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Des produits importés 15 % plus chers d?ici décembre à cause du fret
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Des produits importés 15 % plus chers d?ici décembre à cause du fret
La hausse du fret maritime, principal casse-tête des commerçants à l?approche des fêtes, le sera aussi pour le consommateur? Car tout semble indiquer que le Mauricien n?aura d?autre choix que de payer plus cher toute une variété de produits. Et les annonces de promotions dans les supermarchés, hypermarchés ainsi que dans les boutiques de mode et les magasins de chaussures pourraient n?être que des coups d?épée dans l?eau.
Cette hausse des prix toucherait les produits en provenance d?Asie ? notamment de la Chine, du Japon, de la Malaisie ou de la Thaïlande, ce qui représente 60 % de nos importations ? mais aussi d?Europe d?où nous viennent 25 % de nos importations. Les 15 % restants nous viennent de l?Australie, du Canada, des Etats-Unis ou du Proche-Orient. Mis en cause, le fret maritime, qui n?a cessé de grimper au fil des mois.
Depuis le début de cette année, soit en dix mois, celui-ci a accusé une hausse de 48 %. Et il semble qu?il n?y ait pas d?apaisement en vue, d?autant que de nouveaux facteurs sont entrés en jeu : la hausse du carburant sur le marché mondial avec le baril du brut qui se rapproche dangereusement des 100 dollars n?arrange en effet pas les choses dans le commerce maritime.
Déjà, une surcharge de 65 dollars vient d?être imposée par les compagnies maritimes sur chaque conteneur embarqué. Une hausse du coût à l?importation attribuée directement à la hausse substantielle du prix du carburant. Et d?autres augmentations sont prévues d?ici décembre.
<B>Ultimatum aux autorités</B>
Mais ce dossier est loin d?être clos, car l?Association des professionnels des agents maritimes de Maurice (APAMM) a déjà montré ses griffes, mettant en cause la lenteur des débarquements dans le port. Elle a du reste fixé un ultimatum aux autorités portuaires : celles-ci ont jusqu?au 15 novembre pour améliorer la situation au débarquement et faire de sorte que les navires aient moins de frais portuaires dus à des attentes parfois trop longues.
S?il n?y a pas d?amélioration à Port-Louis, les lignes maritimes regroupées au sein de l?APAMM envisagent d?imposer 200 dollars additionnels sur les conteneurs de 20 pieds et 400 dollars de plus sur les conteneurs de 40 pieds. Pour l?heure, quelque 18 conteneurs sont débarqués chaque heure à Port-Louis, ce qui constitue une amélioration puisqu?au début de cette année, seuls 14 conteneurs étaient débarqués.
Dans le milieu des compagnies maritimes, on explique que pour être performant, Port-Louis doit pouvoir débarquer 20 conteneurs chaque heure. Or, à la Cargo Handling Company, on estime que le port est très performant et qu?avec deux nouveaux portiques en opération, Port-Louis sera très compétitif.
François Ip, directeur de la compagnie transitaire Capital Freight, explique que la douane est aussi responsable de l?attente subie par les navires, car elle n?a ?qu?un seul scanner?. ?Avec un volume de marchandises plus élevé à manipuler en cette période de fêtes qui approche, on ne peut scanner tous les conteneurs, systématiquement sinon ce sera le goulot d?étranglement au port.?
Il estime qu?il est temps que la douane fasse acquisition d?un autre scanner s?il le faut, ?afin de ne pas pénaliser le commerce?.
Et chez les commerçants, justement, importer des marchandises est devenu une affaire très complexe : des frais constamment en hausse, mais aussi une difficulté à trouver les crédits nécessaires auprès des banques commerciales.
A titre d?exemple, au début de cette année il fallait Rs 40 000 pour débarquer un conteneur de marchandises de 20 pieds ; aujourd?hui il en faut Rs 59 000. Et d?ici la fin de l?année il faudra rajouter à cela Rs 6 000, voire plus. Pour un conteneur de 40 pieds, le débarquement à Port-Louis coûtait Rs 80 000 début 2007. Dix mois plus tard, l?opération revient à Rs 120 000.
François Ip estime que le gouvernement devrait privilégier l?achat de navires cargo pour être gérés par la Mauritius Shipping Corporation (MSC). Ce serait selon lui le moyen, plutôt que d?envisager l?achat d?un tanker comme préconisé par les autorités, de faire baisser le coût des produits notamment dans le secteur alimentaire. ?L?achat de tanker comme préconisé par le gouvernement ne va pas apporter grand-chose chez les consommateurs qui ont besoin de nourriture et de vêtements?, devait-il souligner.
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