseignant de l?école primaire.

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