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Des purges au MMM après l?accord avec le PSM

16 mars 2006, 20:00

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La presse travailliste allègue de nouvelles purges au sein du MMM après l?approbation par l?assemblée des délégués de l?accord électoral MMM-PSM. Si la direction mauve conteste l?existence de ces purges, elle ne pourra dissimuler longtemps que le mariage politique avec ce que représente alors Harish Boodhoo entraînera des départs de militants historiques, départs préjudiciables au parti non pas tant pour une question numérique que pour une, qualitative et symbolique. Dans les épousailles avec le parti de la main tendue ou ouverte d?Harish Boodhoo, le MMM perdra son aile gauche pure et dure et une pléiade de militants historiques, jouissant de la confiance des forces vives ouvrières et syndicales, pouvant contrer la mainmise du parti par une aile bourgeoise, déterminée à pactiser avec le capitalisme économique afin de ne pas freiner le développement économique de la nation mauricienne.

Ces militants de gauche étaient en mesure d?agir comme une véritable opposition socialiste au sein du parti. Présents, ils pouvaient retarder la prise en otage du leader historique, Paul Bérenger, par cette aile droitière et pro-capitaliste et surtout offrir au leader une alternative réelle, solide, idéologique à tout risque de déviationnisme du MMM vers la droite.

Faute d?avoir été un meilleur rassembleur mais aussi en raison de son allergie instinctive à toute forme de résistance, Bérenger laisse partir ces compagnons de lutte. Il peut dire ?bon débarras !? pour donner le change à une presse accommodante mais l?histoire est là pour prouver que ces premiers départs, antérieurs à la massive victoire électorale du 11 juin 1982, sont les préludes à d?autres qui ne cessent, même 25 ans après, d?appauvrir ce parti, en l?empêchant d?être encore ce forum bouillonnant d?opinions politiques diverses qu?il était avant le départ de son aile gauche. Il suffit de comparer les publications mauves d?avant 1980 et celles de l?après 1995 pour que cela saute aux yeux.

Par la brèche ouverte ostensiblement par le départ de l?aile gauche, en mars 1981, s?engouffreront des départs successifs, les uns fracassants et fortement médiatisés, d?autres sur la pointe des pieds. Il y aura surtout le départ, en mars 1983, de l?aile fidèle à Anerood Jugnauth, qui affaiblira considérablement la popularité du MMM au sein de l?électorat rural et hindou. Il y aura ensuite, après octobre 1993, le départ des futurs membres de l?éphémère RMM, pour ne rien dire des anciens militants remplissant tant de fonctions stratégiques au sein du New Labour Party de Navin Ramgoolam et de ses affiliés du secteur privé.

Imitant à la lettre Seewoosagur Ramgoolam et Gaëtan Duval, Paul Bérenger n?a guère cherché par la suite à rassembler et à recoller les morceaux épars du puzzle mauve. Même quand il se retrouve au milieu du ?caro cannes?, on ne le voit guère esquisser la moindre tentative de rapprochement avec Lalit de Ram Seegobin, de Lindsey Collen, d?Alain Ah-Vee et de Rajni Lallah, avec le Mouvement 1er Mai de Jack Bizlall, avec Jocelyne Minerve, avec Jean Claude Bibi, avec un Anil Gayan expulsé du MSM, avec des militants historiques de la trempe de Dev et Loga Virahsawmy, avec Kader Bhayat, avec Ramduth Jaddoo.

Il suffirait pourtant, peut-être, d?un simple dîner à River Walk pour que de nouvelles amitiés politiques se refassent. Si encore ces départs appauvrissant étaient compensés par l?arrivée de nouvelles générations de militants. Mais là encore, l?histoire prouve que les nouvelles ambitions politiques, les jeunes turcs, vont de préférence du côté du PTr de Navin Ramgoolam ou encore du MR de Rama Valayden. Si encore ces départs étaient compensés par un renforcement de la présence militante au sein du mouvement syndicaliste, auprès des principales cités ouvrières, à l?intérieur des nouveaux mécontentements populaires. A voir le présent ronronnement mauve, on a l?impression que le MMM ne mise plus que sur la lassitude populaire face à un ?zanzeman? au pire qui se manifeste de plus en plus et qui risque d?user Navin Ramgoolam comme elle a eu la peau de l?accord à l?israélienne de Med Point. C?est plutôt mince comme programme gouvernemental pour qui pourrait vouloir encore diriger Maurice de 2010 à 2015.

Mais revenons à la mi-mars 1981 quand la presse boolelliste annonce triomphalement que les opposants à l?alliance MMM-PSM devront, après son approbation à mains levées (pour terrifier davantage les opposants craintifs) par l?assemblée des délégués, soit se livrer à une autocritique humiliante et dégradante, soit ?lève paké allé?. Elle cite parmi les opposants la Plaine-Verte (avec une seule base pro-alliance avec le MSM sur trois), Jean-Claude Bibi, Serge Rayapoullé, Mario Flore, Seeven Chinien, Dev Ramano, Rijad Munglee, Ram Seegobin. La presse anti-MMM fait état du vote de 35 bases fictives ayant ouvertement soutenu l?alliance avec le MSM. Elle souligne plus particulièrement la frustration d?un Seven Chinien devant céder, à Armoogum Parsuramen du MSM, le ticket électoral qu?on lui a promis au No 6 ?s?il devenait sentimental?? Et voilà comment le MMM historique perd son meilleur chantre?

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